Annoncée très indécise, la présidentielle du 13 mars a livré un verdict impitoyable pour l’opposition qui consomme un K.O historique et thérapeutique. Le président candidat passe sur les roulettes au premier tour avec plus de 53% des voix.

Cette belle victoire apparemment étonnante fait jaser au point de sortir le principal challenger de Yayi Boni, l’éternel perdant Adrien Houngbédji, de sa réserve. Pour sa cinquième défaite à la présidentielle, "l’homme arc-en-ciel", aujourd’hui sous le parapluie de l’Union fait la Nation (UN) a achevé ses illusions dans la douleur.

Et pourtant, le K.O était prévisible sans vraiment adopter les consciences. A force de banaliser l’évidence, les politiciens de l’opposition laissaient grossir leur rêve. Une question s’impose à l’heure de l’avènement du K.O. Comment Boni Yayi en est-il arrivé à réaliser l’exploit ?

Le principe du K.O exige l’absence de faiseur de roi et le face à face entre deux candidats poids lourds. Dans un passé dont la pédagogie est prise en charge par l’histoire électorale de la démocratie, Adrien Houngbédji et Amoussou Bruno arbitraient le duel Kérékou -Soglo et rendaient inévitable le second tour. Pour le vote du 13 mars, Abdoulaye Bio Tchané s’est plutôt révélé une illusion dans les urnes au moment où les menus fretins justifiaient leur statut. Du coup, le face-face Yayi-Houngbédji portait la promesse et la charge du K.O. Le poulain de l’UN a fait les frais du vide, impuissant à se rendre meilleur.

Boni Yayi ne s’est pas contenté de la prime du sortant et a constamment soigné son avance sur le candidat unique de l’Union fait la Nation. Son bilan a généreusement plaidé pour une réélection haut de gamme. C’est dans le social, son marigot de prédilection, que le leader du Changement a assommé l’opposition. Boni Yayi a pu se forger une réputation rayonnante, celle du Président du peuple. La gratuité de la césarienne a accouché de mères heureuses et de familles épanouies avec de nombreuses vies humaines sauvées. Boni Yayi peut gérer la fierté d’avoir mis fin à l’hécatombe dans les salles d’accouchement. La gratuité de l’enseignement acquise sur une gradation conséquente durant le mandat laisse des points importants au marquoir du Président candidat. Les micro finances, au cœur de la politique de lutte contre la pauvreté, ont dispensé leur vertu et assuré la nécessaire thérapie de l’indigence. Les micro- crédits aux plus pauvres constituent le principal levier de l’éclatant succès de Boni Yayi. Aux performances sociales, s’ajoute la réalisation éloquente d’infrastructures. L’enchainement dans le Bien a mis le Chef de l’Etat à l’abri de la foudre injuste de la cohorte de politiciens rejetée par le peuple en 2006.

Les effets du bilan élogieux sont amplifiés par la campagne électorale. Le discours social et ambitieux du Président candidat bénéficie du poids de l’expérience. La preuve de l’efficacité apportée dans l’exercice du pouvoir donne à Boni Yayi le gain de la crédibilité. L’opposition sans inspiration et minée par l’obsession du pouvoir s’est confinée dans une campagne stérile et calamiteuse. Son projet, un mélange mal dosé de plagiat et de démagogie est vicieux. Au-delà des refrains hilarants d’ordinateurs et de milliards aux communes, Adrien Houngbédji a repris les thèmes forts de Boni Yayi donnant l’impression de quémander un mandat juste pour achever l’œuvre de son prédécesseur. Il a mal joué sur le terrain social et validé maladroitement le programme de Boni Yayi. Au fait, l’opposition improductive s’est investie inconsciemment à rendre hommage à Boni Yayi. Sans la troupe immature de l’opposition a assuré son propre suicide. Ses cartons rouges brandis anarchiquement, sans conviction et sans proposition ont été contre-productifs. Les paroles pleines d’onction ont en revanche mis d’emblée Boni Yayi dans la posture de père de famille et d’homme de paix. Il a l’art de créer la contagion de la joie et de vendre l’espoir abandonnant ses adversaires à promener le miroir de la peur. Son discours tranche avec les envolées belliqueuses de politiciens voués aux gémonies réduits à des prédictions apocalyptiques. L’opposition a été aussi sanctionnée pour son aigreur mal masquée.

Autres facteurs de la dégringolade aveugles des opposants contre les partisans du pouvoir et le choix mal mûri de Houngbédji d’être absent dans la partie septentrionale du pays pendant la campagne électorale. Le mouvement Un a justifié son caractère régionaliste. La procuration déguisée donnée à ABT s’est noyée.

On ne devrait rien attendre de gens unis qui dégagent une onde négative. Le peuple a finalement compris que le projet de société de l’opposition se résume en une seule formule : "chasser Yayi". Pour aboutir à cette fin malsaine, les anti-Yayi avaient recruté les repris de justice. UN, assemblage de pièces incompatibles, rouillées n’était pas vendable sur le marché électoral. Le peuple a moissonné le blé par ce K.O. assortie de carton rouge.
Source: Le Matinal
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