Sur TF1, stars du net = stars de la loose

Ai suivi hier le reportage de "7 à 8" sur TF1, consacré aux stars du net. Après l'affaire du reportage de France 2 sur Facebook, on pouvait s'attendre à ce que la Une fasse un peu mieux, ne serait-ce que par envie de se démarquer. Raté. Ce reportage, quoique sympathique, faisait plusieurs raccourcis poussifs, preuve de l'ignorance sinon de la maladresse des grands médias quant aux questions de nouvelles technologies, d'internet et de média 2.0 :

Je les ai listés pour disséquer le phénomène plus global du "reportage tv sur internet" :- raccourci n°1 : une vidéo virale fait une star; à l'exemple de quelques-unes des vidéos les plus vues sur un site de vidéo en ligne, TF1 en a décrété des "stars". C'est un peu court, et il aurait fallu s'intéresser au mode de comptage par millions de "vues" qu'on nous propose depuis le début... Le disséquer ou au moins l'expliquer.- raccourci n°2 : un seul site de vidéo fait autorité visiblement; au moins aurait-on pu citer l'ensemble des sites de partages de vidéos au-delà du seul YouTube... Voir souligner l'absence d'étude croisées dans les doctes instituts concernés en France...- raccourci n°3 : les stratégies online se résument aux sites de partage vidéo; quid de l'audio, des sites officiels, des sites propres d'artistes? on aurait aimé le savoir, avoir des chiffres, etc. Comme apprendre un peu, un minimum, de la manière de faire ses vidéos, au-delà de la simple webcam que l'on montre...- raccourci n°4 : où sont les vraies stars du buzz web? Quid des Rémy Gaillard, Brother & Brother, ou dans un autre registre des Arctic Monkeys, Lily Allen, etc. On aurait aimé un peu plus d'histoire de la chose, de contextualisation et de relativisation du phénomène les "beaufs au pouvoir sur le web"...- raccourci n°5 : le web viral, c'est avant tout des beaufs, des ados obèses, des paumés qui se parlent à leur nombril... Un peu court et facile. Il est tellement plus simple de stigmatiser ce que l'on ne connait ni ne pratique.Bref, quelques rappels au passage de ce sujet, à mes confrères de ce magazine chez TF1 :- quelques clics sur un site sur internet ne font pas une enquête nourrie et diffusable;- un seul portrait suivi et détaillé (celui du jeune guitariste) ne fait pas non plus une matière suffisante;- des experts ne sont pas de trop pour amener commentaires et distance;Au final, le format tv était peut-être un peu court et elliptique pour traiter de ce sujet correctement, et ne constituait même pas, à mes yeux, une bonne entrée en matière sur la question. J'imagine une personne n'y connaissant rien, désireuse de se documenter, et voyant cela comme un sujet pédagogique. Que va t-elle en retenir? Que le web participatif, c'est des nullos qui font les gogos devant leur webcam, suivis par des millions de moutons prêts à gober n'importe quoi en ligne. De quoi donner envie d'intégrer cette dimension dans l'approche 2.0 des médias de demain...
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