Slacktivisme ou l’activisme désengagé

Le web a donné la possibilité à tout le monde et n’importe qui de s’exprimer, dénoncer, condamner et critiquer, sans avoir à être rattaché à un quelconque parti, mouvement ou organisation. Ça, c’est un fait incontestable. Une incroyable révolution ou juste un changement des codes sans véritables conséquences ? Cela dépend de la vision de chacun. Mais il n’empêche qu’à un certain moment, on était tous -ou presque- tenté de croire que le militantisme électronique, sera moins renfermé, plus spontané et sincère, et peut-être plus fort ! Malheureusement, avec le temps, la thèse parait fausse : de moins renfermé il passé à plus individualiste, de plus spontané et sincère il est passé à moins responsable. Et de plus fort, il est passé à moins impliqué !

Au bout de quinze années d’existence, on ne parle plus de militantisme électronique mais de slacktivisme (oui, encore du franglais :p) . Progressivement, et avec la démocratisation du web suivi de l’avènement des réseaux sociaux, les comportements ont changé et les internautes qu’on croyait « révoltés » ne sont finalement que des slacktivistes sympathisants, bien tranquilles derrière leurs écrans (lire l’excellent billet du journaliste américain Malcolm Gladwell à ce sujet, et celui du blogueur’Olivier Mermet publié sur Owni, où on explique notamment, comment les réseaux sociaux ne représentent pas des espaces de contestation et s’ils sont un moyen de forte mobilisation et de diffusion, ils demeurent un outil de faible pression).

L’activisme au temps des réseaux sociaux : c’est changer son avatar en fonction de la cause ou de l’évènement, c’est signer une pétition virtuelle (souvent sous un faux nom), c’est un hashtag sur twitter ou un bouton "j'aime" sur facebook ! Le simple fait de voir sa photo de profil dans un groupe quelconque suffirait à soulager la conscience : Unis pour vaincre le cancer, Unis contre la guerre, Unis pour le boycott des produits x, Unis pour sauver la forêt (sachant que cette union est une union de façade qui, pour la plupart du temps, ne signifie rien !). En fait, le slacktiviste est un désengagé qui croit sauver le monde derrière son écran…

D'où ma question : L’activisme sur internet, est-il vraiment du militantisme, ou s’agit-il juste de sa caricature ?
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