Y aura t-il... des entreprises de presse après Noël?

Je poursuis la réflexion entamée sur cette note sur l'avenir du journalisme, et aussi mon petit trip perso (ici), façon "Déclinons un chouette titre de film", sur la notion de crise et de mutation. Notion que j'applique cette fois sans hésiter à la presse et aux médias en général. Oui, aussi ultime et brutale soit-elle, on peut se poser cette question frontale. On le doit même, il y a urgence. Désolé pour les fonctionnaires de presse et autres bouts de bois secs que cela gênerait ou saoulerait de causer; mais oui, le métier en est à un point de son évolution, grave, qu'il doit se reprendre, se redéfinir, se remobiliser, se revoir de fond en comble : tout cela en même temps. Et ce n'est pas un blabla de jeunes journalistes idéalistes, juste une prise de rendez-vous pour demain et après-demain.La question est donc valable pour au moins trois arguments, désormais récurrents :1/ technologiques : oui le web s'est imposé, et le sujet ne doit plus faire débat; oui, un certain nombre d'outils en ligne facilitent aujourd'hui la production quasi automatisée de contenus. Faut-il pour autant laisser ce mouvement se porter jusqu'à son terme ultime et fou? Bref le journaliste robot est-il un mirage ou un futur possible?2/ managériaux : les entreprises de presse découvrent qu'elles ont moins besoin de troupes qu'avant; que certaines spécialités peuvent se faire plus facilement; faut-il laisser gagner du terrain encore à ce concept du "commando" généralisé? Un rédacteur en chef tout en un -rédacteur, SR, monteur, chef de projet, etc- est-il le seul avenir proposé aux jeunes futures recrues par la profession?3/ sociétaux : l'utilisateur semble avoir gommé d'un trait d'un seul plusieurs catégories antérieures, rangées dans le placard sentant la naphtaline (les lecteurs, les auditeurs, les télé-spectacteurs). Ce dieu Utilisateur veut et a le pouvoir de participer sur le contenu, voire de le créer tout seul. Où le journaliste peut-il se placer dans cette nouvelle donne?Ces questions émaillent la plupart des réunions, conférences et raouts de ces derniers mois. Experts et acteurs grattent donc bien la viande de ces notions, au point d'en être arrivé maintenant à l'os. Mais avant de devoir procéder à une amputation, peut être serait-il temps de se mettre autour de la table et de poser un "nouveau contrat social du journaliste"? Je dis bien poser, c'est à dire acter et transformer cela derrière en modes d'organisation novateur et ambitieux. Ce serait en tout cas, à mon modeste niveau de journaliste, ma résolution professionnelle principale pour 2009. Celle que je vais défendre ici et ailleurs.
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