S'il y a une chose qui mine le secteur du transport inter urbain au Bénin, c'est bien les tracasseries routières. Les victimes, conducteurs de taxi, se plaignent sans cesse des rançonnements des policiers et des gendarmes qui visiblement constituent leur malheur sur les axes routiers. Mais le mal semble bien être ailleurs quand on sait que les premiers rançonneurs ce sont les conducteurs eux-mêmes, du moins, leurs syndicalistes.
Il est un secret de polichinelle qu'au Bénin les transporteurs rencontrent d'énormes difficultés dans l'exercice de leur fonction. La principale difficulté étant liée à la tracasserie routière. Pour faire face à ces difficultés et réduire ces tracasseries routières et surtout policières, les chauffeurs ont mis sur pied des syndicats des transporteurs qui sont chargés de défendre leurs intérêts. Ces derniers, depuis leur avènement, travaillent avec les autorités locales et administratives pour le bien être de ces chauffeurs. Ainsi, des luttes ont été menées et continuent d'être menées contre la multiplication des postes de contrôle des policiers et gendarmes soupçonnés de rançonnement sur les axes routiers.
Tout récemment, suite à des plaintes et des menaces de paralysie du secteur du transport par les responsables syndicaux de transport, Benoît DEGLA,  Ministre de l'intérieur, de la sécurité publique et des cultes a publié un communiqué pour réglementer les contrôles de la police et des éléments de la gendarmerie sur les axes routiers. Dans ce communiqué, le Ministre a rappelé que tout contrôle routier ou de sécurité doit se faire conformément aux prescriptions contenues dans le mémento de la police de la route de 1986. Pour faciliter l'identification des agents en position de service, il est dit dans ce même communiqué que tout agent en service doit avoir un ordre de mission ou un bulletin de service, porter et un badge et un brassard règlementaires et une plaque patronymique. Par ailleurs, des éléments de distinction vestimentaire tels que le port de contrôle routier et de la tenue de maintien de l'ordre ou treillis par les éléments de contrôle de sécurité est exigé. Le Ministre Benoît DEGLA a bien précisé que "tout rançonnement au cours des contrôles routiers et de sécurité, est strictement interdit". "Tout élément des forces de sécurité publique qui serait surpris en flagrant délit de rançonnement sur la voie publique, ou dénoncé par un usager de la route avec les preuves incontestables, subira la rigueur de la loi " a rappelé le communiqué du Ministre chargé de la sécurité publique. Mais malgré ces dispositions de l'autorité pour réduire les tracasseries routières, les chauffeurs transporteurs continuent de se plaindre. Ils sont désormais malmenés par leurs collègues. Ceux-ci ce sont investis syndicalistes et initient de nombreux faux frais qu'ils prélèvent sur les différents parcs autos.
Un chauffeur qui fait son chargement sur le parc de Pobè par exemple, malgré les dispositions qu'il va prendre depuis son point de départ, pour aller à Cotonou, doit après la présentation de son ticket, donner de l'argent à chaque barrière des syndicats telle que de Ikpinlè, Sakété, de Takon, Ouando, et au boulevard Djassin à Porto-Nov, sans oublier l'éventuel contrôle de la police et /ou de la gendarmerie. Voilà un chauffeur qui, après les formalités d'usage sur le parc, est contraint au rançonnement des responsables syndicaux sur les parcs. Face à ce constat, on est en droit de demander quel est le rôle réservé à ces syndicats des transporteurs au Bénin, surtout quand on sait que dans d'autres secteurs, le syndicat lutte pour le bien être des syndiqués. La réalité est donc tout autre dans le domaine du transport. 
Les responsables syndicaux créent leur syndicat pour s'enrichir sur le dos des syndiqués. Sur certains parcs, on a assiste même parfois à des scènes peu ordinaires. Des syndicalistes sollicitent parfois les forces de l'ordre pour matraquer leurs collègues en activité. Une situation qui laisse à demander si le monde syndical du transport est différent des autres associations syndicales. Au lieu de chercher à rejeter la misère des chauffeurs transporteurs sur les gendarmes et policiers, des observateurs pensent que l'assainissement du milieu syndical annoncé par le chef de l'Etat devrait aller au delà des travailleurs de l'administration publique pour prendre en compte tous les secteurs d'activité du Bénin. Le ver est dans le fruit.
Source : Adjinakou
Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...