Togo : la transition démocratique réussie

   « Toute l’Afrique regarde vers le Togo ». Le président en exercice de la cedeao l’avait souligné, l’élection présidentielle togolaise doit se dérouler dans le calme et la transparence. Et les Togolais n’ont pas déçu les observateurs : dès ce matin les électeurs se sont présentés devant les bureaux de vote pour accomplir leur devoir citoyen. Dans la sérénité. Ici et là, même à Lomé, on a pu assister à des échanges courtois entre fidèles du président sortant et sympathisants de l’opposition. Si les  déclarations incendiaires du principal opposant, à propos de la fiabilité des évaluations de la CENI( la commission électorale indépendante) avaient pu, un temps, faire craindre des incidents dans le déroulement du scrutin, l’accord intervenu hier entre les représentants des candidats et la CENI sous l’égide de la cedeao et de l’Organisation Internationale de la Francophonie, a montré la volonté d’apaisement et de transparence des autorités togolaises et a créé les conditions d’une consultation sereine et confiante.

L’age de la maturité

  Ce que révèle la présidentielle togolaise de 2015, c’est que la transition démocratique ne passe pas par la rue. Contesté lors de l’exercice de ses précédents mandats, même si la communauté internationale reconnaissait déjà la validité de sa réélection en 2010, Faure Gnassingbé a fait discrètement passer son pays de la dictature à la démocratie en laissant s’ouvrir un débat à plusieurs voix, où à côté des partis politiques traditionnels, la société civile a pu s’exprimer librement au travers de nombreux blogs, sites et autres médias : autrement dit il a préparé la société au débat politique. Une démarche qui aurait pu lui couter sa réélection s’il n’avait été en mesure d’afficher un bilan positif dans les domaines économique, financier, politique, diplomatique….En 10 ans le fils du général à poigne a rendu la force armée à ses missions militaires tout en restaurant l’Etat de droit par des réformes pragmatiques dans les secteurs clés de l’économie, l’éducation, en assainissant les finances publiques et en restaurant la confiance des investisseurs internationaux. Les deux premiers mandats de Faure Gnassingbé ont ainsi conduit le Togo à l’âge de la maturité.

Un modèle togolais ?

  Une évolution curieusement ignorée par la presse internationale, qui à la veille de l’élection relayait encore les appels à des manifestations de masse, lancés par Jean-Pierre Fabre, principal adversaire du président sortant. Ressentis par l’intéressé, comme des encouragements à remettre en question la légitimité de la consultation, ils ont fait craindre un scrutin agité. En vain. Les autorités togolaises ont paisiblement déroulé les opérations de vote et à la fermeture des bureaux, à 16h, aucun incident significatif n’était signalé.  «C’est une page d’histoire qui se tourne », s’écrie ce vieil habitant de Lomé, opposant de toujours à la famille Gnassingbé, et qui ne sait s’il doit pleurer la défaite de Jean-Pierre Fabre, son candidat, ou se réjouir de voir un Togo réconcilié se rendre aux urnes pour une élection qui pourrait bien servir de référence aux états voisins. Il est alors 20h, à Lomé, et déjà les premiers résultats donnent gagnant le président sortant, par 59% contre 34% à son adversaire le mieux placé. « C’est un chiffre qui correspond à la réalité », analyse cet entrepreneur de la zone franche qui lui aussi a voté Fabre, » l’opposition était trop divisée pour gagner et le chantage des derniers jours ne nous a pas grandi… ». « Cette élection c’est la victoire de tous les Togolais » conclut-il, « pas seulement celle de Faure ». La victoire du Droit et de la Raison aussi, qui n’attend plus que sa reconnaissance par Jean-Pierre Fabre, comme c’est l’usage en démocratie.

 

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