Médias du monde se penche cette semaine sur un phénomène en pleine expansion: la présence du nouchi dans les médias ivoiriens (et même dans les pays voisins de la Côte d'Ivoire). Le nouchi, c'est l'argot d'Abidjan qui se nourrit du français et des langues que l'on parle entre Yopougon et Treichville, entre Abobo et Koumassi, entre Adjamé, et le Plateau (le dioula, le baoulé, le bété, l’attié, ...).

Le nouchi est né dans la rue où la jeunesse le parle et le fait évoluer jour après jour et il trouve de plus en plus souvent sa place dans les médias:

  • à travers la musique et notamment le rap de Nash (mais aussi des plus anciens comme le groupe RAS ou encore le doyen Alpha Blondy)
  • à travers le web avec des sites comme nouchi.com
  • à travers la presse et un hebdomadaire comme Gbich!

Norbert Navarro, le correspondant de RFI à Abidjan, est allé à la rencontre de Nash et de Mathias "le nouchi blanc" de Nouchy Arts pour tenter de comprendre l'impact du nouchi sur la scène médiatique ivoirienne.

Vous pouvez écouter le reportage et adresser vos questions à Norbert Navarro qui y répondra dans la prochaine édition de l'Atelier des médias.

Ecoutez le reportage (10 min. et 27 sec.)

Pour en savoir plus:

Sur RFI

  • Le nouchi dans l'émission Les sapeurs de la langue française de Yvan Amar (14/03/2008)
  • A Abidjan en Côte d'Ivoire dans l'émission On est où là? de Vladimir Cagnolari (23/11/2007)

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Commentaires

  • Je suis tout a fait d'accord avec Kacou Eric. Le nouchi est un langage issu de la rue pour combler des lacunes en français et maintenant on voudrait lui donner une légitimité? En tant que quoi? Il faut refuser que le nouchi soit ériger en une culture commune à la Nation. Nous valons mieux que ça! Et l'éducation dans cette histoire? Le niveau de la langue française ne cesse de baisser. Quelqu'un plus haut disait qu'on le parlait à l'université pour mieux se faie comprendre. C'est une fierté? Bien au contraire! Je ne comprends vraiment pas la logique de ce pays qui consiste à rabaisser tous les standards pour rallier le grand nombre au lieu d'essayer de pousser les gens à évoluer. Il ne s'agit pas de légitimer l'analphabétisme mais de le combattre et nous nous en éloignons de plus en plus.
  • Plus jeunes, je considerais les langages "français approximatif" comme étant un danger pour la langue française et je ne voulais pas y adhérer. Mais lorsque je me suis retrouver à l'étranger pour mes études et que nous jeunes ivoiriens on voulais converser entre nous, il n'y avait pas de langue fédératrice entre nous à part le français. Les autres communautés ayant des langues nationales n'avaient pas ce problèmes (congo, mali, centrafique, senégal...). Certaines communautés comme le cameroun avaient le même soucis que nous.
    Le nouchi était et est toujours pour nous une manière de féderer une langue à "nous". Pour moi je considère cette langue il faudrait qu'elle soit soit reconnue comme le créole. Avec des émissions des chaines en nouchi ca peu être vu comme osé car cette langue est perçu encore comme une langue de voyou, d' illettré. Mais souvenez vous le créole antillais est né comme ça. Même les Ivoiriens ou Africains qui se refusent à parler nouchi se verront surpris de comprendre des mots que des mots que des européens ne comprennent pas.
    Et maintenant l'afrique de l'ouest l'adopte parce que les africains se sentent plus proche de cette langue. J'espère que cette langue évoluera avec des mots des pays langues des pays voisins.
    L'espagnole sud americain est officielement différent avec un autre dictionnaire.
    On accept les termes americains comme n'étant pas des erreurs alors pourquoi pas nous les Africains!!!

    Africa Unit
  • Salut à tous, je remercie RFI d'initier ce débat parce qu'effectivement moi cela me pose un véritable problème. Pour moi le Nouchi est et restera de l'argot, et n'ira pas plus loin que les rues d'Abidjan, Je ne me souviens pas à l'université de Cocody avoir entendu une seule fois un professeur employer le nouchi pour se faire mieux comprendre ! C'est un raccourci que nous avons inventé pour échapper autant que faire se peut aux règles (il est vrai drastiques) de la grammaire Française. Ce n'est qu'un raccourci, le vrai chemin est là, ne feignons pas de l'ignorer. C'est un danger pour nos enfants qui sont confrontés à plusieurs termes et ne savent plus à quel saint se vouer, entre ce que dit l'instituteur à l'école, ce que dit le voisin et ce que disent Papa et Maman. Le nouchi n'a pas de règles, il n'a pas d'histoire, il évolue trop vite, chaque fois qu'un chauffeur ne trouve pas le mot juste pour s'exprimer en Français, il lance un synonyme dans son patois et si par chance, la mayonnaise prend, l'académie Nouchi, l'intègre aussitôt. Ne nous leurrons pas, une fois de plus, je ne me souviens pas avoir reçu un seule agent commercial dans mon bureau qui s'est permis de vanter ses produits en Nouchi, bien au contraire. Notre défi aujourd'hui n'est pas la création d'une nouvelle langue facile (...), Et de toutes les manières, le chemin de la facilité, dès qu'il est emprunté, devient très long; dès qu'elle sera adoptée, d'autres vont la trouver un peu compliquée et vont tenter d'en créer une nouvelle. Je ne suis pas d'accord avec MAKAYABA, Je ne vois pas l'avenir du Nouchi et encore moins le gain que pourrait tirer la nation avec une langue sans règles , nous partageons déjà le français avec assez de difficulté, quelle idée de vouloir s'isoler dans ce village planétaire.
  • je suis contre le fait de trans former et de creer à tort à travers des termes bizzares,merçi.
  • J'abonde dans le même ordre d'idées que monsieur MAKAYABA ci-dessus (que je salue en passant), et je crois que quelque part l'histoire de cette langue fait penser au fait qu'une certaine génération pourrait aussi considérer que notre niveau de langue équivaudrait à de l'argot ! Je voudrais donc comprendre comment on distingue les niveaux de langue dans le nouchi (la familier, le commun et le soutenu) ; est-ce que concrétement elle pourra avoir plus d'influence sur les autres types d'argot qui existent dans chaque Etat africain,et comment cela se ferait alors dans l'affirmative? S'il faut baragouiner ainsi pour communiquer c'est bien, mais est-ce que l'idée d'une élaboration d'un dictionnaire a bien été pensée?
  • Je republie cette question de Renée qui m'a été adressée en message personnel:
    J'ai bien ecoute les explications des autres a propos de cet argot nouchi. J'aimerais vous demander, pourquoi et comment vous avez distingue nouchi parmi tous les mots argots,et qu'est ce qui vous a pousse d'introduire nouchi dans le monde de medias? merci

    Renee
  • je felicite le peuple ivoirien du fait qu'il conserve leur propre culture
  • C'est curieux comme les commentaires qui précèdent se rejoignent pour porter haut le Nouchi et l'ériger en fierté ivoirienne ou africaine. Non pas que je sois contre. Mais le Nouchi est avant tout le résultat d'un malaise tout comme le sont le "francanglais" ou le "pigin". Ce sont des pratiques nées pour palier à la méconnaissances des langues courantes de communications, sans aucun rapport avec un désir quelconque de créer une langue nationale ou commune aux pays africains. Cela peut sembler dur mais, il s'agit là, avant tout, de langues de détresse quelque soit les proportions qu'elles peuvent prendre par la suite. Et les personnes qui adoptent ces langues sont généralement stéréotypées. Il est donc très important de savoir quelles lessons on tire de ces "argots de rue". Doit-on continuer à laisser les jeunes trimer dans les rues dans l'espoir qu'ils nous pondent du Nouchi, du "francanglais" ou quelques nouveaux Esperentos? Je crois savoir qu'il existe déjà un mini dictionnaire sur le "Francanglais" et qu'il se prépare un dictionnaire sur le Nouchi. Mais combien de nos langues vernaculaires si riches et culturelles ont eu cet illustre honneur? quel peut être l'impact réel du Nouchi sur le plan académique, socioculturel et même politico-économique vu que le président s'en sert? le Nouchi est une jeune langue, quelle est son espérance de vie? Ce n'est pas non plus le premier rejeton au quel la rue a donné jour et qu'on a retrouvé dans la musique et les médias. Qu'est-ce qui justifie l'effervéscence dont il semble faire l'objet?
    Maintenant il est important de préciser que je ne déprécie pas le Nouchi et ses semblables. Mais faut-il vraiment que ce soit les souffrances de la rue qui nous rappelle la nécesseté d'une langue comprise et parlée de tous, qui unirait les groupes humains et dissiperait les craintes?

    Big up à tous les "nouchistes"
  • je voudrais de prime abord sans prétention aucune faire l'historique du nouchi.
    en réalité le nouchi est né au debut des années 80 dans le mileiu des jeuns souso ethnie de la guinée conakry vivant à treichville(abidjan).c'est en fait les jeunes de cette communauté qui ont été les premierts nouchi en cote d'ivoire avec des groupes comme les manpleciens,très redoutable en son temps,ils s'vaient bien manipuler les armes blanches et n'avaient peur de persoones.ils avaient des expression comme (angasidi)dont j'ignore la signification et abasalasse.après les jeunes ivoiriens ont recupéré le muovement avec des groupes comme la guestapo à ABOBO ET DES LOUBARDS ou nouchis comme le très celebre JHON POLOLO?SERGENT DAILLY,santana,bolo yang,en plus ds groupes comme les yangs de treichville.
    par la suite le mouvement s'est repandu dans les milieu universitaires et scolaires dans les années 90 avec l'avènement des différentes crises qu'a connu l'ecole ivoirienne.afin d'exprimer les probklèmes rencontrés par eux sur la cité les étudiant utilisaient ce message pour se faire comprendre de la grande maase.c'est ainsi qu'est apparu l'album de Billle didier serges kaqssi pour ne citer que ceux là.
    aujourd'hui toutes les couches sociales sont touchées par le phénomène,personne n'est épargné,mème dans les amphis ou sur la cité les étudiants ne peuvent pronocer une phrase sans le nouchi.moi je suis juriste,mais avnt d'avoir mon emploi j'ai fais la rues et je m'exprime très en nouchi.
    la valorisation du nouchi pourrait ètre très enrichissante pour bon nombre de jeunes en mal de moyen pour intégrer l'école normale ,ainsi que pour la culture ivoirieene.
  • Salut. Je trouve qu'il existe, un lien entre le langage et l'unité d'un groupe humain. Bien souvent, lorsque deux individus parlent le même langage, bien de suspicions et craintes se dissipent et les conduit l'un vers l'autre quelles que soient leurs origines. Je trouve pour ma part que cet argot est le bienvenu pour construire une unité dans une Côte d'Ivoire où la raison n'a pas peu le faire. Je nourris l'espoir dans les 10 ou 20 ans à venir, que tous les ivoiriens communiquent par ce seul canal. Il est évident que l'unité de ce pays ce pays n'en serait que renforcée. Et si le nouchi s'étant aux autres pays de l'Afrique de l'Ouest (ce qui est en cours) cela consolidera l'unité de cette région dont les dirigeants parlent sans pour autant faire quelque chose au niveau de la base. Un grand pas vers l'"Africa Unit" mais, à travers des faits réels, ressentis et vécus par les fils de notre continent. Longue vie!!!!!!!
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