Vos questions sur l'économie du webdocumentaire

Le webdocumentaire a le vent en poupe (au moins sur les blogs de journalistes) et le genre se développe en France. Plusieurs projets ambitieux dans ce domaine sont actuellement en cours de réalisation ou viennent d'être mis en ligne. On peut citer:


  • Prison Valley, un webdocumentaire sur l'industrie de la prison aux Etats-Unis (en cours de réalisation) / production Upian & Arte
  • Portraits d'un nouveau monde, une collection de 24 documentaires multimédia (le début de la collection est disponible) / production Narrative & France5
  • Afrique: 50 ans d'indépendance, qui n'est pas un web-documentaire mais une invitation au voyage (ls premiers pays sont déjà en ligne) / production Arte
  • The Big Issue, l'obésité est-elle une fatalité? (en ligne) / production HonkyTonk & France5
  • Havana/Miami (bientôt) construit sur le modèle de Gaza/Sderot / production Bo travail, Upian & Arte
  • Le corps incarcéré (prix RFI/France 24 du webdocumentaire) / production LeMonde.fr
  • Les bras de la France, les travailleurs maliens à l'abattoir de Kerméné en Bretagne / production France 24

Notre émission de la semaine se penchera sur l'essor de ce genre journalistique et s'interrogera sur son économie avec nos invités:


  • Guillaume Blanchot, directeur du multimédia au CNC (Centre national du cinéma)
  • Joël Ronez, responsable du pôle web d'Arte
  • Alexandre Brachet, créateur d'Upian
  • Laurence Bagot, fondatrice de Narrative

Vous pouvez leur adresser vos questions dans les commentaires de ce billet.


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Commentaires

  • pour le webdocumentaire ca me fait deux impressions.la première pourquoi le webdocumentaire?la seconde ne pas de le nier mais plutot de l'admettre à moitié.
  • C'est bien beau les webdocumentaires mais que dire des personnes qui n'ont pas accès à Internet en plus si je le crois bien un webdocumentaire demande une connexion haut débit et des pays comme le Cameroun n'en ont accès facilement .
    C'est à revoir
  • Suis d'accord en partie avec Denis, le potentiel du cross media publishing offre une grande souplesse qui permet, en Afrique notamment, de contourner en partie la barriere technologique du haut débit. Le webdocumentaire permet de remettre le jeu à plat et certains nouveaux acteurs sont déjà apparus. Meme si les journalistes ont un avantage et qu'on assiste à la revanche/retour des médias traditionnels qui se réapproprient le web, le potentiel de développement du webdocu reste à ceux qui innovent. Nous n'en sommes qu'aux balbutiements rien n'est joué!

    Quant à une alternative Auteur/Interfacier, il reste tout de meme la source primaire de l'information que l'on ne doit pas négliger et qui fait partie du métier, mais dans l'ensemble oui, le journaliste doit et s'est déjà partiellement remis en question. L'avenir reste ouvert et il est possible que d'autres roles soit attribués... ou otés aux journalistes.
  • @ Denis Pansu : Laissez-moi préciser ma pensée. Bien sûr nous sommes d'accord pour dire que le webdocumentaire mobilise image (ou plutôt images avec un s, en intégrant la vidéo, la photo, l'infographie, animée ou non), son et texte. Mais précisément, en matière d'ergonomie, ce savant mélange ne va pas de soi. L'utilisateur peut se sentir dérouté, sans d'ailleurs en avoir pleinement conscience.

    Pourtant, comme vous le dites, il est a priori plus intuitif et plus ouvert à ceux qui sont plus réfractaires au texte (bon le "a priori", c'est moi qui le rajoute, bien entendu). Mais il faut se méfier de cette apparente facilité : une bonne image (en particulier si elle n'est pas animée) ne peut pas se passer de texte. On peut faire passer n'importe quel message biaisé avec de fausses légendes, ou sans légende. Le texte est précieux.
    Et ce, même avec la vidéo : sinon on ne ferait pas de webdocumentaires, mais seulement des vidéos à mettre en ligne. Le webdocumentaire a cette particularité d'associer la vidéo (avec ses qualités et défauts) au texte (avec d'autres qualités et défauts).

    Je suis donc en revanche parfaitement d'accord pour dire que le "rythme" de lecture dans un webdocumentaire est une respiration, par rapport à l'instaténéité - parfois épuisante - de l'information en ligne. Je vous rejoint également pour y voir la forme idéale sur le web pour permettre à un journaliste d'apporter une réelle valeur ajoutée par rapport aux "interfaciers".
    Mais précisément, je crois qu'il faut réfléchir à la question de savoir qui est prêt à cette respiration et à cette valeur ajoutée, et qui préfère se contenter de survoler Twitter et Google News en butinant.
  • Je comprend bien les raison du cyber journalisme mais pour ce qui est des documentaires, pourquoi le webdocumentaire, la télévision ne suffit-elle plus? quel est le but précis de ce genre ? ne pensez-vous pas que vous contribuez à l'encombrement du web?
  • Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Anthony Drugeon car justement, le webdocumentaire mobilise l'image, le son et pas seulement le texte. Il est donc accessible à des personnes qui ont du mal avec l'écrit.
    Sa forme est "captivante" dans le bon sens du terme car on a la main sur le déroulé contrairement à une émission de télévision où l'on est très passif. Elle est didactique : certains contenus seraient très utile avec des élèves (au fait : avez-vous des témoignages d'enseignants utilisant déjà le webreportage en classe ?).
    A mon avis, la notion d'attention soutenue n'est pas un obstacle, au contraire, dans un contexte d'infobésité, cela permet d'avoir une respiration, un temps lent ou long pour aller à l'information, qui change du zapping permanent.
    Par ailleurs, le webdocumentaire est pour moi une version moderne des grandes enquêtes qui ont fait la réputation du journalisme auprès d'un large public : on pense immédiatement à Albert Londres ou Joseph Kessel.
  • Le webdocumentaire est un produit qui a de l'avenir et en fait parti du web innovant.
  • Selon vous, le webdocumentaire ne valide-t-il pas que désormais la profession journalistique doit choisir entre la posture d'auteur et celle d'"interfacier de l'information" ? Le webdocumentaire étant pour moi du côté de l'auteur, le rôle "d'interfacier" s'appliquant aux personnes dont la majeure partie consiste à redistribuer de l'information (brèves, reprises de fils d'infos, présentateurs télé, ...). Et je n'inclus pas ceux qui se disent journalistes alors qu'ils sont plutôt des attachés de presse améliorés.
  • Au Cameroun l'accès à Internet reste très peu répandu; les étudiants et entrepreneurs qui en sont les premiers utilisateurs, ne l'exploitent pas au gré de leurs besoins. Le webdocumentaires pour être regardé demande une connexion haut débit pour un minimum de clarté (son et images). Or, haut débit rime avec coûts élevés. Je pense que le webdocumentaires tout comme les autres prouits du net restent hors de portée en Afrique, surtout dans le sud du Sahara.
  • Le webdocumentaire ne risque-t-il pas de rester une oeuvre journalistique élitiste ? Le webdocu requiert en effet une attention soutenue pour son "lecteur", qui est en fait aussi un "vidéospectateur", un auditeur, un lecteur sollicité par du texte, des infographies, des photos... La gestion de ces modes de transmission de l'information par le cerveau requiert une plus grande concentration (et un intérêt pour le sujet traité plus marqué) que celle de l'internaute lambda.
    Donc à oeuvre élitiste, modèle économique élitiste?.. L'édition premium est-elle l'avenir du webdocu, ou bien la publicité peut-elle malgré tout financer ce type de travaux journalistiques?..
    Si la nouveauté de la chose suscite, et c'est normal, une curiosité enthousiaste dans le microcosme des journalistes et des férus de webjournalisme, quel potentiel pour le webdocu dans le grand public ?
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