Photographie extraite du numéro 198 du journal Al Mawkif

« Je leur ai dit »…la  gorge du vieillard se noue au souvenir de la visite des deux voyous à l’haleine chargée d’alcool (Ismail et Mohamed mabrouk)  » cette maison, c’est notre maison de famille, j’y ai grandi, et depuis la mort de mon père, nous y vivons, avec ma mère, vous comprenez…. vous aussi, vous avez une mère… quand on est un fils il reste cet honneur, travailler pour abriter et nourrir décemment celle qui vous a donné la vie , je ne peux pas la vendre, peut-être après ma mort, les enfants feront ce qu’ils voudront…… »

Mais si les frères mabrouk ont une mère, ils ne connaissent ni l’honneur, ni le respect, ni la bonté. Juste l’avidité  sans limites et cet amour maladif de l’argent dans le cœur et la tête.
Ce vieil homme digne n’est, pour eux, qu’un vulgaire obstacle, un moins que rien. « Que tu sois d’accord ou non, on le prendra ton gourbi, tu devrais nous remercier de te débarrasser, alors tu nous le lâches gentiment ou on te le prendra pour rien, tu n’es rien et ta maison elle finira comme ça », Ismail pousse la poterie de Nabeul devant lui et la brise.


Les deux frères se lèvent, ravis de la peur qu’ils lisent dans les yeux du vieillard, et s’en vont en ajoutant : « le quartier nous appartient déjà, demain le pays sera à nous et toi ta femme tes enfants et ta pute de mère, aussi vous serez à nous, nos employés, nos esclaves !

Le vieil homme ne finira pas ses jours dans sa maison de famille.  Comme la poterie de Nabeul, elle sera détruite après avoir été  incendiée par les hommes de main des Mabrouk. Un « accident inexpliqué » dont lui et sa femme sortiront, grâce à dieu, vivants. Vivants mais terrorisés. En 2001 , 5 ans après, la terreur immobilière de La corniche de la marsa, Al Mawkif essaie de publier leur histoire mais les chiens policiers de ben Ali aiment plaire aux mabrouk  qui les ont déjà amplement achetés, et le journal  c’est monnaie courante à l’époque, est saisi et ne paraitra pas.

 

 

 Dans ces temps d’argent qui coule à flots pour le pouvoir et ses familles alliées comme les Mabrouk, seul l’argent compte.  
La dignité d’un peuple fier et éduqué, l’héritage de l’indépendance, indépendance économique qui fait que tu ne demandes rien à personne , tout ça ,comme les maisons que les pères construisent pour leur famille , est réduit en cendres et changé en argent liquide qui finit dans les coffres sans fond des mabrouk, materi , trabelsi  chiboub, du clan des mafieux qui veut devenir maitre de tout le pays.
La privatisation a la Mabrouk,  c’est : ‘’tout ce qui est à toi est à moi’’ comme disent les télégrammes  diplomatiques Américains.

Mais dans l’ivresse de la révolution et la peur du lendemain la mémoire s’efface, les témoins meurent ou se taisent depuis si longtemps qu’ils perdent la parole et les registres et les archives brulent opportunément pour faire disparaitre toutes les preuves qui pourraient les incriminer…. Le bon peuple est alors accusé de piller leurs supermarchés… allez savoir !

Si on remonte un peu le temps, on peut revoir le film du pillage de l’héritage national par une bande de voyous  en col blanc qui apprennent la vie à travers  la télévision et dans les grandes écoles étrangères, payées à coup de millions.

Heureusement ils ne peuvent s’empêcher de montrer et d’étaler leur richesse outrageante pour le peuple. Et c’est comme ça qu’on va les attraper. Comme ces œuvres d’art, ces morceaux de monuments phéniciens, romains qu’ils sont allés découper à la tronçonneuse  pour les mettre dans leurs cuisines ou leurs salles de bains de luxe et de luxure. Des œuvres de 2000 ans, massacrées pour s’intégrer dans leurs déco de nouveaux riches. Les deux beaux-frères ne s’aiment pas, parait-il, mais se ressemblent énormément. Alors de là à penser que leur rivalité n’est que le fruit de leur avidité sans limite et de la compétition qu’ils se livrent dans l’âpreté au gain facile et au détournement de l’argent du peuple tunisien…

Les Mabrouks, famille de petits commerçants biscuitiers dont l’affaire vivotait, auraient pu donner de l’honneur et de l’honnêteté à leurs héritiers. La Société Tunisienne de Biscuiterie est le petit reste d’un groupe de colons dépossédés à  l’indépendance. Marouane a un nom, mais rien derrière, quand dans les coulisses de la bourgeoisie tunisoise, il commence à grenouiller autour de la cour du ben Ali et de sa courtisane Leila. Il tire un beau lot en 1996 quand il épouse le fruit d’un premier lit du sultan. Ce ‘’deuxième choix’’ il le fait fructifier.
Par Cyrine il arrive à ses fins d’être au plus près du pouvoir, à la gorge du pays. Il ne va pas la lâcher sa proie jusqu’à la chute de l’empire du Sultan. Avec lui ses sous fifres et chaouchs, Hakim el Karoui, les 2 frères Ismail ,Mohamed , Mehdi Houas, Elyes Jouini et consorts qui offrent les soi-disant réseaux financiers et carnets d’adresses aux bourreaux de nos frères palestiniens, les banquiers de Rothschild qui financent les tueries de la bande de Gaza.

La clique des Mabrouk se jette d’abord sur la marsa. En entrée , le café le Zéphyr , mais le plat de résistance c’est tout le paté de maisons de la corniche de marsa plage. Les propriétaires ont le choix : un peu d’argent ou la terreur et au bout l’expropriation. Ceux qui résistent, ont des problèmes avec la police secrète de ben Ali.  Trois maisons brulent, « accidentellement » dira la police. Sur ‘’la perle de Tunis’’ les  voyous en col blanc testent leurs techniques d’intimidation, de corruption, et de financement. Ils défigurent le paysage avec le nouveau zéphyr, un tas de béton qui massacre la vue. Mais eux, ils méprisent ceux à qui il ne reste que le souvenir d’un paysage, parce qu’on leur a déjà tout pris, leurs économies de toute une vie de travail et leur dignité. Encore un vol que les commissions ne pourront pas évaluer.

Grace au capital immobilier bassement amassé et aux premiers milliards qu’il a produit ils vont  désormais ratisser large.

Avec ce capital et le savoir-faire bancaire des Rothschild  qu’ils ont pénétré via leur Chaouch El Karoui, ils vont désormais emprunter à  tour de bras et à taux zéro. Marouane fait du charme à la cour de Carthage et distribue des bakchich à qui peut l’aider dans ses entreprises ou menace ceux qui ne veulent pas lui baiser les pieds. Autour du palais il a plongé les siens dans le grand pot de miel de la privatisation. Un fort  besoin de soigner sa respectabilité perdue  le travaille. Son premier souci devient alors de blanchir son capital pour tenter d’en faire une bonne fortune tunisoise construite sur le travail et une réputation de sérieux usurpée.

Alors il faut tout d’abord transformer les malheureux petits biscuits de l’héritage familial en un gâteau qui en jette. C’est l’heure du retour sur investissement de ses opérations de petite et grande corruption, et de ses premières expériences immobilières de promotion. Surtout que dans l’entourage du sultan, on comprend  vite que le petit voleur au grand sourire a les dents longues, qu’il est à leur image : il n’a pas d’état d’âme quand il s’agit de voler et de tricher pour s’enrichir sur le dos du peuple tunisien. Surtout quand au bout il y a l’argent facile et sans risque des privatisations sur mesure.

C’est l’esprit du biscuit : deux cuissons. Première cuisson : on fait passer les restes d’une vieille fortune pour de la vraie richesse. Deuxième cuisson : avec de la farine pleine de sable (le sable de la corniche de la marsa) on refait un groupe Industries Alimentaires de Tunisie et on tente de lui inventer une histoire. Derrière la nouvelle façade  qui se voudrait respectable les  basses œuvres et les détournements des Mabrouks qui volent  encore et encore à ce jour. 

Même méthode pour la Compagnie Immobilière de Tunisie, comme par magie, le patrimoine immobilier constitué péniblement par les travailleurs de l’indépendance, est spolié par les petits golden boys du palais pour devenir une ‘’vieille affaire familiale’’ propriété du père Mabrouk, lui qui n’a pas su la faire fructifier avec son maigre bagage.
Ses héritiers en sont légitimes propriétaires, ni vu ni connu.
Ces méthodes de voyous plaisent d’ailleurs bien à ben Ali et Leila même si la sultane s’inquiète de voir souvent les dents trop longues de son gendre, et se demande si un jour elle ne va pas se faire mordre. Elle n’a pas tort. Et elle s’y connait en indélicatesses et en rapaces.
Il N’empêche, la coiffeuse devenue Chef mafieuse et sultane apprécie la rapidité et la rapacité du gendre embarrassant et sa façon de blanchir la farine. Et Safra le conseiller économique du dictateur aussi. Marouane Mabrouk prend en charge avec l’aide de ses acolytes les voyous Hakim el Karoui et consorts, la privatisation de l’économie tunisienne ou pour dire mieux le pillage organisé de l’œuvre économique du pays durant 50 ans et le vol à grande échelle des fruits du travail du peuple tunisien.

La prise de contrôle de la grande distribution

Les mabrouk ont donc désormais un territoire et des vassaux, même s’ils continuent à boire servilement  à la gamelle de Carthage.
Ils vont se jeter sur un secteur qui promet dans le pays : la grande distribution. Avec un modèle économique bien rodé: corruption/intimidation/spoliation.  Dans leur entreprise ils ont un allié de choix, le groupe Casino qui a senti le vent de la consommation de masse commencer à souffler sur la Tunisie. Le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri – connaisseur aussi en basses œuvres, a besoin d’associés compréhensifs près du pouvoir et se tourne tout naturellement vers Marouane Mabrouk, le gendre qui change tout ce qu’il touche en or. Ça tombe bien, Monoprix, leur première cible est une filiale de Casino même si la franchise de l’enseigne est contrôlée depuis toujours par un groupe familial. Pas pour longtemps, trahi par ses associés français, harcelé par les réseaux du palais, menacé par les gros bras des mabrouk, il est forcé de vendre en 1999. « Une extorsion caractérisée », selon un témoin de l’opération. On se rappellera au passage que naouri a fait ses classes chez rothschild où le même  Hakim el karoui  chaouch des Mabrouks œuvre en leur faveur.

La Camorra à la mode de Tunis.

Entre les mabrouk et casino, c’est la lune de miel. En 2005, ils ouvrent avec leur associé le Géant, le plus gros centre commercial du pays, plusieurs hectares de terrain des Ben Ammar aux portes de Tunis, tombent entre leurs mains dans des conditions qu’on devine aisément ….entre passe-droits et extorsions au forceps.

Après la fille du Sultan, les petits voyous s’allient au groupe de distribution français. Naouri trahit, sans états d’âme toutes valeurs d’honnêteté et de morale, abandonne lâchement ses associés locaux,  pour s’allier à un gang de voleurs brutaux, avides et sans autre stratégie que ‘’toujours plus dans ma poche’’ : ils parlent la même langue que lui et sont de la même engeance.

Sur cette histoire on notera que l’autre gang du palais est sur le coup : Imed trabelsi le petit chéri de la sultane  tentera en vain de parrainer l’implantation ratée du groupe sur le Terrain de Bricorama.

Marouane Mabrouk appellerait ça de la synergie et Imed?
Une diversion ? Dans l’histoire, l’autre partenaire  du dossier Bricorama est le dindon de la farce : Faouzi Mahbouli essaie d’obtenir justice en France où il s’est exilé. Il attend  hélas toujours.

Et toujours cette question lancinante, comme un mal de tête,
comment des professionnels qui font des affaires en arrivent-t-ils à s’acoquiner avec des escrocs malhonnêtes aussi voyants ? Marouane Mabrouk et ses acolytes et Chaouchs  comme El Karoui volent  semble-t-il mieux et voient plus loin, à l’occidentale quoi!
elle est là l’explication. Le trabelsi, c’est le bandit de grand chemin, il vole vite  et tapageusement. Le mabrouk a du verni et agit telle une hyène en silence. Il sait qu’on ne gagne rien à tuer pour la viande une vache qui donne du bon lait. « Je mange, tu manges, il mange », bien sûr Mabrouk et sa bande ont de gros appétits mais ils savent que le business moderne est affaire d’influence et donc ils huilent leurs rouages comme ils ont graissé la patte et corrompu les chiens de Carthage sous ben Ali.

Les hauts faits de la révolution leur donnent à moitié raison.
Tunis a été saccagée, et les Mabrouks continuent de pomper du cash dans les poches des Tunisiens.

Les mabrouk, courent toujours... Pas de justice pour les Mabrouks

Comment les Mabrouks sont parvenus à circonvenir tous les dangers de la révolution et comment ont-ils   paralysé les dirigeants du parti  islamiste Ennahda ? On sait que c’est  à coups de Milliards et de transactions  versées en devises à l’étranger et de petits cadeaux sonnants et trébuchants versés dans le pays. Il se murmure au sein d’Ennahdha que Hamadi Jebali précisément très proche de leur ami
El Karoui se serait vu offrir une somptueuse propriété dans la très prisée zone du Mornag, suscitant  jalousies  et rancœurs au sein de la Choura.

Mieux, Ils ont manœuvré pour corrompre à la racine la justice transitionnelle et ses commissions d’enquête et de vérité, tenues impuissantes  par les basses œuvres des gens achetés qu’ils y ont soigneusement placés.

 Les Mabrouk se rient des institutions – y compris des plus hautes-  qu’ils tiennent à leur botte et des incapables qui les dirigent.
Peu importe qui est à leur tête,  ils savent qu’ils finiront par l’acheter tôt ou tard comme ils ont déjà acheté l’entourage proche de l’actuel et éphémère président.

Les Mabrouk courent toujours dans la plus grande impunité et pour la plus grande honte de la Révolution et de ses enfants et  martyrs.
Ils courent toujours pour la plus grande humiliation du peuple et se rient de l’histoire qui se construit. Ils se rient de la justice  divine comme de la justice des hommes : ils règnent sur leur royaume, celui de l’argent qui peut tout … du moins le croient-ils !

Tout vient à temps à qui sait attendre dit le proverbe. Le peuple attend depuis trop longtemps que la justice enfin se fasse. Elle se fera.… Bientôt. Inchaa-Allah.

Le prochain épisode sera de couleur.

 

M. El Baldi.

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

ziad maalouf posted a blog post
L’Atelier des médias est allé en Turquie pour enquêter sur la liberté d’expression dans le pays. No…
26 déc. 2017
Mélissa Barra posted a blog post
Le 8 décembre 2017 s’est tenue à Paris la remise du Prix Numérique et Transparence. Il récompense d…
15 déc. 2017
ziad maalouf posted a blog post
Nées il y a douze ans en France, les conférences gesticulées désignent un exercice d’expression en…
20 oct. 2017
ziad maalouf posted a blog post
En 2005, Anjan Sundaram renonce à de brillantes études de mathématiques aux États-Unis pour partir…
18 oct. 2017
Plus...