Fin janvier, l'application de messagerie éphémère Snapchat a lancé "Discover". Une fonction qui permet d'accéder à une sorte de mini-kiosque à journaux au sein de l'application (pour y accéder : balayer l'écran 2 fois vers la gauche). Depuis, Snapchat fait le buzz dans les milieux médias.

Le volume d'audience est parait-il spectaculaire. Se compte en millions, affirment les uns. Comparable à la puissance d'une chaîne de télévision, assurent les autres. Probablement aussi révolutionnaire pour l'info que le fut Twitter, estiment d'autres encore. 

Pour la startup dont la valorisation continue de grimper vers des sommets toujours plus improbables, c'est sans aucun doute une bonne nouvelle : en démontrant sa puissance, elle ouvre la voie à un modèle de revenus potentiels, par exemple publicitaire. De quoi rassurer les nombreux investisseurs qui ont fait gonfler sa valorisation au fil des tour de tables.  

Pour les médias, c'est aussi une apparente bonne nouvelle : auraient-ils trouvé enfin modèle de distribution de contenus sur le mobile innovant ? Une façon d'atterrir dans les mains de la fameuse nouvelle génération de consommateurs de contenus à l'attention limitée ?

Pas sûr, car les premières offres de contenus proposées par Discover sont plutôt décevantes. Les chaînes de Yahoo, CNN, Vice ou Cosmopolitan que l'on y trouve n'utilisent pas les codes particuliers de l'interface et de l'expérience utilisateur Snapchat. On regarde des vidéos ou déroule des textes comme on pourrait le faire sur Vine, Instagram ou un site Web. 

Paresse des médias ? On a l'impression une fois encore que l'innovation est à sens unique : Snapchat a réfléchi comment utiliser sa plateforme à des fins autres que de la communication entre personnes, mais les éditeurs de contenus ont oublié de faire leur part du travail. 

C'est un risque notable car si les médias ont envie de toucher les utilisateurs de Snapchat, les utilisateurs de Snapchat n'y vont pas pour consommer du média de prime abord. 

Il reste toutefois un peu d'espoir : il y a bien des médias comme Mashable, NPR, Vanity Fair qui ont créé des comptes sur Snapchat et utilisé les codes de l'interface pour imaginer une nouvelle grammaire éditoriale. Un élément clé notamment : le maintien du doigt sur l'écran pour afficher les contenus est un excellent témoin de l'engagement de l'utilisateur... C'est peut-être eux qui pourront faire de Snapchat un nouveau Twitter de l'actu... Plus personnel, plus direct, plus mobile... 

Dans ce domaine, il faut aussi guetter des acteurs comme Whatsapp, déjà utilisé par Pro Publica, pour créer des liens plus directs avec les lecteurs sur le mobile.
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