Des clients payent le tarif normal. Mais voyagent debout ou couchés le long des couloirs. Des artistes talentueux circonstanciels se font découvrir. Ambiance particulière. Suivez le guide !
Les voyages en train sont comme les histoires d’amour. Ils s’arrêtent quand le jour se lève. Peut-être au premier chant du coq. Chaque fois que j’apercevais tous ces voyageurs sur le quai. J’aimais en être un. Heureusement, l’opportunité s’est présentée ce 11 octobre 2012. Dans les wagons, surtout les 884, 885 et 886, il fait chaud. Exactement comme dans un fourneau. Pas de ventilateur. Encore moins de climatisation. Normal. On n’est guère dans un château de luxe. Les volets sont ouverts pour bénéficier de l’air frais venant de l’extérieur. Le train a quitté la gare de Yaoundé depuis 18 heures 10. A peine la troisième escale (Nkometou) située à 37 km de Yaoundé, plusieurs passagers sont plongés dans les bras de Morphée. Pourront-ils parcourir 631 km (avec 18 gares escales) dans cet état ? « Personne n’a le choix. Il y a un wagon lit en première classe. Chacun se bat comme il peut pour fermer les yeux. L’important ici, c’est d’arriver à Ngaoundéré. Et ce n’est pas la ville d’à côté », souligne Gaëtan Izane Fouba, un frangin habitué de ce tronçon. Comment se sentiront-ils au réveil ? Personne pour me répondre. A moins de me prêter aussi au jeu.
Rassurez-vous, c’est un sommeil loin d’être « paisible ». Nul n’est allongé sur son lit ici. Mais assis sur un siège ou couché sur ce tas de ferrailles roulantes. Faut pas oublier le « tchouk tchouk », ce bruit répétitif émit par le train. Et ce marché (roulant) spontané ayant surgit. On ne sait d’où. Les marchandises proposées sont diverses et variées : bonbons, sandwichs, disques audio et vidéo contrefaits, cravates, mandarines, kola, les chaussettes (200 Fcfa la paire et 3 à 500 Fcfa), les médicaments qui soignent deux cent maladies… Même dans le train, on vous agasse ? « Si tu veux éviter ce vacarme, il faudra désormais voyager en première classe. Là au moins, il y a un mini confort et tout le monde n’y accède pas mais soit sûr que tu seras isolé parce que chacun est seul », chuchote un voisin. Mon supposé sommeil est alors interrompu. Malchance !
C’est la danse que tu veux voir ?
« Homme, réjouit-toi pendant les jours de ta jeunesse ». Il existe des individus qui savent mettre en pratique ce précepte biblique. Où qu’ils soient ! Généralement, ce sont les garçons qui en sont des acteurs. Cette fois ci, c’est une fille. Nordiste de surcroît. Excusez mon étonnement. Ces filles ont toujours été qualifiées de sournoise. La jeune danseuse est vêtue d’un ensemble pagne. Les écouteurs de son portable fixés à ses oreilles, elle s’offre en spectacle. Elle chante et danse au rythme de la Zoropoto, le Makossa, le Bikutsi, le Zouglou, la Tectonik… Le bal-à-terre est aussi au rendez-vous. Il faut voir pour y croire ! Des encouragements, des regards méprisants, des injures et des commentaires de toute sorte s’entremêlent. La star de ce soir est restée zéine. Sans complexe ! Ce n’est pas le lait qu’elle donne. Son action va d’un wagon à un autre.
Certains ont osé l’interpeler au passage. Ils n’ont eu pour seule réponse qu’un regard fugitif. Comme pour dire : respect pour l’artiste que je suis. Et son « concert » s’est déroulé pendant plus de cinq heures. Du jamais vu ! Car, même le Turbo d’Afrique, Petit Pays, n’a pas encore réussi ce pari. Un spectacle qui s’est achevé brusquement. Comme un charbon ardent sur lequel on vient de verser de l’eau. Notre artiste est parti sans crier gare. Depuis près d’une heure. Nul ne sait où elle est passée. On aurait dit une mission commandée. Heureusement, nous nous rapprochons de la destination. La gare de Ngaoundéré où le train s’est immobilisé à 8 heures. Des passagers s’en font satisfaits : « On moins j’ai eu une compensation de mon argent avec cette fille qui dansait. Avant, il y avait la télévision dans les wagons. On pouvait regarder les films. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », dixit en s’éloignant un quadragénaire. Fin du premier parcours. Le départ pour Maroua est imminent ! A bientôt !
Frank William BATCHOU
A Ngaoundéré
Commentaire de serge katembera rhukuzage le 20 octobre 2012 à 19:17 trop forte la première phrase...merci...
Commenter
Billet de Bah Abdoulaye
ILBOUDO Adama Arukey a commenté l'article Alice Antheaume : “Tout bon journaliste doit s’intéresser à la mutation numérique” de Pierrick de Morel.
ILBOUDO Adama Arukey a promu le blog Alice Antheaume : “Tout bon journaliste doit s’intéresser à la mutation numérique” de Pierrick de Morel
Beramgoto Yannick a répondu à la discussion Dieu Merci!!! de Mingar Monodji Fidel.
DORCE Ricarson a publié un statutAjouté(e) par Simon DECREUZE
Ajouté(e) par Awa Seydou, Journaliste
Ajouté(e) par Awa Seydou, Journaliste
26 mai 2013 de 10:00 à 18:00 – La Grange
0 Commentaires 0 Promotions31 mai 2013 à 17:00 au 2 juin 2013 à 19:00 – MAH Building
0 Commentaires 1 Promotion
Démarrée par Mingar Monodji Fidel dans Actualité et débats. Dernière réponse de Beramgoto Yannick il y a 10 heures. 2 Réponses 1 Promotion
Je ne peux que remercier le bon Dieu, qui m’a libéré des griffes du régime de Deby ce Samedi 06 avril 2013. On croyait que le régime a évolué et s’est « démocratisé » après 23 ans de règne, mais…Voir la suite
Balises : Deby, Mingar, régime, arbitraire, détention
Démarrée par DORCE Ricarson dans Actualité et débats il y a 11 heures. 0 Réponses 0 Promotions
Utopie, préjugé de couleur et mission des élites. Jacques Roumain et nousA la direction des Etudes Postgraduées de l’Université d’Etat d’Haïti, le professeur Hérold Toussaint a signé, le mercredi 28…Voir la suite
Démarrée par DORCE Ricarson dans Actualité et débats il y a 11 heures. 0 Réponses 0 Promotions
Quand la Médecine s’ouvre à la Logothérapie : une belle matinée universitaireComme à l’accoutumée, le professeur Hérold TOUSSAINT termine par une matinée universitaire son cours de « Logothérapie et…Voir la suite
Démarrée par DORCE Ricarson dans Actualité et débats il y a 11 heures. 0 Réponses 0 Promotions
La domesticité des enfants à Petit-Goâve : Mythe ou Réalité ?Le phénomène des enfants en domesticité gangrène toute la société haïtienne, notamment la cité soulouquoise. En effet, certaines…Voir la suite
© 2013 Créé par Ziad Maalouf.

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !
Rejoindre Atelier des médias