Votre don de moelle osseuse pour Noël


Le fait que toutes les tumeurs n´aient pas la même vitesse de doublement correspond à des rebuffades sur l´acharnement des spécialistes. Le propre des cellules cancéreuses est de se diviser à l´infini sans subir le contrôle limitatif de l´organisme, mais leur vitesse de doublement est très variable, ce qui détermine leur degré de sensibilité au(x) traitement(s). Les tumeurs à croissance rapide, dont la majorité des cellules sont engagées dans un processus de reproduction, offre une cible idéale. A l´opposé, dans les tumeurs à croissance lente, de nombreuses cellules se trouvent hors cycle (état quiescent). Bien entendu, tous les intermédiaires entre ces deux extrêmes ont leur mot à dire.

En première approximation, il suffirait de connaître la vitesse de doublement d´une tumeur pour en déduire son timing.. "élémentaire" me direz-vous!? Malheureusement la réalité est beaucoup plus délicate, et d´autres facteurs viennent semer l´insaisissable simplicité! Le premier est la (trop) faible différence de sensibilité entre les cellules cancéreuse et les cellules normales dont elles sont dérivées. On ne peut éternellement mitrailler la foule (aplasie) pour mieux atteindre les quelques ennemis qui s´y cachent. Le second est l´hétérogénéité cellulaire - les régions centrales de la tumeur sont souvent mal irriguées, donc en état de déficience respiratoire (cette hypoxie les met en situation de résistance). Sans oblier, bien sûr, que au cours des divisions successives qui assurent le développement du cancer, certaines cellules subissent accidentellement des mutations donnant naissance à des lignées de sensibilités différentes. C´est-à-dire que, parallèlement, certaines régions de la tumeur sont sensibles, d´autres pas.

Les hémopathies malignes sont le domaine réservé de la chimiothérapie (dont les perfectionnements sont actuellement en cours de développement). Cependant, encore difficile à manier, coûteux, pénible et dangereux, ce cocktail toxicologique se révèle assez complexe malgré ses nouveautés (dasatinib, pyrimidine, rituximab, etc..). Mais si toute maîtrise thérapeutique échoue, on peut dans certains cas avoir recours à une audace stimulante et bénéfique: l´irradiation totale de la moelle osseuse (à ne pas confondre avec moelle épinière), suivie d´une greffe de moelle d´un donneur approprié ou du malade lui-même (autogreffe). Une fébrile épreuve qui ne peut être proposée que dans des cas exceptionnels. Etant donné que le rôle rehausé des greffes de la moelle osseuse, par nature trop souvent tissulairement incompatibles, demeure héroique vis-à-vis de la cancérologie (voire les hémopathies chimiorésistantes), je vous invite donc à vous rendre sur une banque de donneurs (Agence de la biomédecine, entre autres) pour, le 25 décembre, ne pas aider à sourire, mais à vivre!

Laetitea



http://www.dondemoelleosseuse.fr | http://www.france-adot.org




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Laetitea

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