Ajras al-Hurriya est un quotidien indépendant au Soudan. Indépendant, cela veut dire que les journalistes tentent de résister à la censure mise en place par les autorités. Après une période de relative ouverture en 2007, le carcan s'est resserré et les ciseaux des censeurs soudanais sont à l'œuvre à nouveau. A tel point que les journalistes de plusieurs rédactions se sont mobilisés à l'automne dernier à Khartoum et une soixantaine de journalistes ont été arrêtés à l'issue d'une manifestation contre la censure. Parmi eux, plusieurs journalistes de Ajras al-Hurriya.

Ce sont les journalistes de ce quotidien indépendant dont notre correspondant au Soudan, Stéphane Aubouard, a suivi le travail. Après avoir écouté son reportage, vous pouvez lui adresser vos questions dans les commentaires de ce billet. Il y répondra dans la prochaine édition de l'Atelier des médias. Les commentaires sont maintenant fermés, l'émission est enregistrée.

Ecoutez le reportage (8 min. et 10 sec.)


[Photo: AFP]

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Commentaires

  • Chers journalistes soudanais,
    Ce n'est pas la premiere fois qu'un journal independant est sujet à censure de la part des autorités legales. Je peux meme dire que beaucoup de "quotidien" connaissent des situations similaires à la votre. Mais, ce n'est pas une assez bonne raison pour vous laissez intimider par les menaces de toutes sortes. C'est vrai que cela peut intenter à votre vie, mais ne vous repliez pas.
    FELICITATION!!!! pour ce travail de haute facture que vous avez accompli.
    Au nom de la LIBERTE D'EXPRESSION et au nom de la LIBERTE DE LA PRESSE je vous conjure de continuer à lutter. Je suis de votre coté.

    Il vous reste beaucoup à faire! bon courage et bon succes car la lumiere jaillira de votre lutte.

    Excellent travail, Philippe Couve!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
  • @ Ndiaga Diouf

    L'association journaliste + soldat m'a aussi donné pas mal à réfléchir.
    Finalement, à quelque chose près, c'est peut être comparable aux journalistes "embedded" de CNN ou de Fox News en Iraq?
  • Bonjour, je crois que ce journal veut faire tout simplement son metier de presse, il ne faut qu'il laisse tomber, car ce probleme arrive partout dans le monde.meme dans mon pays (Haiti), la presse n'est pas en securite ils leurs menacent toujours pour son boulot.
  • Bonjour à tous!

    Moi, je trouve ça très bien. Le fait que le quotidien arrive à resister à la censure. Mais ce que je voudrai savoir c'est la stratégie que les journalistes utilisent pour arriver à cela. Comment ils font, en dépit du contrôle du gourvernement, pour résister ? Les autres journaux ou radios pourraient, peut être, essayer la même stratégie pour aussi contourner les censures. Et là je ne parle pas seulement de la presse au Soudan mais en Afrique toute entière. Puisque, comme l'ont souligné les amis, la presse africaine est confrontée au quotidien à ce "phénomène" de censure.

    Merci et à plus!
  • Salut à tous! Cette situation de la presse au Soudan est la même dans plusieurs pays d'Afrique, même des pays que l'on considére comme démocratiquement et économiquement trés avancés.Dans ces pays la censure prend plusieurs formes. On essaie d'asphyxier la presse qui a du mal à vivre de la publicité et de la vente. Chez moi au Sénégal depuis quelque temps c'est le probléme de l'aide à la presse qui se pose, une somme de cinq cents millions qui ne représente rien mais qui fait beaucoup de bruit dans un pays pionnier en matiére de presse.Et retenez qu'un journaliste est en prison ici pour trois ans ce qui est triste même si on n'est pas d'accord sur toute la ligne avec le confrére concerné.
    Mais un journaliste à la fois journaliste et combattant d'un mouvement est-ce vous avez jamais eu échos d'une telle expérience ailleurs?
  • - Quel peut -être l'intérêt de la création d'un syndicat de journaliste? Comment serait-il organisé pour ne pas être partisan, pour un seul bord politique, l'opposition?

    Mais, somme toute, il est édifiant d’apprendre que malgré ces vicissitudes, des gens osent se battre pour un changement démocratique là où cela n’existerait pas, et pour cela je tire mon chapeau à toute l’équipe de Ajras al-Hurriya et leur souhaite beaucoup beaucoup de courage !!!
  • Ce qui m’amène ici à m’interroger sur les questions suivantes, auxquelles je souhaiterai avoir des réponses si possible :
    - Qu’est-ce qui a réellement motivé l’organisation d’un tel reportage ? Qu’est-ce qui a justifié cette envie de fureter dans l’univers de ce journal ?
    - Quels ont été les fondements exacts et les conditions de création de ce journal ?
    - Quelle est la ligne éditoriale du journal ?
    - Quels sont les critères d’admissibilité des journalistes au sein de cet organe de presse ? Qui peut être journaliste au sein de cet organe ?
    - Comment s’organisent les conférences de rédaction au sein de ce journal pour qu’il n’y ait point une forme d’orientation dans le choix des sujets de reportage ? Les sujets de reportages sont-ils toujours conçus pour critiquer la politique en vigueur ? Et pourquoi ?
    - Quelles sont les sources de financement du journal, les soutiens possibles existent-ils, qui sont-ils, et de quel bord politique ? comment s’exécutent-ils ?
    - Quel est le profil politique et social de l’initiateur de ce journal ? Qui est-ce d’ailleurs ?
    - Quel est le sens exact de la dénomination du journal et à quelles justifications se rattache-t-elle ?
    - Si l’organe Ajras al-Hurriya est bien un journal privé, qu’est-ce qui justifierait et expliquerait que le gouvernement puisse y faire des mouvements de journalistes, sorte d’affectation ? Comment cela est-il d’ailleurs possible, et comment s’opèrerait-il ?
    - Sur les questions de la censure de la presse, peut-être serait–il intéressant de faire un bref commentaire sur la liberté de la presse au Soudan : loi, textes, conditions d’existences, …etc. !
    - Comment pourrait-on de l’extérieur soutenir ce journal sans être pris à parti ? Qui peut de l’extérieur le soutenir ?
  • Ajras al-Hurriya, le journal des sans voix ?

    Après avoir écouté ce reportage, il est , je crois, difficile de ne pas s’inquiéter sur l’existence même, le devenir et la survie de ce journal : en effet, j’ai eu l’impression après audition du reportage, d’avoir été dans un fourre-tout journalistique savamment organisé où la liberté dans le choix des sujets de reportage n’obéit pas une ligne éditoriale claire ou s’assimile fort bien à une forme de revendications corporatistes, révolutionnaires, compte tenu du fait que ses journalistes semblent être d’horizons divers et en guerre contre le pouvoir en place qui les asservirait!
    C’est vrai, ceci peut bien être une erreur d’appréciation de ma part, mais avouons qu’en regard de la dégradante situation politique qui sévit actuellement au Soudan, il est franchement difficile de croire que « la voix des sans voix » ne soit une voix partisane dans tous les sens du terme !
  • Bonjour,
    Je me demandais ce que signifiait et ce que recouvrait le caractère "indépendant" que prêtent les journalistes de Ajras al-Huriyya à leur titre. S'agit-il d'une entreprise privée ? D'une initiative d'un courant réformiste? Ca veut dire quoi, "être la voix des plus défavorisés" quand il semble déjà difficile d'être "tout simplement" la voix de citoyens?

    Chez le voisin du nord, en Egypte, tout un pan de la presse se dit également indépendant, généralement selon la formule du "ni-ni-"; comprendre: "ni lié au régime en place, ni lié à un parti politique". Au total, on retrouve dans cette catégorie fourre-tout les journaux de partis en voie de constitution (en attente d'une autorisation), ainsi que des entreprises "capitalistes" de presse, et même le porte-voix hebdomadaire d'un député "indépendant" (sans étiquette politique, mais avec un agenda).

    En comparaison, comment peut on se définir indépendant sur le marché de la presse soudanaise quand on peut être à la fois soldat et journaliste, et même, à la fois soldat et correspondant de guerre (!?) ? Comment se distribuent les catégories d'acteurs sur le marché de la presse? Y a t il une presse partisane (pour peu qu'il y ait le multipartisme au Soudan) ? Quels journaux le syndicat regrouperait-il, s'il voyait le jour?
    Merci
  • BONJOUR, j'aimerais savoir la nature de cette censure qui affecte la voix des journalistes, qui sont tout d'abord les yeux de la verité ,si vous me le permettais de dire cela. et qu'elle la cause qui a déclenché les arrestations des journalistes?
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