Télécoms et médias : la convergence devient une réalité

La convergence entre les opérateurs télécoms et les médias qui devient désormais une réalité mondiale.

Quel rapport entre le rachat des studios Dreamworks par Comcast, aux Etats-Unis et l’intégration d’Altice Médias dans SFR en France ? Ces deux annonces, faites cette semaine, relève de la même logique : la fameuse convergence entre un acteur télécom et des médias. D’un côté, le cablo-opérateur Comcast et un studio légendaire créé par Spielberg, producteurs de contenus d’animation comme  Shrek, Kungfu le Panda ou Madagascar.  De l’autre, SFR et Altice Médias c’est-à-dire RMC, BFM TV, Libération ou L’Express. Dans le cas de l’américain, qui a déjà racheté NBC Universal en 2011, c’est donc le prolongement d’une stratégie qui consiste à consolider sa présence dans les contenus, dans les marques de programmes, pour pouvoir les exploiter au maximum dans des produits dérivés, des licences ou des parcs à thème façon Disney. Par la même occasion, ce groupe assure sa survie face à des plateformes mondiales de distribution de vidéos en streaming comme Netflix.

Quant au groupe SFR-Numericable, du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi, il entend réaliser la « convergence globale entre les télécoms, les médias et la publicité », comme dit son patron Michel Combes. Concrètement, une application SFR Presse a été lancée mercredi. Intégrée aux forfaits des 18 millions de clients de SFR, cette appli est un nouveau canal de distribution pour les 17 publications du groupe Altice Media. Michel Combes y voit une révolution susceptible de sauver la presse, une opportunité pour lui permettre de gagner en puissance et la muscler en données. Il compare Patrick Drahi à Jeff Bezos qui a rapproché le Washington Post de la Kindle d’Amazon. Objectif : proposer bientôt des contenus sur mesure, personnalisés. Le syndicat de la presse indépendante en ligne, le Spiil, craint de voir des contenus réservés ainsi à des tuyaux, favorisant l’adossement à des opérateurs télécoms et il s’interroge sur la part du forfait qui bénéficiera ainsi de la TVA un taux réduit sur la presse.  Mais SFR réplique en disant que son kiosque numérique est ouvert à d’autres éditeurs.

De même, pour ne pas hérisser les autorités de la concurrence, il propose aux autres opérateurs de reprendre sa presse comme les chaînes qu’il va diffuser ou même créer avec SFR Sport, BFM Sport ou BFM Paris.  Michel Combes estime que les temps sont mûrs pour cette convergence  avec des réseaux en 4G, des appareils intelligents et sept écrans par foyer. On la constate en Grande Bretagne aussi bien avec British Telecom et Sky qui mêlent tuyaux et contenus qu’aux Etats-Unis avec ATT qui a acquis l’opérateur satellite Direct TV en 2015.

Photo : Michel Combes (D), directeur de SFR, et Alain Weill (G), président de NextRadioTV, lors de la conférence de presse sur la nouvelle stratégie du groupe, le 27 avril 2016, à Paris. REUTERS/Benoit Tessier

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Amaury De Rochegonde
Journaliste, rédacteur en chef-adjoint à Stratégies, spécialités Médias et RH, chroniqueur @RFI

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