Un Bédouin du Wadi Rum

Il m'avait demandé de parler de lui à mon retour en France chose promise Majed Salem Al Zalabieh la trentaine issue de la légendaire tribu bédouine des Zalabieh ce nom ne vous dis rien pourtant souvenez vous le film Lawrence d'Arabie s'était grâce à son grand père que la réalisation de ce chef d’œuvre du cinéma à pu se faire dans lequel d'ailleurs il joue. Nous sommes installés sous la tente familiale autour d'un thé on se regarde dans le silence il me fixe coiffé de son keffieh rouge et blanc comme si il essayait de lire dans mon regard mes pensées afin de savoir si cet occidental assoiffé de curiosité valait la peine d’être côtoyé.

Puis j’entame les premiers mots de la discussion combien de chameaux possèdes tu Majed ?

Des centaines me dit il cependant mon préféré se nomme Toyota et il consomme 15L/100

Dans un éclat de rire nous partageons une deuxième tasse de thé aux herbes avant de prendre le chemin du Wadi Rum.

Le Wadi Rum un immense territoire de 800 km2 entre l'Arabie Saoudite et l’Israël rejoignant la mer rouge en Égypte composé de montagnes rocheuses granitiques puis de sable fin de couleur rougeâtre.Bienvenue dans la maison des bédouins en Jordanie.

Seulement voilà tous n'est pas si rose ces derniers temps,on s’inquiète chez les Zalabieh de plusieurs choses .

La première l'environnement et les problématiques climatiques qui détraquent la faune et la flore mais surtout de la chose la plus sacrée pour les Nomades à savoir l'Eau.

Car la région étonnement regorge d'eau sous le sable grâce à un système d’aquifère des nappes phréatiques poreuses qui fournissent le liquide sacrée.

Cependant cette denrée rare est abondement utilisée par les grands projets agricoles du pays qui ne se soucient guère du problème de réapprovisionnement de cette ressource pour la survie des populations bédouines et de leur troupeaux.

D'autre part les relations entre les bédouins propriétaires des terres ancestrales puis la Royauté qui représente l'état ne sont pas au beau fixe voire sous hautes tensions ces derniers temps.

Dans les régions méridionales, dites tribales, considérées comme acquises au roi, le pouvoir des notables qui exercent leur autorité en liaison étroite avec le régime est aujourd’hui mis en cause par des représentants de la nouvelle génération. » Phénomène en effet « inédit » dans le sens où le royaume hachémite de Jordanie semble avoir toujours considéré les tribus jordaniennes comme le socle de son pouvoir : dès ses débuts, que l’on peut faire remonter à la révolte arabe de 1916 menée par l’armée des Hachémites du Hedjaz, l’État s’est fondé sur l’allégeance des tribus. Aussi, cette relation politique entre les tribus et l’État peut être interrogée, ainsi que son évolution. Une évolution qui ne peut d’ailleurs pas être étudiée isolément des autres enjeux touchant la Jordanie et ses voisins au XXe siècle : le colonialisme, le mouvement de décolonisation, les conflits israélo-arabes et la lutte des Palestiniens.Malgré tout, ces dernières années, dans le contexte du printemps arabe, plusieurs contestations venant des tribus ont pointé du doigt le régime et dénoncé sa corruption. Mais comme le dit Majed les voix contestataires au sein des tribus sont celles « de jeunes gens éduqués qui se dissocient des intérêts particuliers de leur communauté et réclament une réelle démocratie en Jordanie. » Ces contestations ne semblent donc pas tant venir, pour le moment, de la part de communautés tribales dans leur ensemble que d’individualités sensibles aux espoirs démocratiques nourris lors du printemps arabe, et qui s’en font dès lors l’écho en Jordanie.En conclusion, un fil rouge se déroule tout au long de la période : il s’agit de l’appui constant de l’État sur les tribus. Néanmoins, cette bonne relation qui les lie semble parfois vaciller sous le poids des hésitations du régime hachémite. En effet, au cours du siècle, il a fallu repenser le tribalisme au prisme de l’État-nation, et trouver un compromis entre rêves nationalistes et attaches traditionnelles tribales, surtout un compromis qui réside dans la réaffirmation du tribalisme comme socle identitaire national, et qui semble avoir satisfait les tribus jordaniennes jusqu’à aujourd’hui.Qui plus est le tourisme en Jordanie va mal depuis les récents événements et divers attentats les occidentaux boudent les pays arabes et territoires musulmans par craintes de représailles ce qui ne facilite pas la tache des bédouins qui pour eux étaient une source financière complémentaire au travers de l'aide à la visite aux touristes sur leur territoire en leur vendant également leur artisanat remplacés pour la plupart par des objets d’imitations fabriqués en chine .Pour finir la problématique des territoires voisins qui ne cessent d'essayer de déstabiliser le pays à commencer par la Syrie qui envoie 500 réfugiés par jour aux frontières Jordaniennes ils seront 2,5 millions en 2016 à avoir regagnés la ville d'Amman.la crainte des bédouins est toute simplement légitime à savoir que le pays se retrouve sous l'emprise de terroristes assoiffés de pouvoir et de conquête avec une éventuelle déstruction d'un patrimoine hors du commun à savoir Pétra tout comme ils l'ont fait à Palmyre ou Bamyan en Afghanistan.

Propos recueillis par :Patrick Compas. Petra en Jordanie 2016.

Crédits Photos: @PatrickCompasallrightsreserved

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Patrick Compas le 12octobre 2017 .

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