Travail des enfants : l'Afrique en guerre contre un fléau

Aujourd'hui encore, le travail des enfants en Afrique touche plus de 80 millions de jeunes. Véritable fléau directement lié au retard économique du continent, ce phénomène a des conséquences humanitaires et sociales majeures pour toute une partie de la jeunesse africaine. Face à ce fléau, certains Etats africains, avec le soutien des sociétés civiles et des militants associatifs, prennent la mesure du problème et tentent d'agir concrètement pour mettre un terme définitif à cette pratique.

Sans grande surprise, les difficultés économiques et la misère sociale apparaissent comme les causes majeures du travail des enfants. L'absence de structure éducative, la forte mortalité des chefs de famille ou encore la stratégie de nombreux exploitants, qui désirent une main-d'oeuvre à moindre coût, voire quasiment gratuite, offrant ainsi des marges extrêmement fortes aux employeurs, constituent autant d’avatars de cette misère et de facteurs augmentant la probabilité de voir des enfants travailler. Mais la cause première de ce phénomène est sans doute à aller chercher du côté de la méconnaissance des risques de la part des familles, qui ne mesurent, bien souvent, pas la dangerosité de laisser leurs enfants travailler.  

Et pourtant. Et pourtant, dans l'immense majorité des cas, les enfants sont soumis aux tâches les plus lourdes et les plus ingrates. Les conséquences pour leur santé sont catastrophiques et les effets peuvent se faire sentir sur le long terme, avec une baisse de l'espérance de vie et des risques de malformations. Travaux agricoles, corvées d'eau, travaux domestiques et cuisine sont les tâches communément confiées aux jeunes enfants. L'exode rural contribue par ailleurs à renforcer le problème, favorisant le développement d'une masse d'enfants des rues, souvent livrés à eux-mêmes et contraints aux travaux les plus dégradants, comme la récolte d'ordures destinées à la revente. Dans la banlieue du Caire, des milliers de petits Coptes font ainsi le tour des décharges et vivent du recyclage des poubelles.

Les enfants travaillant dans des mines sont également confrontés à des situations d’une pénibilité peu adaptée à leur jeune âge. Au Burkina-Faso, dans les mines d'or, des enfants âgés de 8 ans sont ainsi toute la journée sous terre, soumis aux risques d'éboulement et à une chaleur éprouvante. Si ces images sont terribles, elles ont pourtant, souhaitons-le, vocation à se raréfier à l’avenir, un certain nombre d’Etats africains menant une politique volontariste, encouragés en ce sens par les sociétés civiles et un tissu de militants associatifs qui apportent leur expertise aux pouvoirs publics.

En Côte d'Ivoire, c'est sous l'impulsion de Dominique Ouattara, Première Dame du pays et présidente de la fondation humanitaire Children of Africa, que des actions d'ampleur ont été menées par des acteurs publics et privés. Développement d'accords bilatéraux, mise en place d'une ligne verte anonyme pour dénoncer les trafiquants d'enfants, affirmation de procédures judiciaires strictes constituent autant d'outils précieux pour lutter contre ce fléau. Plusieurs milliers de jeunes ont ainsi été récemment libérés des "pires formes de travail des enfants" (PFTE) en Côte d'Ivoire. Plus encore, Dominique Ouattara, en collaboration avec le groupe français Nestlé, a présidé à l'ouverture d'une nouvelle école primaire à Kouta, dans le département de Guitry. En effet, l'éducation obligatoire reste l'outil le plus précieux pour faire face au travail des enfants et demeure au centre des recommandations portées par les organisations internationales.

Selon l'Organisation Internationale du Travail (OIT), la mise en place de politiques éducatives d'ampleur constitue une arme nécessaire pour faire face au travail des plus jeunes. Le projet de l'Education pour Tous, signé par plus de 160 Etats au début du IIIème millénaire avait ainsi vocation à encourager l'éducation des plus jeunes, notamment des filles, des minorités ethniques et des catégories les plus défavorisées, avec en ligne de mire, la volonté de mettre un frein au travail des plus jeunes.

L'objectif prôné par l'OIT en 2016 était d'arriver à l'éradication totale et définitive des "pires formes de travail des enfants". Mais, dans bien des endroits du monde, comme en Afrique, en Asie ou Amérique du Sud, les difficultés demeurent nombreuses. Malgré tout, des progrès sensibles doivent être signalés et salués dans certains Etats, capables de mettre en place des politiques volontaristes et de proposer une collaboration entre les différents acteurs publics et privés.

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Ivoirien passionné par l'Afrique et les questions humanitaires, engagé pour le développement économique de son continent. Journaliste amateur

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Commentaires

  • si si,on peut éradiquer le travail des enfants.avec le objectifs du millénaire,aujourd’hui remplacer,l’école pour tous est obligatoire.explique moi alors comment les enfants pourront travailler?avec la bonne gouvernance,le social prime sur tout autre,avec la démocratie réel et effective,la société civile a son mot a dire et a faire appliquer.sans cela,le travail des enfants sera dur a éradiquer.apprenons la démocratie et atteignons les objectifs du millénaire telle que définit par l'ONU.

    • oui on peut éradiquer le travail des enfants,en respectant ce que chaque pays fait pour ses propres enfants.ce que vous expliquez,concerne les pays qui respectent le droit de l,homme.il faut prendre cas par cas,sinon on ne comprend plus rien.je pense dans certains pays les enfants vont a l,école paisiblement sans contrainte.je voudrais que vous m,expliquez les concepts objectifs millénaires,la bonne gouvernance et la démocratie .je ne comprends pas très bien le sens que vous leur donner.quels sens les nations unies leur attribuent merci

  • votre réponse ne m,a pas convaincu.vous parlez des gouvernements bidons;et de démocratie et la bonne gouvernance.une chose est vraie on ne peut éradiquer le travail des enfants.vous n,êtes pas franc avec vous même.merci d,avoir échangé.

  • impossible a éradiquer le travail des enfants avec nos gouvernements bidons,seules la démocratie,la bonne gouvernance,les objectifs du millénaire peuvent y aidés a atteindre,une conscientisation comme cet article bien élaboré peut éveillé la conscience collective.

  • je pense que vous allez très fort;la situation économique est pressente.80 millions d,enfants sans emploi.cela me semble exagérer .il faut trouver des solutions, cela n,est pas facile.les statistiques sont fournis par quel organisme fiable?

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