Révolution : La tentation du copier-coller

En 2012, à l’occasion d’une mobilisation monstre à Lomé, certaines personnalités politiques togolaises d’opposition se sont pris à rêver d’une révolution à la Tunisienne, à l’Egyptienne ou à … la Burkinabé. Suffit-il de mobiliser pour faire une révolution ?

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour qu’une mobilisation, spontanée ou non se transforme en révolution :

  • L’étincelle : un événement, une suite d’événements que l’on supporte patiemment. Et puis, quand le vase est plein, il n’y a plus rien à faire. En période de dictature, un peuple silencieux est surtout une bombe à retardement qui accumule les griefs.

  • La détermination : à l’aide d’une arme, obligez un homme à courir jusqu’au mur. Quand il ne pourra plus avancer, il ne pourra que se retourner. Il deviendra à son tour un danger pour vous, car il ne craint plus désormais la mort. Plus rien ne le fera reculer. Cette détermination, combinée à la psychologie de la foule, nourrit la mobilisation.

  • L’organisation : une mobilisation doit être canalisée. Il ne s’agit pas tout simplement de faire défiler des leaders politiques qui viennent délivrer un discours. La mobilisation doit être bien organisée, avoir un objectif et ne s’éteindre que quand ce dernier sera atteint.

Il ne s’agit donc pas de donner des phrases faciles du genre :

« si les Tunisiens l’ont fait, nous pouvons le faire aussi ».

Le fait que les Tunisiens, Egyptiens ou Burkinabés l’aient réussi n’est pas suffisant comme motif.

Chaque pays est un cas à part, à considérer en tant que tel, même s’il fait partie du grand engrenage d’un monde interconnecté. Je reste convaincu que quand l’heure du peuple aura sonné, il n’aura pas besoin qu’un leader politique lui dise de se mobiliser.

« Rien n’est plus puissant qu’une idée
dont le temps est venu ».
Victor Hugo

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Commentaires

  • Que chaque pays concerné fasse sa propre révolution.
    En Afrique, on a tendance à copier ce qui se fait chez le voisin.
    Le Burkina Faso à fait sa révolution, avant c'était le Sénégal. Comparées, les deux révolutions avaient leurs particularités.
    À qui envisage une révolution populaire, qu'il se trouve un leader et s'organise mieux afin d'éviter les mêmes pertes de temps et les mêmes travers qu'au Burkina Faso.
  • Souvent,il faut un enflammé ou une situation extrême pour que le peuple se soulevè,un mobilisateur,un déclencheur. vrai que tout les pays ne sont pas les mêmes,de part l'histoire,la géographie,la politique et les mœurs mais mis la tête sous l'eau,le réflexe tend a être le même cad survivre d'où la nécessité de cadrer et d'orienter toute révolution sans cela  ça ne sera que pur perte en vie humaines,en liberté et en développement et ca n'avancera pas l'Afrique....mais rien n’empêche d'essayer.

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