Après sa sortie de taule le 24 mai dernier, Jean-Marie Tchatchouang déballe.

60 jours passés derrière les barreaux auront permis à Jean-Marie Tchatchouang de comprendre le mode de vie dans les pénitenciers Camerounais. Écroué le 24 mars 2013   pour diffamation et injures contre Ngalle Bibehe, Directeur général de la Socatur, il a recouvré la liberté le 24 mai dernier. Le Directeur de publication du journal Paroles, un hebdomadaire paraissant dans la capitale économique Camerounaise, revient fraichement du milieu carcéral avec des tristes souvenirs. Notamment le trafic de drogue qui a fait son fief dans cet espace. « S’il arrivait que la drogue manque un seul instant dans la prison de New-Bell, on assisterait à une émeute générale ainsi que des évasions massives », écrit le doctorant en sciences de l’information et de la communication de l’université de Douala dans les colonnes de son journal paru mardi 28 mai 2013. Il se souvient de chaque minute passée et de ses nombreuses conversations avec les autres détenus. Le journaliste a, en si peu de temps, compris le jeu trouble de tous les acteurs de la prison centrale de Douala. Jean-Marie a rencontré « Balle au pied » : un ancien gendarme révoqué et incarcéré depuis très longtemps. « Cet officier a été incarcéré à 10 ans de prison ferme pour braquage de micro-finance ». Les révélations de JMT captivent notre attention à cause de l’état d’esprit des intervenants, en plus qu’ils sont tous des consommateurs des stupéfiants.

Le joint pour empêcher les évasions

« S’il n’y a pas de Gué (le chanvre indien) que tu vois, je serais seulement à  « Ngongo » (m’évader) », explique un prisonnier au journaliste. Comme un envoyé spécial en prison, Jean- Marie décrit les attitudes de ses compagnons de deux mois : « il roule son Gué, l’allume et tire des bouffées qu’il aspire fortement…on dirait qu’il avait du piment qui lui chauffait la bouche. Il secoue la tête striée de cicatrices, résultat du « Down Kwata » (justice populaire) ». Ici, les prisonniers apprennent que les régisseurs sont leurs complices de tous les jours. « Il a compris ce qu’il faut pour l’homme bandit pour le calmer. Quand je dack mon Gué, (je tire mon joint), mon vieux, je nang one time je suis sonné et je m’endors et la journée est « Bolé » (terminée) ! »  De sa belle plume, Jean-Marie Tchatchouang affirme que ce lieu est le marché à ciel ouvert des stupéfiants. Sont en circulation à la prison centrale de Douala: chanvre indien, whisky en sachet, crack (cailloux), tramol ou « Mbai ». « Tous ces produits illicites circulent sous le manteau des gardiens de prison…toutes une cargaison estimée à pas moins de 5 millions de francs », renchérit-il.

Des cartouches de cigarettes, des tubes de cocaïne, du cannabis enfouie dans les vagins des femmes qui rendent visite à leurs copains incarcérés,  dans des poubelles roulantes, des brouettes de sables, dans des ballons de football…tous les moyens sont disponibles pour être ravitaillé en produits illicites à la prison centrale de Douala.

Didier Ndengue

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