Pour changer, j’ai décidé cette semaine d’être moins camerounaise (ne penser qu’à devenir riche). Oui ! Je peux être moins nombriliste (égoïste) ! Je vais à la rencontre de ma ville : Douala, La ville Lumière...Euh… pourquoi cet adjectif ?
Sérieux, on est plus souvent dans le noir qu’autre chose.
2ème ville du Cameroun, ville économique, ville côtière, ville à la démographie insolente,
Son charme côtier, ses températures affolantes, son melting pot, son bouillon de cultures près à exploser au
moindre coup fourré, contrastant magnifiquement avec ses coupures de courant, d’eau, la difficulté pour se
déplacer, la chaleur étouffante, son commun de bille de bois renversé en plein carrefour créant un
embouteillage horrible, la stratégie marketing des marchands par l’appel des clients au travers de la musique
créant un brouhaha inqualifiable.
Sur le plan de l’urbanisation, contrairement aux grandes villes africaines, elle a des routes étroites. Comme des
pistes, le bitume les tracent à perte de vue jusqu’aux périphéries communément appelés banlieues
(majoritairement en piste boueuse). Les immeubles à près de 50 étages n’est pas son truc. Elle aime la terre, elle !
Comme les notes d’une musique, elle joue une partition dont la mélodie est connue de tous: faut être un malin pour y survivre.
Il est 4h du matin. La ville s’éveille peu à peu. Le livreur de pains, par le tohu-bohut de sa moto, en perte de
vitesse et/ou surchargé de pains, nous sort petit à petit de notre léthargie. Les éboueurs et leurs klaxons à
l’effet d’une bombe (nous rappelant de vider notre poubelle) nous sort définitivement du lit.
Et c’est parti !
Il est 7h. C’est L’heure de pointe. La ville grouille déjà des cris stridents des commerciaux des taxis appelés ici
motoboys:
« akwa, Bonanjo, bali ».
A la conquête du centre-ville ! (près de 90% des activités y concentrés quand même).
La plupart des salariés, à deux taxis, parfois à trois du centre-ville, la lutte acharnée peut débuter. Comme un
jogging matinal, la course poursuite vers un, ou un autre véhicule, commence. Parfois en cargos, ou en véhicules
de troisième main, le plus urgent est d’en attraper un.
Entre coup de coudes, parfois, croche-pieds, tout est mis à pieds d’œuvre. La concentration est de mise. Faut
suivre le commercial ! Être dynamique ! Jouer des coudes contre une dame ou un monsieur ayant 2, voire 3 fois votre poids !
Ne pas faire des chichis (ne pas jouer à la blanche) ! Supporter être à six, dans un taxi à quatre places. Etre
trois sur une moto, jouant du pied pour démarrer, le poids des passages trop lourd pour cette dernière.
Entre les voitures, le bal des motos taxis commencent comme dans un parcours de Karting. La mort n’est pas un
souci à cet instant ! Seul arrivé et à l’heure ! En plus de ça, pour nous, les filles c’est une autre affaire ! Courir
avec des talons compensés ? Si ce n’est pas du sport ça ?
Oups ! Il est midi. Déjà ? Ah ! Le bonheur de se retrouver entre amis à la pause, se prend une heure avant. Par
mesure de précaution, parfois pour éviter les intrusions, et dans la plupart des cas, pour choisir le lieu approprié
compte tenu de sa bourse.
On a le choix.
1er choix : Le « tournedos » comme on l’appelle affectueusement, est cette espèce de restaurant en plein air, où
juste un banc nous sépare de la route. Le plat est peu couteux et la nourriture pas mauvaise.
2ème choix : Le bar. Ici et là, il est proposé des poissons à la braise, manioc ou des gâteaux de pois. En plus de
consommer, le repas de midi est une option.
3ème choix : le restaurant chic. Il est prévu pour les débuts de Mois. Moment où l’argent est présent. On peut
ainsi s’offrir un bon déjeuner.
17h. La ville se prépare à rentrer. Les carrefours pullulent de monde. Les commerciaux ont disparus. Place à
l’enchère. Les prix s’affolent ! Les motos deviennent plus bruyantes qu’avant. Sur les routes, s’alignent les
véhicules à deux, quatre! Noyer dans Le bruit des moteurs, on se dirige à pas de tortues vers la sorties de la
ville.
19h-20h. C’est reparti pour le bal incessant vers le centre-ville et rebouchon !
Dans les snacks, des restaurants-bar, et bars, les fins de soirée sont au choix. Bizarrement, les boites de nuit
marchent très peu. Le cadre convivial des snacks a pris le dessus.
Ah ! L’ambiance, tout simplement magnifique :
Ces jeunes filles à perte vue, aux vêtements à perte de sens, aux chevelures défiant les longueurs
brésiliennes, ces garçons voulant défier leur portefeuille, ces grosses bagnoles, ces groupes d’amis
partageant un pot, cette musique qui tambourine vos oreilles, ces pas de danses, ces cris à l’écoute
d’un titre connu, Ces bagarres, ces vols, ces accidents de motos, ces coins de Braises, ces
auberges spontanées, ces boissons, ces fins de soirées !
Il faut en moyenne 10 000Fcfa pour passer une bonne soirée. Et là, encore, l’organisation est de mise. Les
tournées s’organisent tout à tour. Il est clair, ce soir, on rentrera tous souls. Pas besoin de personnes sobres, on
prendra un taxi course !
Le temps de 3 heures, tout est mis dans un placard qu’on retrouvera demain matin avec des maux têtes. Mais ça,
pour le moment, on s’en fout un peu. Comme on dit chez nous, demain attends demain !
Une chanson très endiablée, salace et à la mode, nous balade sur la piste de danse entre laisser aller et retenue.
Les blagues des compères sur l’ébriété d’un ami animent les conversations. Le « on a dit que » est de mise. Ce
soir, on kongosse (médit) sur tout et tout le monde. De 2 à 3heures du matin, les amitiés se font et se défont au
rythme de l’ivresse.
Une heure plutard, c’est reparti !
With love, from Douala!
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