Suisse : haro sur les grands patrons !

Par Charline Vasseur

Le 3 mars, les Suisses étaient appelés aux urnes pour un référendum d’initiative populaire. Ils ont tranché à près de 68% : les actionnaires contrôleront désormais les parachutes dorés des grands patrons. Une décision populaire exceptionnelle dans un pays pourtant connu pour son libéralisme économique.



C’est une petite révolution pour la très libérale Suisse. Fini les rémunérations mirobolantes pour les chefs d'entreprises cotées ! Grâce à l’initiative Minder, les actionnaires auront désormais voix au chapitre en ce qui concerne les salaires de leur patron. En économie, c’est ce qu’on appelle le principe du “say on pay”, autrement dit le vote des actionnaires.

A l'origine de cette initiative Minder, Thomas Minder, un sénateur et entrepreneur suisse de 53 ans. De l’autre côté des Alpes, il incarne le combat des petits contre les puissants. La débâcle de la défunte compagnie aérienne Swissair en 2001 a failli mettre l’entreprise familiale de Minder sur la paille. Ecoeuré par l’attitude du PDG de Swissair qui s’était alors envolé avec des millions en poche, le Suisse décide de se battre pour une économie plus saine. En 2008, il dépose une initiative populaire contre les rémunérations abusives, portée par la quasi-faillite de la banque suisse UBS la même année.
A la sortie du scrutin de dimanche, il n’a pas caché sa satisfaction.

La Suisse n'est pas la seule à faire la guerre aux très gros salaires. L'Union européenne est en passe de plafonner les bonus des banquiers. Le 28 février, le rapporteur autrichien du projet, Othmar Karas, a souligné le caractère inédit d’une telle réglementation.



Une leçon très concrète tirée directement de la crise… Mais en Europe, on s'en remet encore au bon vouloir des grands patrons. Par exemple en Allemagne, le patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, a accepté – forcé par l’opinion publique – de revoir à la baisse ses 17 millions d’euros de salaire prévus pour 2012. Et puis on se rappelle de Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan, qui a décidé de reporter de trois ans une partie de son salaire. Voici les raisons de sa décision.



Un geste, c’est vrai, mais tout de même très limité et qui reste peu courant. Mais on l’a vu le vent tourne en Europe. Et certains espèrent que le cas de la Suisse fera effet boule de neige.
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Chaque semaine, le Buzz du Carrefour de l'Europe est repris et diffusé sur l'Atelier des médias. Cette chronique explore les vidéos et les histoires décalées qui ont fait le Ramdam en Europe et qui, souvent, sont passées inaperçues en France et dans le reste du monde.

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