Les TIC ont favorisé un apport immense dans les avancées technologiques. Ce qui est sensé être un avantage de nos jours devient pour la jeunesse africaine la cause d’une rétrograde intellectuelle. Le moteur de recherche Google vient de publier ses statistiques concernant les requêtes des utilisateurs durant l’année 2014. (Voir Sexe Amour Ebola ce que les Africains ont le plus recherché sur Google en 2014)

 On peut noter trois choses qui ressortent globalement des recherches africaines à savoir, la sexualité, la maladie à virus Ebola, par ailleurs les maladies sexuellement transmissibles. En Afrique, on reconnait la jeunesse comme la principale abonnée au Web. En réalité la jeunesse africaine, malienne en particulier, se serait perdue entre les gémissements des sites charnels. Une si belle jeunesse se contraignant à l’obscurantisme. Ce mal endémique est pour beaucoup dans l’échec de l’éducation, de la socialisation.

Jeunesse africaine, qu’es-tu devenue ?

Pendant que le monde est debout, s’instruit et se bat, nous sommes là à lézarder ou à jouir de notre situation misérable. Pendant que le monde boit dans les breuvages ancestraux de la culture, nous frelatons notre identité, au point qu’on en arrive à nous demander qui nous sommes. Combien de jeunes africains connaissent l’Afrique ? Combien connaissent son histoire ? Combien encore connaissent le monde qu’ils habitent si impudemment. Où est le progrès de cette jeunesse qui dérape ? Le professeur donne ses cours pendant que l’étudiant ou l’élève tripote son portable. Certains se forment tandis que d’autres préfèrent s’asseoir dans les fameux « grin » (groupe informel de discussion) pour engager des débats byzantins. Si la seule couverture logique que l’on donne à ce regroupement est de « débattre », je vous invite à débattre avec les livres, avec vous-mêmes, afin de mieux débattre encore.

Mais si cette jeunesse est si errante, c’est parce qu’elle a perdu le fil de nos valeurs sociales. L’enfant dans le processus de socialisation ne peut donner qu’une personnalité conforme à sa société. Et si cette société était pourrie jusqu’à la moelle ?

Jeunes, vous me dites que l’Europe est sur le dos de l’Afrique, que nous sommes sous le joug d’un système néo-colonisateur. Je vous dis non ! Nous sommes dans un déficit de connaissance de soi, d’humanité, et d’amour pour nos valeurs culturelles.

La personne humaine se développe à l’instar d’une nation. Si le développement personnel échoue, les idéologies nationales seront en faillite. Cette construction de la personnalité du « jeune », à mon humble avis, échouera. Les familles ne s’étant pas investies assez dans l’éducation de leurs enfants, cette éducation manquée ne trouvera refuge que dans les écoles. En effet, l’une des premières missions de l’école est la socialisation. Et si le professeur autant que le père ou la mère et même les frères étaient d’une mentalité ou d’une personnalité corrompue, que devrons-nous attendre de l’enfant lui-même à l’âge adulte ? Exposé au regard d’un monde exécrable et étonnamment vicieux, cet enfant développera une personnalité qui reflétera sa société. Assurément, je veux par ces arguments démontrer la responsabilité des parents dans l’échec du fondement de la personnalité morale du jeune.

Quand on dira de nos dirigeants d’être des brouteurs ou des  « ennemis du peuple », n’oublions tout de même pas que cet homme jugé injuste fut un jour un enfant observateur.

Cette parenthèse n’est pas exhaustive, mais bien au contraire, elle s’appuie sur des remontrances pour démontrer ce qui a conduit cette jeunesse à une telle inactivité intellectuelle.

 L’Islam nous enseigne trois voies d’existence : l’homme peut choisir d’obéir aux désirs de jouissances charnelles que lui commande son âme, alors il pourrait faire comme les animaux savourant les plaisirs éphémères de la vie. L’homme peut aussi choisir d’obéir à la personnalité luciférienne et deviendra un réel apôtre du Satan maudit. Mais l’homme peut aussi obéir au désir fougueux de son âme de se plonger dans les richesses de la purification et dans la quête éternelle du savoir, alors l’homme ressemblera aux anges lustraux de L’Exalté.

La plus belle mission de l’homme est celle qui lui sert, qui sert sa communauté et sa nation dans un véritable idéal de progrès.

Ignorer n’est pas un mal en soi. Cette jeunesse veut-elle d’abord se construire autour d’une Afrique nouvelle et progressive ?

Félicien Marceau nous disait : « Le bonheur, c'est savoir ce que l'on veut et le vouloir passionnément. »

Oumar A Sidibé

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Oumar Aboubacar Sidibé, né le 21 février 1995 à Bamako, est l'un des plus jeunes leaders maliens et écrivains africains. Pour plus d'information sur Oumar Aboubacar : http://about.me/omersidibe

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Commentaires

  • Belle citation !
    Reste que pour que la jeunesse du continent africain puisse connaitre sa riche et multiple histoire, encore faudrait-il qu'elle y soit plus présente sur la toile.
    Et ne nous trompons pas, les gens de tous âges (il ne faut pas stigmatiser les jeunes) cherchent plus le divertissement en ligne que l’instruction.

    • Assurément Decreuse. Et que peut on espérer d'une telle Afrique ? C'est qu'au fond la question du progrès n'est qu'une chimère

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