Qui se trouve derrière les vidéos et les projets interactifs qui font le “buzz” sur Internet ? Tous les Internets part à la rencontre de celles et ceux qui, partout dans le monde, s’approprient les outils numériques pour tenter de changer leur quotidien et leurs sociétés. Ce nouveau magazine en ligne, coproduit par Arte et Premières lignes, parcourt le globe par Skype.

 

L’Internet s’agite un peu plus chaque jour. A chaque instant, quelqu’un décide de s’y plonger pour transformer, d’une manière ou d’une autre, les regards de ceux qui l’entourent. Pour des milliers d’internautes, les réseaux sociaux, les chaînes Youtube et les outils de Big Data sont autant d’armes pour lutter contre la corruption, les tabous ou encore l’oubli. Tous les Internets cherche à donner à ces activistes du web une seconde visibilité, un espace où ils puissent eux-mêmes raconter leur histoire.

Arte Info s’est associée à la société de production Premières lignes pour lancer ce magazine en ligne. Derrière Tous les Internets, il y a une équipe de six personnes, dont deux coordinateurs: Julien Le Bot et Julien Goetz.

Comprendre les mondes qui se cachent derrière le web

Au coeur du dispositif, il y a Skype, le logiciel d'appels vidéo. Trois fois par semaine, Tous les Internets propose une rencontre en ligne, une sorte de tête-à-tête virtuel, avec un de ces acteurs du web.

L’équipe a par exemple interviewé, par Skype, Alexandra Kodjabashi, activiste au sein de l’ONG libanaise Sakker El Dekkene. Elle a créé une cartographie pour répertorier les cas de corruption au Liban ainsi que les volumes monétaires que ces pots-de-vin drainent. Sakker El Dekkene mène également des enquêtes et des campagnes publiques. En septembre 2014, l’ONG avait lancé l’opération Kabseh : une voiture avait parcouru le pays en se garant systématiquement devant les administrations publiques corrompues.

« On part de l’utilisation du web pour parler du fonctionnement d’une société, (...) pour comprendre tous ces mondes qui se cachent de l’autre côté des tuyaux » - Julien Le Bot.

Sur le site, on peut aussi rencontrer Joshua Ogure, qui habite dans le bidonville de Kibéra, à Nairobi. Ce quartier n’apparaît pas dans les cartes officielles, qui affichent une forêt à la place. Avec d’autres habitants, Joshua Ogure a décidé de cartographier Kibéra pour que les résidants puissent « se réapproprier leur existence et signifier qu’ils existent » aux yeux des pouvoirs publics. Dans la ville de Xalapa, au Méxique, Daniel Cruz a présenté en 2013 son chat aux élections législatives. L’idée était de protester contre une campagne malhonnête. Le chat Morris a fait le tour des réseaux sociaux au Mexique et ailleurs. « Il avait récolté près de 7000 voix dans sa ville avec un programme clair : croquer les corrompus et les incapables de tout poil.»

« Le web est un moyen » souligne Julien Le Bot. L’équipe a donc décidé d’utiliser les outils multimédia qu’offre Internet pour contextualiser les interviews et les rendre plus interactives. « Le montage est séquencé en quatre ou cinq chapitres, et par dessus, il y a une frise qui permet de suivre le déroulé de l’interview. A mesure que le personnage explique d’où vient l’idée et quel est le contexte local, nous faisons remonter des petites informations qui apparaissent sur cette frise. » Par « informations », Tous les Internets entend liens, articles, cartes, Tweets et vidéos YouTube. Le multimédia devient une fenêtre sur le monde et les sociétés.

En version Bêta jusqu’au 2 juillet

Julien Bot et son équipe veulent « s’appuyer sur la sagesse des foules » afin de créer un site dynamique. L’idée est donc de mener ce projet journalistique avec les internautes. Le magazine est actuellement en version bêta. Tout au long de la navigation, des fenêtres surgissent pour interroger les utilisateurs sur l’ergonomie du site et la qualité des contenus. Jusqu’au 2 juillet, chacun peut ainsi participer à l’amélioration du magazine. Ces retours peuvent également se faire sur Twitter et sur Facebook. Le lancement officiel de Tous les Internets est, quant à lui, prévu pour octobre 2015.

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Melissa Barra est journaliste à L'Atelier des médias de RFI
@MelissaBarrra

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