Dans la prochaine édition de l'Atelier des médias, nous évoquerons le photographe et documentariste français Christian Poveda assassiné au début du mois de septembre dernier au Salvador. Christian Poveda venait d'achever le film documentaire "La vida loca" qui sort ces jours-ci sur les écrans en France (voir les vidéo au bas de ce billet).

Ce documentaire est consacré aux Maras. Construits sur le modèle des gangs de Los Angeles, les Maras sont des groupes de jeunes tatoués qui sèment la terreur dans toute l'Amérique centrale. Après un an de tournage, Christian Poveda "propose une plongée dans les banlieues de San Salvador, dans le quotidien des membres d'une armée invisible, nouveau fléau mondial qui détruit par la violence aveugle les principes démocratiques et condamne à mort une jeunesse privée de tout espoir d'avenir".

Christian Poveda a été assassiné au Salvador. A 54 ans, il a été abattu de quatre balles dans la tête le 2 septembre dans une banlieue de la capitale par des membres de la "Mara 18", un des gangs ultraviolents du Salvador sur lequel il avait travaillé, selon la police.

Pour évoquer le travail de Christian Poveda et les risques que le journaliste a pris, je recevrai son confrère et ami Alain Mingam qui était en liaison avec lui quasi quotidiennement ces derniers mois pour préparer la sortie du film. Vous pouvez lui adresser vos questions dans les commentaires de ce billet.

[Photo: Christian Poveda]

Egalement:

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Commentaires

  • Que tous les journalistes se sentent touchés par cet acte ignoble et condamnable
  • Je suis etudiant en journalisme en republique democratique du congo. J'evolue dans un organe de presse specialisé des questions judiciaires.
    1. Donc, si notre confrère se fait abbatre par ceux là meme sur qui il a realisé le film; et nous autres qui couvrons les procès penaux; ne sommes nous pas exposé si le juge tranche l'affaire en defaveur d'une partie?

    Cette crainte ne decourage pas surement!

    2. N'y a t-il personne à qui il aurait fait des confidences sur ses assasins? ou des menaces qu'il aurait subit?

    3. Quels sont les temoignages des journalistes de cette region suite à l'assassinat de Poveda?
    Merci de repondre à ma question

    Cette question concerne la RFI
    Que fait la RFI pour le retablissement de son signal dans mon pays. Je suis obligé de me connecter sur internet pour suivre l'emission, vous savez dans notre pays, l'internet c'est pas de l'eau du fleuve.
  • Bonjour Philippe, salut à tous !

    En espérant n'être point en retard dans la transmission de mes questions, et pour comprendre le cas de C.Poveda et tout le drame que vivent les journalistes dans l'exécution de leur tâche, je souhaite ici être éclairé sur ces faits:
    - Quels intérêts ont guidé la prise d'un tel risque par ce journaliste?
    - Comment peut-on situer les responsabiltés de ses supérieurs (s'il travaillait pour un organe de presse ou autre ) dans la survenue de ce triste événement? A qui profiterait bien le crime, comme ont souligné d'autres membres de l'ADM?
    - Au Salvador, serait-on dans une jungle pour que cela puisse ainsi se passer ? D'ailleurs quelle est la situation générale de la presse dans ce pays?
    - Etait-il au courant des risques qu'il courait en traitant pareil sujet ?
    - Quelles perspectives pourrait-on envisager pour assurer une sérieuse bonne protection des journalistes dans ce pays?
    - Puisque le gang suspecté est bien connu, pourquoi aucune action n'a pas encore été prise pour sanctionner et bien corriger ces malfrats?

    Merci et bonne émission!
  • Bonjour Philippe;

    Est ce que les circonstances sur l'assassinat de Christian Poveda ont été clairement élucidée?
    Savait-il qu'il évoluait dans une zone de non sécurité?
  • Bonjour.
    Christian Poveda, que le ciel t'ouvre grandement ses portes. Tu n'es pas le premier travailleur a obteni comme salaire la mort. Beaucoup de tes confrères sont passés par-là. On dit que le journalisme c'est le quatrième pouvoir. Certes. Mais est-ce que les detenteurs de ce pouvoir l'utiliser en toute liberté pour mettre à la disposition de l'homme les informations sur les choses qui se passent dans la nuit? La réponse à cette question est loin d'être positive. Début le 29 juillet 1881 date de l'independance des medias, on peut dire que rien ne veritablement fait pour la sécurité du journaliste. Les textes donnant le droit de communiquer librement ne suffisent pas pour la sécurité du journaliste. En Afrique par exemple, les medais ne jouent presque plus leur rôle car il reste encore sous l'infuence des autorités qui ne tardent pas à fermer avec leurs raisons tordues les sociétés de medias lorsqu'une informations concernant ces choses qui font dans le noir. Equinoxe Tv (télévision privée à Douala Cameroun), Magic Fm (Radio privée à Yaoundé Cameroun) ont été victime. Heureusement pour ces deux, leur situation a été reglée. Mais Sky One Radio (Radio privée à Yaoundé) fermée à cause d'une emission visant à mettre à jour la vérité, reste encore fermé. Lorsque le journaliste detient une information concernant la corruption, le detournement de fond publics... Les journalistes des medias publiques ne font rien de plus que vanter les valeurs du rigime. Ils n'ont presque pas la parole. ils ne disent pas toujours ce qu'ils pensent mais ce qu'on les chefs pensent. Ils n'ont pas seulement peur d'être renvoyés mais aussi d'être tués. Certains auditeurs et telespectateurs pensent que les medias privés camerounais par exemple sont corrompus. S'ils le sont, c'est pas qu'ils n'ont pas de choix. Les pouvoirs les obligent à marcher comme ils veulent. Ils ont un rytyme à suivre. Voilà pourquoi les journalistes têtus sont tués. Voilà Christian Poveda qui se battait pour mettre dans la lumière les choses qui se passent dans le noirs en Amerique Centrale, qui a reçu quatre balle comme salaire. Que son âme se repose en paix. Il n'ya de travail sans risque. Que le journaliste qu'il est exposé.
  • Bonjour Philippe, "je devais commencer par là mais ma souris a été plus rapide et elle a oublié les bonnes manières".
    Deuxième question à M.MINGAM : " Trois années de dur travail récompensées par une mort subite et sauvage. Que pensez-vous que l'on puisse faire pour honorer le travail de cet homme?
  • Carole Solive, productrice de "La vida loca", a expliqué à l'Associated Press qu' "il (Christian POVEDA) a eu tellement d'aisance quand il a tourné, qu'il n'a pas mesuré qu'il y avait une violence qui allait se retourner contre lui. Le crime peut venir de partout, du gang, des politiques, de la police". Article du Nouvel Observateur
    Sans indexer personne, selon vous M.Mingam, à qui profite ce crime ?
  • Avait-il conscience d'un danger particulier qu'il aurait pu courir en travaillant sur ce sujet? Se sentait-il menacé?
This reply was deleted.

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...