Mon grand père disait toujours, "il n’y a rien de pire que le jeu dans le jeu". Si, comme moi, vous êtes un joueur né, vous comprenez très bien ce que cette phrase signifie. Si, en revanche, vous prenez le jeu pour un loisir où tous les coups sont permis, vous devez trouver cette sentence bien inutile et pompeuse. Pendant une heure, aujourd’hui, l’Atelier des médias va tenter de vous montrer que le jeu est une chose extrêmement sérieuse. Tellement sérieuse que, mieux connaître l’univers ludique aujourd’hui, c’est probablement une des meilleures manières d’appréhender notre monde en mutation. Bienvenue dans notre atelier, fait cercle aujourd’hui, grâce à notre invité, le jeune philosophe et sociologue Aurélien Fouillet, auteur de l'Empire ludique aux éditions François Bourin.

Nous vivons dans un monde incertain. La science, les technologies, l'internet en ont redessiné les contours, les possibles, d'une manière radicale. Nous cheminons, tous, dans ces nouvelles réalités entourés des héritages vieillissant d'un temps de surconsommation, de violences, d'asservissement, sans savoir si nos pas mènent vers des sommets ou des tréfonds. Mais pourquoi nous raconte-t-il tout cela alors qu'il nous a dit qu'il allait parler de jeu aujourd'hui ? Parce que "le jeu est un espace de remise en cause. Remise en cause de soi, remise en cause des valeurs et remise en cause d'une société. Il est donc un espace de renouvellement, un lieu des possibles, un pervers polymorphe en quelque sorte. Les cultures ludiques expriment ce vitalisme primitif qui anime de convulsion l'homme qui est face à la mort. Mort de soi, mort des autres, mort d'une société, peu importe. La société qui joue est une société qui apprend à mourir et devient une société de philosophes."

J'ai ouvert ce livre, l'Empire ludique, en imaginant un essai expliquant la manière dont tel jeu avait révolutionné le marché des MMORPG (jeu en ligne massivement multijoueurs). Je pensais y lire une thèse sur la gamification, cette tendance à mettre du jeu partout, un chapitre sur le serious game, le jeu sérieux, un autre peut être sur le news game, le jeu informatif. Mes attentes sont restées vaines. Pour raconter le jeu, Aurélien Fouillet parle de notre monde, de la culture populaire, de la philosophie antique, du Moyen âge, de Flaubert, de Descartes et de Baudelaire. Je vous invite, pour en savoir plus, à écouter ci-dessous l'entretien qu'il nous a accordé.

"Ce livre s'intéresse aux cultures ludiques actuelles, pour dire bref, aux jeux. Mais le jeu n'est pas une chose anodine et simplement frivole, il est un marqueur, un espace dans lequel se fait la culture. Il est parfois désordonné, chaotique, brutal. L'ordre surgit du chaos!"

Aurélien Fouillet (gauche), Ziad Maalouf (droite). Crédit photo (Manon Mella)

Source image une : wikimedia

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Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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Commentaires

  • Je ne trouve pas l'audio de votre entretien pour bien comprendre de quoi il est question dans ce livre. Merci de m'aider à satisfaire ma curiosité !

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