La ville intelligente comme média

Voici un sujet de réflexion qui va occuper une bonne partie de mes vacances d’été : la ville intelligente comme média.  Nous parlons souvent de la ville intelligente. Le concept initial consiste à dire que ce sont des villes bardées de technologies de l’information. Mais certains critiques insistent sur la nécessaire participation citoyenne.

Il existe aujourd’hui un nouveau champ lexical pour évoquer les villes intelligentes. On parle de New City (ville nouvelle), de Living City (ville vivante), de Sustainable City (ville durable), de Connected City (ville connectée), Wise City (ville savante), DIY City (ville “auto-fabriquée”), Collaboraticity (participa-ville).

La vrai question est en fait : qu’est-ce qui nous importe dans tout ça? Carlos Moreno en parle autour de 5 invariants, des éléments qu’on retrouve dans toutes les villes malgré leurs évidentes diversités : l’infrastructure, les espaces publics, la politique pour le bien commun, l’ubiquité des technologies de l’information et des connexions qu’elles permettent et, enfin, les citoyens.  Le tout se situe dans un rapport complexe. Cela veut dire que chacun de ces éléments doit être pris séparément mais aussi dans les multiples rapports qu’il entretiennent entre eux.

Je me demande si nous ne gagnerions pas quelque chose à envisager carrément la ville, celle qui commence à compter sur les technologies de l’information, comme média. L’idée générale est que ce qu’on appelle la ville intelligente est dotée d’outils de communications qu’on trouve partout:

  • L’infrastructure, qui repose sur le haut débit par fibre optique ou par 4G de plus en plus.

  • L’Internet des objets, qui s’envoient des messages sans arrêt.

  • Les citoyens, qui se déplacent et accèdent à l’information partout où ils se trouvent mais qui communiquent aussi.

  • L’importance connue des réseaux sociaux

Ainsi, tout le monde ou presque peut s’informer, s’informe ou communique en permanence. Manuels Castells disait déjà, il y a vingt ans, que les flux d’information comptaient autant que les flux de personnes ou de marchandises. Cela conduit autorités et institutions à communiquer plus et à fonctionner dans une transparence croissante.

En clair, citoyens, entreprises et municipalités deviennent sources d’informations qui sont accessibles par tous et par toutes. Je me demande donc si nous n’y gagnerions pas à considérer la ville, la ville intelligente, la ville qui cherche à le devenir, comme un média.

Une telle lecture implique que la gestion et l’approche de l’information dans les villes, de sa circulation, des droits et des libertés qui y sont attachés, doivent être abordés différemment.  Il faut les aborder en tenant compte de ce que nous savons des médias et de la communication. La ville elle-même devient un défi pour les médias traditionnels.

Crédit photo: Flickr CC / Alan Lam

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Francis Pisani
@francispisani
Perspectives on innovation, creative cities, and smart citizens. Globe wanderer. Distributed self. Never here. Rhizomantic.

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