135 témoignages un peu moins de trois semaines après le lancement de l’enquête intitulée Afrique y-a-t-il un ordinateur dans la classe : du point de vue quantitatif, on peut déjà dire que l’opération est un succès. Mais pas seulement de ce point de vue. Car si la multiplication des contributions permet de recouper certaines informations, elle apporte surtout une somme d’informations qu’il nous aurait été impossible de trouver autrement.Entre les grands discours sur la réduction de la fracture numérique notamment dans les écoles africaine et la réalité du terrain, ces témoignages résonnent en effet d’un écho particulier. Pourquoi ? Parce que si l’on pouvait s’attendre à ce que la majorité des témoins nous répondent directement que « non, il n’y a pas d’ordinateur dans la classe », qui, à part la responsable d’une association de terrain du Burkina Faso aurait pu dire que « les lycées sont souvent équipées de salles informatiques neuves mais dont personne ne peut exploiter les ressources, faute de formation. Dans la plupart des cas même ces salles sont fermées. » ? Ou que « Des universités ont investi dans l'achat du matériel informatique comme l'université de Kinshasa, sans que ce matériel soit utilisé réellement à de fin d'enseignement/apprentissage... » Qui mieux que ceux qui sont dans les écoles africaines peuvent nous expliquer la réticence de certains professeurs à faire des heures supplémentaires « au lieu de donner des cours particuliers qui leur rapportent un peu d’argent » ? Qui, mieux que Martin, enseignant et formateur sur le campus numérique francophone de Kinshasa peut raconter comment certains enseignants ne veulent pas mettre leurs cours en ligne « à la disposition de tous » ?Où aurait-on pu lire que, non seulement il n’y a dans la plupart des pays sondés pas de réseau électrique digne de ce nom, mais en outre que, selon Philippe, au Burkina « les fortes amplitudes (du réseau ndlr) grillent nombre de modems et de cartes-mères. » ?Qui, encore, pourrait témoigner de l’enthousiasme des jeunes enseignants et formateurs qui, comme Assane au Sénégal, « profite de ces vacances pour donner une semaine de formation aux formateurs dans mon ancien lycée de Dakar » ?Qui pourrait raconter l’ingéniosité des professeurs qui passent par les cybers cafés pour travailler en réseau avec leurs élèves ? Et qui pourrait, dans un autre pays, répondre que « s'il ya des recherches à faire tu dois passer par le gérant du cyber pour qu'il le fasse pour toi et tu dois le payer pour ça aussi ».Qui ? A part vous ?Ce ne sont que des exemples. Les participants à cette enquête écoutent et commentent aussi les interviews réalisées avec des « experts de la question » et là encore, la confrontation est passionnante.Argumentés, documentés ou simplement issus d’expériences vécues sur le terrain, ces contributions nous apportent la matière d’articles que nous ne pourrions pas écrire autrement. Soyez en remerciés. De notre côté, nous préparons la publication du premier épisode cette troisième enquête participative.
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