Tazartché ou le chaos

Ce n'est un secret pour personne que le tazartché fasse couler beaucoup d'ancres et de salives. Les partisans de ce mouvement veulent comme le nom l'indique la continuité du mandat du président de la République. Mais au fait pourquoi le tazartché ? Il y a une raison fondamentalement qui est avancée pour légitimer la continuité du mandat de Tandja Mamadou : « le président a ouvert plusieurs chantiers c'est mieux de laisser les parachever ». L'on voit, pourvu que l'on soit honnête que cette raison ne tienne pas. En effet l'état est une continuité, en vertu de ce seul principe l'on ne peut permettre la prolongation du mandat du président Tandja. Aussi, s'il suffit d'ouvrir des chantiers pour se voir octroyer un mandat, des figures comme Nelson Mandela allait être toujours au pouvoir, ou encore Roosevelt l’homme de la crise financière de 1929.Il faut dire le projet tazartché n'est plus ni moins qu'une entreprise de vampirisassions du peuple. Il y a des gens tapis à l'ombre du pouvoir qui se sucrent dans le luxe insolent et le dédain du peuple. Alors, il faut tout faire pour se maintenir dans ce cercle même au prix d'une mise en parenthèse de la constitution. En fait Tandja même dans ces discours n'est pas contre cette macabre entreprise au contraire il l'encourage et l'entretien en sourdine.Pour arriver à ce dessein les adeptes de Tazartché ont deux cartes en main. La première c'est celle de l'assemblée à travers la modification des articles empêchant ce projet ; notamment le fameux articles sur la durée du mandat présidentiel et pour charrier quelques adeptes de la modification de la constitution comme le RDP, ils peuvent aussi proposer la modification de l'article portant amnistie des auteurs de coup de force de 96 et 99 tout en faisant fi bien entendu du verrou constitutionnel.Cette première alternative a peu de chance d'aboutir. D'abord, parce qu'il est presque impossible pour le MNDS d'avoir les 4/5 des députés pour des raisons que vous connaissez. Le MNSD est aujourd'hui un parti morcelé, nous avons des députés pro Hama Amadou et des députés pro Tandja. Aussi même au sein des alliés le parti vert ne peut également mobiliser les députés à 100 % pour le vote, encore moins l'ANDP dont on connaît les affinités du leader avec l'ancien premier ministre Hama Amadou. C'est conscient certainement de cet état de fait que le président à intimer aux députés de verser les indemnités perçues par simples délibérations histoire de ramener les brebis galeuses à adhérer au projet tazartché. Aussi, le président ne peut pas se permettre de modifier l’article sur l’amnistie au risque de se mettre la corde au cou et précipiter sa chute par un complot militaire.La seconde option est la dissolution de l'assemblée et la convocation d'un référendum sur la question. Cela est jouable, en effet les tazartchis peuvent compter sur leur capacité à bourrer les urnes, à mobiliser tous les maillons du pouvoir pour ça. C'est juste la majorité du peuple qu'il faut avoir.Mais là aussi la campagne risque d’être âpre. Rien n’est gagné à l’avance.Ce projet en fait cache des préoccupations politiques inavouées, outre l'assurance de la continuité des prébendes pour les "accrochés" du pouvoir, il y a en fait la préparation d'une alternance arrangée, non pas entre Seini et Tandja, Mahamadou et Tandja, mais plutôt entre ce dernier et le locataire du ministère de l'intérieur. Ainsi, Seini serait la première victime de Tazartché.Quoiqu’il en soit le tazartché n’augure rien de bon pour le Niger. Il plongera assurément le pays dans un abîme politique, un chaos qui débouchera sur des querelles mesquines, le clientélisme, le bradage des biens publiques et même la guerre civile si on n’y prend garde. Car dans les jeux politique aucun coup n’est sûr, et les coups les plus sûrs peuvent être hasardeux.Si c’est vrai que la bouche qui a tété n’oublie jamais la saveur du lait, c’est aussi vrai qu’on ne grandit pas en tétant toujours le lait.Maman SaleySociologueZinder
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