J'ai visité l'immeuble vert d'Hyderabad

Quand j'étais à Hyderabad, dans le sud de l’Inde, j'ai vu un curieux immeuble « Vert » qui mérite le détour. Les détails dans cette chronique audio et dans le corps du texte.

Quatrième ville de l’Inde par le nombre d’habitants, Hyderabad ressemble à toutes ces villes du sud qui attirent beaucoup de monde très vite et dans laquelle on survit au rythme des pétarades des cyclo-pousses à moteurs. Pour l’étranger qui débarque tout effort pour la « verdir » semble une cause perdue.
Heureusement tout le monde n’est pas d’accord. C’est ainsi qu’a été construit un immeuble vert pour héberger le siège local de la Confédération des Industries Indiennes.


Un immeuble pour une agglomération de 9 millions d’habitants, ça semble bien peu…

C’est ce que je croyais au départ. Car, isolé au bord de Hitec City, un quartier en pleine croissance, le Sohrabji Godrej Green Business Centre fait figure d’oasis au milieu du désert urbain.
Une partie des toits est couverte de pelouses qui isolent les étages du dessous et réduisent les besoins en air conditionné. Le reste est surmonté de panneaux solaires qui fournissent 20% de l’énergie dont l’immeuble a besoin. Deux tours captent l’air matinal qui est ensuite rafraîchi avec des dispersions d’eau avant d’être réinjecté dans le système. Enfin, les bureaux sont orientés de façon à bénéficier au maximum de la lumière du jour. Aucune eau ne sort du building. Tous les liquides sont recyclés dans l’entretien du jardin. L’ensemble dispose de citernes pour recueillir la pluie. Les plantes ont été choisies pour leur faible consommation en eau. La plupart des matériaux utilisés proviennent de la région. Une bonne partie provient de produits de recyclages.


Selon Anand Muthukrishnan, Conseiller Principal du centre (et du Indian Green Building Council):
« La construction a deux bénéfices tangibles : nous consommons 40% d’eau fraiche et 25% d’électricité de moins que les constructions ordinaires. »

Les TIC fonctionnent « comme le tableau de bord d’une voiture et nous fournissent en temps réel les données permettant de mieux gérer la consommation. »

Nous avons tous entendus parler de construction de ce genre. S’agit-il, dans ce cas d’un modèle indien ou venu d’ailleurs ?


Inauguré en 2004, le site s’est inspiré de certaines recommandations du LEED, ((or Leadership in Energy & Environmental Design)) une initiative américaine pour encourager le développement des constructions vertes qui sert de référence dans de nombreux pays.
Mais les Indiens ont eu à cœur, comme ils m’ont dit « d’indigéniser » le modèle.
LEED-India fournit aux propriétaires, architectes et développeurs du pays « les outils dont ils ont besoin pour concevoir, construire et gérer des immeubles verts » en tenant compte des conditions locales.
La ventilation transversale naturelle, par exemple, est courante dans le pays.


L’initiative contribue-t-elle à « verdir » les villes du sous-continent ?


Cette initiative de la Confédération des Industries Indiennes a été conçue pour promouvoir la construction d’immeubles verts, puis d’usines vertes et ensuite de quartiers et de villes verts en donnant l’exemple.
Quand je lui ai posé cette question de l’impact, Anand, le conseiller que j’ai déjà cité, m’a répondu :
« Quand on leur parle de quelque chose qu’ils ne connaissent pas, les Indiens demandent qu’on leur montre comment ça marche. C’est pour ça que nous avons construit cet immeuble car nous étions convaincus qu’en le voyant fonctionner d’autres suivraient. De fait plus de 2400 projets ont été lancés dans le pays en appliquant les mêmes règles. »
Il s’agit en fait d’une approche par le petit. Les micro projets peuvent avoir un impact plus positif que les grandes réalisations. Nous retrouvons ainsi, dans un tout autre contexte, la notion d’acupuncture urbaine évoqué la semaine dernière à propos de Curitiba au Brésil.

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Francis Pisani
@francispisani
Perspectives on innovation, creative cities, and smart citizens. Globe wanderer. Distributed self. Never here. Rhizomantic.

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