whisper.sh

Lancé il y a plus de deux ans, Whisper est un réseau social anonyme. A première vue, il sert à capter les angoisses adolescentes et des confessions sans fantaisie. Whisper permet à ses utilisateurs de publier des "secrets" et des pensées plus ou moins obscures sans révéler leur identité. Mais récemment, la startup de Los Angeles a vu son service gagner en substance, grâce à l'actualité irakienne. 


Plusieurs informations sur la situation en Irak ont ainsi été "sorties" à travers Whisper - de l'évacuation de l'ambassade américaine aux craintes de la jeunesse locale face aux nouveaux troubles dans le pays.  

Des contenus que Whisper s'est empressé de collecter dans un Storify créé par son rédacteur en chef, Neetzan Zimmerman, un transfuge de Gawker qui gère maintenant une équipe éditoriale d'une dizaine de personnes chez Whisper. 

La startup veut croire que l'anonymat de son service a ainsi généré un nouvel usage. Elle a en tout cas profité du fait que les géants des médias sociaux habituels - Facebook, Twitter en tête - sont bloqués dans le pays

Ce qui rappelle que Twitter avait joué ce même rôle il y a plusieurs années, prenant son envol dans le sillages des manifestations en Iran en 2009. Sources sur le terrain et journalistes ailleurs se sont tournés en masse vers la plateforme pour échanger des informations quand les canaux traditionnels ne le permettaient plus. 

"L'identité est la friction, la barrière, ultime. Cela crée une auto-censure", estime le cofondateur de Whisper, Michael Heyward. Une auto-censure avec des enjeux très différents lorsqu'elle est pratiquée en zone de guerre ou dans une cour de lycée américain.

Outre l'Irak, des sujets de harcèlement sexuel sur un campus universitaire ou de patrons abusifs ont été livrés sur Whisper puis fait l'objet d'enquête par des médias américains comme Jezebel et Buzzfeed, précise le patron de Whisper.

Whisper, a défaut d'avoir inventé la poudre numérique avec son service tourné sur l'absence d'identité, pourrait ainsi profiter d'un développement d'usage à la faveur d'une pratique de communication discrète ancienne mais en quête de nouveaux supports. Si l'application devient une source de contenus et d'informations pour les journalistes, ces derniers pourraient s'en emparer en nombre, et aider la plateforme à connaître un destin à la Twitter... 

Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle vit depuis 2013 aux Etats Unis où elle a été Knight Fellow à Stanford. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.
Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Twitter : @M_C_B
News Concierge | Co-founder @getnod | 2013 @JSKStanford fellow | Correspondent @Le_Figaro @Atelier_Medias

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...