Violences contre les journalistes en France (1/2)

Depuis quelques mois, les témoignages, les signaux, les alertes se multiplient qui dénoncent une violence de plus en plus grande des forces de l’ordre à l’encontre des journalistes en France. Rien de spectaculaire mais un état de fait qui s’installe discrètement et, semble-t-il, sans obstacle majeur.

Nous avons choisi, à l’Atelier des médias, d’explorer les violences auxquelles sont exposés les journalistes dans la couverture de manifestations publiques en France.

Nous avons recueilli, rassemblé, des dizaines de témoignages. Nous avons également recensé tous les cas connus de violences contre les personnes qui couvrent les manifestations publiques. Pendant deux semaines, nous allons vous livrer le fruit de cette recherche.

Ce texte est une adaptation écrite de notre émission portant sur les violences à l’encontre de journalistes lors de manifestations publiques en France. Il est issu d’un travail collectif de l’Atelier des médias avec un appui de Tomas Statius et Sarah Lefèvre de StreetPress.

Épisode 1 La Banalisation

NDLR : le son ci-dessus est la version longue de notre émission. Les autres, ci-dessous sont des bruts d'entretiens


Le 2 juin 2016,
Bruno Van Wassenhove était parti couvrir pour France 3 une des nombreuses manifestations organisées contre la loi travail à Rennes. Sur le terrain, il retrouve plusieurs collègues de la presse locale dont les photographes Emmanuel Brossier et Vincent Feuray. Après un défilé dans le calme, un petit groupe de manifestants décide de poursuivre la marche en direction de la rocade, ce périphérique routier qui entoure la cité bretonne. Après un jeu du chat et de la souris avec les policiers, quelques dizaines de jeunes arrivent sur la quatre voies.

C’est là que la situation dérape comme Bruno le raconte dans un texte publié quelques jours plus tard sur le site du club de la presse de Rennes et de Bretagne.

“Les policiers surgissent alors « comme des diables en boîte » des camionnettes, et à cet endroit-là, ils ne trouvent que nous à proximité. Emmanuel (Brossier) est immédiatement matraqué une première fois, par un policier, qui se dirige ensuite vers moi pour repousser violemment l’objectif de ma caméra, juste au moment où dans mon champ, un autre policier s’apprête à  tabasser une deuxième fois Emmanuel.”

Vincent Feuray est photographe de presse. Ce jour là il porte comme Emmanuel Brossier, le premier photojournaliste matraqué, un casque de protection. Contrairement à Emmanuel qui n’a écrit PRESSE que sur la partie arrière de son casque, Vincent a soigneusement découpé des lettres qu’il a collées à l’avant et à l’arrière de son casque pour indiquer sa fonction. C’est exactement là, sur “presse”, qu’il a été matraqué par un policier qu’il n’a pas eu le temps d’identifier.

Bruno qui est encore sous le choc des coups portés à Emmanuel se retourne et voit, au loin, Vincent gisant sur le bitume de la rocade.

 

Sans images, ces événements du 2 juin 2016 seraient passées inaperçus et leur récit aurait inspiré une inquiétude modérée. Il faut dire que sur le papier, ils sont d’une gravité relative. Personne n’a été blessé lourdement et les policiers étaient certainement débordés par l’arrivée des manifestants sur la rocade.

La force des vidéos est de montrer la violence réelle de ces scènes: l’exaspération, le stress, la panique, la peur, l’énervement des professionnels de l’information qui ne font que couvrir des événements. Les journalistes bousculés et frappés ce jour là ne sont pas au milieu de manifestants violents. Ils portent tous du matériel ou des insignes qui permettent de les distinguer.

  

Des signaux faibles

Première étape de cette enquête, Rennes. Vincent Feuray, le journaliste que l’on voyait à terre dans une vidéo a accepté de me rencontrer. Il m’accueille chez lui m’offre un café et me raconte son histoire.

Il m’explique qu’il s’est lancé récemment dans le photojournalisme après avoir été commando de l’air dans l’armée française. Il a commencé au moment des manifestations consécutives à la mort de Rémi Fraisse. Petit à petit, selon Vincent, les relations avec les forces de l’ordre se sont tendues ; particulièrement pour les jeunes professionnels comme lui qui n’hésitaient pas à être au coeur de l’action.

Dans la mesure où ses revenus tirés de la photographie ne lui permettent pas de vivre de son travail, Vincent ne peut bénéficier de la carte de presse. Pour certains policiers, c’est un prétexte pour l’empêcher d’accéder à certaines zones ou de sortir de périmètres bloqués en le considérant comme manifestant.

La concertation

Durant l’année 2015 la tension entre journalistes et forces de l’ordre va donc croissant dans la région rennaise et c’est à cette période que le club de la presse de Rennes et de Bretagne, organisation qui regroupe les journalistes locaux, décide de réagir par la concertation. C’est ce que m’explique sa co-présidente Julie Lallouët-Geffroy. Le club organise d’abord une réunion entre ses membres. Une trentaine de personnes sont présentes et racontent leurs déconvenues avec des manifestants ou des agents de police. Tous expliquent que ces tensions nuisent à leur travail, empêchant dans certains cas, une couverture équilibrée.

Julie et ses collègues décident d’organiser des rencontres avec des représentants de l’Etat, préfecture, police… et d’autres réunions avec les syndicats. Le dialogue se passe au mieux avec les syndicalistes qui accueillent avec intérêt les préoccupations des professionnels de l’information.

Du côté des forces de l’ordre, on prend acte des inquiétudes de la presse et écoute avec intérêt les précisions sur le caractère particulier de la carte de presse qui exclut, par ses règles d’obtention, de nombreux journalistes indépendants.

Par la suite, les relations s’améliorent avec les syndicats, mais avec la police, elles touchent le fond, le 2 juin 2016.

Une manifestation bon enfant

Retour chez Vincent qui me montre ses images du 2 juin 2016. Il fait défiler les clichés du rassemblement pacifique devant la préfecture, puis les photos des jeunes qui ont décidé d’aller envahir la rocade à quelques centaines de mètres. Ses images s’interrompent juste après l’arrivée de la police, quand il reçoit un coup de matraque. Il m’explique que depuis ces événements, il ressent de la peur. “Être avec un appareil photo ou une caméra, fait de nous des cibles, des dangers, pour certaines personnes.” Je suis assez étonné de l’emploi du mot peur par un homme qui a participé à plusieurs guerres dans le passé. “La peur n’est pas la même, me répond Vincent, dans ce cas il s’agit d’une institution qui agit en toute impunité malgré le dialogue que nous avions amorcé”.

Juste avant de quitter Rennes,  j’ai rendez-vous avec Emmanuel Brossier, premier journaliste frappé par les forces de l’ordre le 2 juin, seul cas où le responsable des coups est identifiable. Quand on regarde la vidéo qui montre la scène, on note que l’intervention des forces de l’ordre se fait dans l’urgence et la précipitation. Difficile de savoir si le policier qui frappe Emmanuel se rend compte qu’il cible un journaliste. Ceci d’autant plus qu’Emmanuel a inscrit le mot Presse à l’arrière de son casque de protection, donc dans une zone peu visible pour les agents. Je l’interroge donc sur les circonstances.

Pour Emmanuel, les policiers qui l’ont frappé le connaissaient et ont pu l’entendre hurler “presse” à plusieurs reprises. La plainte qu’il a déposée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a, toutefois, été classée sans suite. Comme celle qu’a déposée Vincent Feuray.

Le Club de la Presse de Rennes a quant à lui saisi le défenseur des droits. Le dossier est toujours en cours d’instruction.

A la suite de mon passage à Rennes, j’ai tenté d’entrer en contact avec la préfecture d'Ille et Vilaine ainsi que l’IGPN qui n’ont pas répondu à mes demandes.

Je repars avec plusieurs hypothèses de travail :   :

  1. Les manifestations contre la loi travail en 2016 ont révélé une dégradation des relations entre les journalistes et les forces de l’ordre qui remonte au moins à 2015.

  2. Pour des raisons liées à leur support, l’image, les photographes et cameramen sont les plus susceptibles de recevoir des coups délibérément ou accidentellement lors de manifestations

  3. Le statut des journalistes joue un rôle et plus particulièrement la possession ou non de la carte de presse. Ceci d’autant plus que depuis deux ans des techniques comme les nasses impliquent, par ricochet, des contacts et des contrôles des journalistes ou assimilés par les forces de l’ordre.

Reste maintenant à déterminer si ces éléments sont propres au contexte rennais ou s’ils sont présents sur l’ensemble du territoire.

Les enquêtes précédentes

Cette enquête s’inscrit dans la continuité de plusieurs autres travaux d’investigation. Nous rencontrons certain(e)s de leurs auteurs pour avoir une idée plus précise de l’ampleur du problème.

Le 31 mai dernier, Amnesty International a publié un rapport qui rappelle à l’État français que manifester n’est “pas une menace mais un droit”. Le document liste des dizaines de cas de violences policières pour l’année 2016. Un paragraphe est même consacré aux violences à l’encontre de la presse; il raconte les mésaventures de plusieurs professionnels. Parmi les recommandations finales d’Amnesty  on peut lire :

“Les représentants des forces de l'ordre doivent respecter et protéger [...] la possibilité donnée aux journalistes et aux cinéastes de documenter les manifestations, y compris dans les cas où les représentants des forces de l'ordre font usage de la force.”

Un an auparavant c’était l’Action chrétienne contre la torture et la peine de mort (ACAT) qui publiait un rapport sur les violences policières en France. Son titre “l’ordre et la force”.Pour son auteure, Aline Daillère, un phénomène de violence a émergé autour de l’année 2016. "Côté manifestants, explique-t-elle, il y a un mouvement de fond qui ne date pas d'il y a un an. Au niveau des forces de l'ordre en revanche, c'est plus récent. J'ai l'impression que c'est lié à l’Internet, au fait que tout le monde filme, prenne des photos. Les forces de l'ordre disent souvent qu'elles se sentent harcelées par les journalistes qui sont très près, en première ligne."

D’autres éléments permettent de comprendre les tensions et les violences qui ont émaillé les mouvements sociaux des derniers mois. Pour Aline Daillère, l'utilisation de nouveaux équipements et de nouvelles techniques de maintien de l'ordre contribue à tendre la situation encore plus. “Ces dix dernières années, précise-t-elle, l'usage de flash-balls, de grenades de désencerclement et de lanceurs de balles de défense a occasionné un nombre très importants de blessés graves et un nombre encore plus important, et non comptabilisé, de blessés moins graves.”

Plusieurs enquêtes journalistiques font également état d’une recrudescences des violences à l’encontre des journalistes en France.

Le 3 mai 2016, David Perrotin signait dans Buzzfeed un billet intitulé  «Nuit  Debout»: les journalistes indépendants, autres victimes collatérales de la police”. L’article répertorie une dizaine de cas de violences infligées à des journalistes ou des personnes qui couvraient le mouvement nuit debout au cœur de la capitale française au printemps 2016. Il est issu d’un travail de recensement global des violences policières pendant le mouvement nuit debout. Nous parlions presque tous les jours des violences policières en conférence de rédaction. Mais nous pensions qu'écrire plusieurs papiers sur le sujet ne serait pas très lisible pour le lecteur. Donc nous avons eu l'idée de faire un tableau et de recenser, par catégories, tous les faits liés à des violences policières. “

En centralisant les informations dans un tableur, David s’est rendu compte que sur les 51 cas de violences dont il a eu connaissance, 14 concernaient des journalistes, photographes ou blogueurs. Une proportion qui ne laissait pas de doute sur le fait que les personnes qui couvraient ce mouvement s’exposaient, plus que d’autres, à des violences. David a donc creusé cette question ce qui a donné lieu à son papier sur les journalistes indépendants. Pour lui, Il existe “une inégalité de traitement entre les journalistes indépendants, non rattachés à une rédaction, et qui souvent n'ont pas de carte de presse, et les autres journalistes”.” Ne pas avoir de carte de presse, explique-t-il c'est s'exposer à une confiscation de matériels de protection ou un refus d'accéder à une manifestation, voire même parfois, une injonction de supprimer des images…”

Olivier Tesquet de Télérama a publié, quant à lui, un papier le 12 mai 2016 sur l’émergence de nouveaux types de médias et de journalistes à l’occasion de Nuit Debout. Un paragraphe était consacré aux relations tumultueuses de ces nouveaux journalistes avec les forces de l’ordre.

La dernière enquête sur le sujet date d’avril 2017. Elle est signée Tomas Statius pour StreetPress. Son titre “Journalisme en état d’urgence”. Le papier, est accablant pour les forces de l’ordre. Il évoque une dizaine d’histoires : tir de balles en caoutchouc, coups de matraques, fichages… Parmi les témoignages recueillis par StreetPress, il y a celui de Thierry Vincent qui raconte ce qui lui est arrivé en mai 2016 alors qu’il filmait pour l’émission envoyé spécial une manifestation Place d’Italie à Paris  :

L’auteur de cette enquête, Tomas Statius, nous a expliqué qu’il avait l’intuition de ce sujet depuis longtemps. “Des confrères nous rapportaient des brimades à l'égard des journalistes lors des mouvements sociaux qui ont eu lieu au printemps dernier. Certains racontaient des confiscations de matériels, des demandes répétées de leur carte de presse, des difficultés pour prendre des photos... “ Au départ, Tomas pensait que le phénomène ne touchait que des journalistes indépendants mais plus il avançait dans l’enquête, plus il réalisait que tout le monde était touché : journalistes de télévision, presses écrite, jeunes, vieux, avec ou sans carte de presse. “Nous avons compris deux choses en travaillant sur le sujet : ce phénomène était beaucoup plus étendu que ce que nous pensions. Et malheureusement, il était accepté comme un risque du métier par les confrères qui ont en partie intériorisé cette violence."

Après avoir recueilli plusieurs témoignages de photographes expliquant que le fait de ne pas posséder la carte de presse est un frein à leur métier, j’ai contacté la CCIJP, la commission en charge de cette pièce d’identité des journalistes professionnels. Sa présidente m’a répondu qu’elle manquait de temps pour me recevoir et m’a rappelé les conditions légales d’obtention de ce sésame devenu un outil de discrimination entre les journalistes gagnant suffisamment d’argent pour vivre de leur travail et les autres.

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Dans ma recherche de documents relatant des violences contre les journalistes, un dernier texte attire mon attention. Il date du 23 juin 2016 son titre “Reporters indépendants, nous vivons la précarité et la répression”

Cet appel, où l’on sent de la rage, résume et confirme les éléments observés jusque maintenant par notre équipe. Il est co-signé par le photojournaliste Yann Lévy qui me donne rendez-vous à Pantin dans les locaux du magazine fumigène. Quand j’arrive il est en compagnie de Valentina Camu, Nnoman Cadoret et Julien Pitinome, tous trois photographes et co-auteurs avec lui d’un livre album intitulé États d’urgences . Ils sont là pour faire le point sur ce travail et pour me parler. J’explique au petit comité que je m’intéresse aux violences policières à l’encontre des journalistes. Yann recadre immédiatement notre conversation. “Je ne parle pas de violences policières, mais plutôt de violences D’État.” Pour lui,  La police n'est qu’un bras armé qui exécute des ordres ou obéit à une tendance insufflée par l’appareil D’État. “ On pourrait croire que la violence policière est le fait isolé d'individus qui pourraient déraper, précise-t-il, mais pour moi il y a une volonté politique.. “ Il me détaille ensuite les conditions dans lesquelles lui et ses confrères couvrent les manifestations en France : contrôles d’identité, confiscation de matériel de protection, menaces, injures… A ses yeux,  “ il y a une volonté d'empêcher de produire des images et de témoigner de ce qu'il peut se passer en manifestations. “

Je me rends compte, en passant du temps avec Yann et ses collègues, qu’un fossé est en train de se creuser entre une partie, jeune, extrêmement dynamique et déterminée de la presse, et l’appareil D’État représenté par les forces de l’ordre. Je fais cependant remarquer à mon interlocuteur que les violences contre les journalistes ont très majoritairement lieu lors de manifestations déjà violentes, où il y a des affrontements entre policiers et manifestants. Ce qui laisse supposer qu’il n’y a pas de volonté délibérée ou préméditée de s’en prendre à la presse.

“Dans nos pratiques, il nous arrive de partir en groupe, pour se protéger. Parce qu'indépendamment des violences qu'il peut y avoir pendant la manifestation, il existe aussi des risques autour de la manifestation. En partant seul, on s'expose, par exemple, à des contrôles qui peuvent déraper... “

Quelle ampleur pour le phénomène ?

Nos rencontres, nos lectures, les entretiens menés par l’équipe de l’Atelier, tout tend à montrer qu’il existe un problème multiforme lié à la couverture de manifestations en France et aux risques encourus par les professionnels et, disons, les amateurs de l’information. Tous deux partageant le droit d’observer, couvrir, filmer, photographier et analyser les manifestations publiques en France et les agents de police ou de gendarmerie lors d’opérations de maintien de l’ordre.

Pour la majorité des observateurs, ce phénomène s’est concentré sur l’année 2016. Quelle est son ampleur? Est-il encore d’actualité ? Pour en savoir plus, je me rends au siège de Reporters sans frontières. Leur classement 2017 a permis à la France de gagner 6 places passant de 45 à 39 mais la note globale du pays a baissé ce qui veut dire que la situation s’est aggravée. Le texte qui détaille le cas français est d’ailleurs éloquent :

“Une recrudescence de pratiques violentes des forces de l’ordre contre des reporters, à l’occasion des manifestations contre la loi travail ou du démantèlement de la jungle de Calais, a été observée.”

Paul Coppin est Responsable du pôle juridique de RSF. A ses yeux, “il semble y avoir une tendance à la banalisation de la violence policière de faible intensité. Une banalisation de la violence qui vise délibérément les journalistes.”

Quand je demande à Paul s’il dispose de données, de chiffres permettant d’étayer ce sentiment . Il m’explique que son organisation ne centralise pas, à sa connaissance,  les différents cas connus. Après vérification auprès d’autres sources, il semble clair que personne n’a encore fait de travail de recensement des violences à l’encontre de journalistes lors de manifestations publiques en France. C’est une des tâches que nous allons nous assigner. Lire le second volet

Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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