Une liasse de lettres, une bible, des livrets scolaires et une photo de classe. Ces objets laissés derrière elle par Louise Pikovsky, une ancienne lycéenne déportée pendant la Seconde Guerre mondiale. Voici les outils avec lesquels ont travaillé, main dans la main, une professeure, une documentaliste et une journaliste, pour reconstituer la mémoire de la jeune fille. Travail conséquent, diffusé sous forme d'un webdocumentaire intitulé "Si je reviens un jour". Reportage de Marie-Stéphanie Servos et Constance Léon sur cette enquête journalistique, historique et éducative de Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24.

Tout commence en 2010. Christine Lerch, une professeure de mathématiques du lycée La Fontaine, retrouve dans un placard de l’établissement une liasse de lettres, des livrets scolaires, une photo de classe et une bible datant de la Seconde Guerre Mondiale. Ces documents évoquent tous une ancienne étudiante du lycée La Fontaine : une certaine Louise Pikovsky. Quelques années plus tard, la professeure de mathématiques est sur le point de prendre sa retraite, elle transmet ces archives à Khalida Hatchy, professeure documentaliste. Cette dernière fait appel à Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24. L'objectif de toutes ces personnes est d'en savoir plus sur le destin de cette jeune lycéenne et des autres déportés du Lycée La Fontaine. 

La correspondance entre l’élève et la professeure, pièce centrale de l’enquête

Les archives retrouvées par Christine Lerch constituent les pièces de puzzle d’une vie. Khalida Hatchy, une professeure documentaliste du lycée La Fontaine demande à Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24, d’enquêter sur cette jeune fille. La journaliste s’est en effet spécialisée sur les thèmes d’histoire, en particulier sur celle de la Première Guerre Mondiale. Stéphanie Trouillard se plonge alors dans la correspondance, constituée d’une dizaine de lettres.

Pendant un an, Stéphanie Trouillard part sur les traces de Louise Pikovsky, grâce aux sites de Yad Vashem, le Mémorial de la Shoah de Jérusalem et celui de Paris. Pas à pas, elle retrace le destin de cette jeune fille juive, déportée avec sa famille en janvier 1944 vers Drancy, puis en février, vers Auschwitz. Stéphanie Trouillard a retrouvé plusieurs personnes qui ont connu la jeune fille : des membres de sa famille et des amies.

Une jeune femme ordinaire incarne les mémoires de la Shoah

Pendant l’été 1942, Louise Pikovsky et Anne-Marie Malingrey, sa professeure de latin-grec au lycée La Fontaine, s’écrivent régulièrement. L’amitié et la confiance que partagent les deux femmes transcendent les mots qu’elles échangent. La correspondance s’achève sur une dernière lettre datée de janvier 1944 : “Nous sommes tous arrêtés. Je vous laisse les livres qui ne sont pas à moi et aussi quelques lettres que je voudrais retrouver si je reviens un jour”. Un mystère demeure : où sont passés les écrits d’Anne-Marie Malingrey à Louise Pikovsky ?

Louise Pikovsky incarne, sous les traits d’une jeune fille souriante, une facette de la mémoire des victimes de la Shoah. Pour contextualiser son histoire, la journaliste a aussi intégré les témoignages d’historiens, comme Serge Klarsfeld et de déportés rescapés des camps de la morts.

L’enquête pour sensibiliser, le webdocumentaire pour transmettre

La mémoire des victimes des déportations est aussi transmise aux nouvelles générations. Les lycéens de La Fontaine ont, eux aussi, participé aux recherches. Plusieurs lycéens de première ont fouillé, avec leur professeur d’histoire, les archives récoltées par Stéphanie Trouillard, et les ont recoupé avec celles de Yad Vashem. Ils ont même retrouvé une autre élève du lycée déportée pendant la deuxième guerre mondiale : Berthe Baumann. Les recherches sur cette jeune femme sont toujours en cours.

Une plaque en l’honneur de ces étudiants et des professeurs résistants du lycée parisien sera pour la première fois apposée sur les murs de l’établissement en octobre. Le webdocumentaire retrace l’enquête sur ce destin et des témoignages qui balaient le XXème siècle. Il est désormais utilisé par certains professeurs d’histoire pour enseigner la Shoah au lycée.

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Journaliste en apprentissage chez RFi, à l'Atelier des Médias et Mondoblog

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