Voice of the People, une radio clandestine du Zimbabwe

Écoutez le reportage (20 min. et 52 sec.)


Depuis 10 ans, la Radio Voice Of the People (VOP) parvient à diffuser une information indépendante au Zimbabwe, un des pays les plus fermés au monde. Valentine Girroy, notre reportrice, est allée sur place, il y a quelques semaines, pour en savoir plus sur le métier de journaliste dans le pays. Elle voulait voir si la situation des médias a changé depuis la mise en place d’un gouvernement d’union, il y a presque deux ans, en février 2009. L’accord de partage du pouvoir, signé par Robert Mugabe et son principal opposant Morgan Tsvangirai, spécifie bien que les deux partis doivent œuvrer pour une plus grande liberté de la presse.

S'il y a eu des progrès dans le secteur de la presse écrite (plusieurs quotidiens et hebdomadaires ont été autorisés à paraître à nouveau l’année dernière après des années de censure), dans l’audiovisuel, rien n’a changé. La ZBC, la Zimbabwean Broadcasting Corporation, outil de propagande de la Zanu-PF, le parti de Mugabe, domine le paysage. Seule sa télévision d’état et ses quatre stations de radio ont le droit d’émettre. Malgré cela, les Zimbabwéens peuvent tout de même s’informer autrement, grâce à quatre radios “indépendantes”, “illégales” au Zimbabwe, des radios devenues très populaires. Valentine est allée à la rencontre des journalistes d’une de ces radios, la radio Voice of the people, la voix du peuple. Une radio financée par différents organismes de défense de la liberté d’expression, qui fonctionne grâce à une trentaine de pigistes à travers le pays.


Un auditeur de radio Voice of the people dans un village au Zimbabwe avec son poste à énergie solaire qui capte les ondes courtes qui lui a été donné par des organismes de défense de la liberté d'expression. (par Valentine G.)


Sur le terrain, la pression est réelle. Ses reporters travaillent officiellement pour des publications autorisées, et officieusement pour la radio voice of the people. Certains d’entre eux ont été récemment arrêtés. Le ministère de l’information est toujours aux mains de la Zanu-PF qui n’a aucune intention de diversifier le paysage radiophonique. Car la radio reste très souvent le seul moyen de s’informer pour la plupart des Zimbabwéens qui vivent dans les campagnes : une grande partie de la population n’a pas accès à la presse, et sans électricité, dans les villages, rares sont ceux qui parviennent à faire marcher une télé, par contre, même dans les zones les plus reculées, les petits postes de radio eux peuvent fonctionner.

Vous pouvez écouter le reportage de Valentine ci-dessus et réagir ou poser vos questions ci-dessous.



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Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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