Mes trois mois de vacances m’ont rendu très paresseux et m’ont fait reprendre comme d’habitude un luxe qui ne me sied point, ni en tant qu’individu ni en tant que citoyen d’un pays sous développé ou de manière plus simple à comprendre, d’habitant d’un pays pauvre et en retard dans les sciences et dans les philosophies et dans les techniques sur lesquels s’appuyèrent et s’appuient plus que jamais aujourd'hui encore tous les pays développés et tous les hommes épris de progrès et de développement. Le luxe de dormir jusqu’à ce que le soleil arrive au sommet de mon crâne.

Néanmoins, aujourd’hui, je me suis débrouillé pour me lever à 5 heures du matin. Parce que l’autorité administrative de mon service, le Lycée des Parcelles Assainies, ayant sans doute constaté un retard manifeste dans le démarrage des cours, a affiché une circulaire mentionnant avec tout le sérieux administratif sénégalais connu de tous, que « les cours démarrent impérativement le 13 octobre 2010 ».Officiellement l’ouverture s’est effectuée administrativement le 05 octobre.

Pourtant aujourd’hui jusqu’à 8 heures 30 minutes, il n y a personne dans le lycée si ce n’est que deux surveillants et cinq professeurs. Des groupuscules d’élèves venus pour s’inscrire-certains étaient là bien avant huit heures-qui attendent l’arrivée du personnel désigné pour les formalités de leur inscription.

Dans la classe où je devais normalement faire cours, personne, si ce n’est que moi-même et mon ombre. Pourtant la salle sera pleine à craquer comme d'habitude( entre 50 et 60 élèves,quelquefois même 70 et même plus.Où sont-ils et pourquoi ne sont-ils pas encore présents?

Des tables comme si elles étaient là depuis les premières générations de l’école « moderne » sénégalaise. Une élève portant un foulard blanc sur la tête et autour du cou,arrive timidement dans la salle à côté de celle où je me tenais à la porte. Elle salue et entre puis sort. Elle me demande « monsieur les cours commencent quand ? »Je lui réponds quand il y aura des professeurs et des élèves et les autres éléments nécessaires. Elle me dit

-Mais monsieur, est-ce que avec ça on pourra se développer ? Je lui ai répondu que bien sûr puisque ton inquiétude est déjà une condition essentielle pour ce développement.

L’école ouvre ses portes mais beaucoup de parents d’élèves semblent-ils ne peuvent pas encore venir inscrire leurs enfants. Car le coût de l’inscription n’est pas semble-t-il à la portée du plus grand nombre puisque sur un total d’environ 2000 élèves, il n y a pas encore plus de 300 inscrits.

L’école ouvre ses portes au Sénégal avec l’espoir de conserver les acquis à défaut de les parfaire, et pourtant des centaines de vacataires et de contractuels attendent toujours entre 1 et 12 mois de salaires non encore payés. Et malgré tout, il semble que l’école sénégalaise aurait reçu une haute distinction de l’extérieure. Et cette situation aussi les organisations sénégalaises des droits de l’Homme et de l’Enfant en particulier n’en parlent pas, parce que sans doute elles ne savent rien des conditions de ses travailleurs et des conditions de ces élèves, bien que sachant « parfaitement" ce qui se passe dans les daaras et des « tortures » policières et des autres « crimes » de cette institution.

L’école ouvre ses portes mais je parie que la plupart des inspecteurs de la vie scolaire ne savent rien ou presque rien de réel de la vie des établissements dont ils ont la surveillance en charge. Si les inspecteurs de notre police nationale étaient aussi étrangers aux terrains et aux dossiers de leurs enquêtes, le pays serait invivable. En cela donc au moins ceux là ont du mérite malgré leurs échecs et leurs erreurs. Au ministère de la modernisation de l’Etat, un agent m’a donné les raisons d’une situation qui m’inquiéta beaucoup en tant qu’agent de l’Etat : de 2006 à 2009 aucune de mes notes n’a été transmise à qui de droit !Dans certaines administrations j'aurais bien pu porter palinte et être sûr de remporter mon procès et il ya beaucoup d'autres torts et procès de cette nature que les élèves ou les parents d'élèves ou d'autres acteurs du système auraient pu remporter.

Malgré tout, nous pouvons encore nous attendre à de bons, et même à de très bons résultats à la fin de l’année pour diverses raisons. Mais l’essentiel est-il seulement d’atteindre son but ? Pour les stoïciens, il est aussi fondamental de réaliser sa fin, c’est-à-dire,de faire ce qui dépend de nous et de l’assumer, dans la meilleure comme dans la pire des situations.

Je ne suis pas convaincu que les propos de ce membre du gouvernement français soient universels : « Le gouvernement dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit ».Mais j’aimerais vivre et mourir dans et pour les Etats dont les gouvernements sont ainsi, fussent-ils sous les modèles parfaits de direction de l’autoritarisme ou du totalitarisme.

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...