Le groupe TF1 a annoncé l'arrêt du quotidien gratuit Metronews. La fin d'une particularité française où l'on comptait trois quotidiens gratuits.

Il y a six ans, le groupe suédois Métro International avait arrêté en Espagne son premier quotidien gratuit et la directrice de l’édition française, Sophie Sachnine balayait encore d’un revers de main les risques qui pesait sur son journal en France « On est loin du krach espagnol », arguait-elle. Et pourtant dès cette époque, les revenus publicitaires du titre, seules ressources de ce type de presse, avaient déjà commencé à baisser. Echaudé par l’arrivée en 2007 d’un troisième acteur sur ce marché, le groupe Bolloré avec Direct Matin, l’éditeur suédois avait fini par se désengager de Métro pour laisser la place au groupe TF1 en 2012, qui avait racheté le titre. Hélas pour ce dernier, rien n’y a fait : ni la relance sous le nom de Metronews, ni la montée en puissance d’un site sur Internet ou sur mobile, n’ont pu empêcher la lente dégringolade du quotidien qui, malgré ses 745 000 exemplaires, a perdu plus de 11 millions d’euros en 2014.

Au début de cette année, Nonce Paolini, le PDG de TF1 confiait que le marché des quotidiens gratuits s’était « réduit comme peau de chagrin » puisqu’il était passé de 130 à 80 millions d’euros de recettes et que Métro perdait plus que la chaîne LCI qu’il envisageait d’arrêter. Le patron avait alors songé à s’allier avec Direct Matin pour fusionner son titre, mais Vincent Bolloré, qui aime bien se servir de Direct Matin pour montrer qu’il couvre l’actualité africaine et qu’il a de l’influence politique, a préféré attendre la mort du plus faible. Le milliardaire a même surinvesti dans une course au million d’exemplaires face à 20 Minutes, ce qui fait de la France le seul pays en Europe où il y a encore trois quotidiens gratuits.

Pourtant, comme le montre une baisse de 22% de ses revenus publicitaires au premier trimestre, comme en témoigne aussi des jours de non parution de plus en plus nombreux, la presse gratuite d’information est bel et bien menacée. Pour une raison simple : les annonceurs disposent avec la 3G d’une offre web et mobile pour toucher les voyageurs dans les transports en commun. Et elle ne s’est pas imposée par sa crédibilité ou sa qualité éditoriale, tant elle est soucieuse de servir les intérêts de ses annonceurs comme en attestent des Unes masquées par la publicité. Le prix de cette publicité s’est donc effondré et ce sont aujourd’hui soixante emplois sur la centaine de salariés qui devraient être supprimés à Métro News. Le site devrait subsister mais, comme il ne dégage que 10% des revenus du journal gratuit, il devrait être rapproché du site TF1 News.

Photo (1) : CSLD / Metronews

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Amaury De Rochegonde
Journaliste, rédacteur en chef-adjoint à Stratégies, spécialités Médias et RH, chroniqueur @RFI

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Commentaires

  • franchement je ne le lisais pas personnellement,mettez vous un peu à la place de quelqu'un qui est pressé, qui va au travail, rien que le format de Métro news, en dit long sur l'état d'esprit du lecteur allant au taf, mais Direct Matin l'avait très bien compris et 20 Minutes aussi, des infos brefs et intéressants à lire entre deux stations de métro, de train,ou de bus et enfin parler un peu de ce qui se déroule ailleurs dans le Monde est un bon créneau qu' a su intégrer la rédaction de ces deux petits formats des journaux gratuits ce qui font leur succès même sur le net. 

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