Retour au Vernet : un journaliste face à la catastrophe

Le 24 mars 2015, à 10h42, le vol 9525 de la Germanwings, parti quelques dizaines de minutes plus tôt de Barcelone en direction de Düsseldorf, s’écrase dans les Alpes du sud françaises ; précisément sur le territoire du Prads-Haute-Bléone à la frontière de la commune du Vernet. Chacun se souvient de l’émoi suscité par cette catastrophe et de la consternation qui a suivi quand on a compris, deux jours plus tard, qu’il s’agissait d’un acte délibéré du copilote de l’avion. Pour notre invité du jour, l’émotion a été particulière car il connaît bien le lieu où l’appareil s’est abîmé. Nicolas Balique est journaliste. Il a travaillé longtemps à RFI. Il vient de publier un livre qui a pour titre Retour au Vernet, sous titre  Mon village après le crash aux Éditions Gaussen.

Voici ce qu’écrit Nicolas Balique sur la journée du 24 mars :

“Lorsque j’apprends la nouvelle, je suis immédiatement saisi d’effroi. Ces montagnes, ce sont les miennes. Depuis mon enfance, j’y passe toutes mes vacances. J’en connais tous les sentiers. (...) Apprendre qu’une catastrophe de cette ampleur a pu se produire dans un lieu qui m’est si cher me paraît aussi inimaginable qu’insupportable. Je pense aussitôt à celles et ceux qui se trouvaient dans l’avion, aux familles qui les attendaient à Düsseldorf, à celles que les malheureuses victimes ont laissées à Barcelone. (…) Toutes affaires cessantes, je décide de me rendre sur place.”

Avant de partir, Nicolas emporte avec lui une caméra, par réflexe.



“Pourquoi ai-je pris la route? Que vais-je faire là-haut? Durant les deux heures de trajet vers Le Vernet, je suis pris entre plusieurs sentiments contradictoires. Je veux absolument me rendre sur place, mais à plusieurs reprises, j’ai envie de faire demi-tour. Ma connaissance du terrain et mon expérience de journaliste me permettraient à coup sûr de réaliser un scoop. Mais si j’agis de la sorte, je sais que je me mettrai en contradiction avec mes principes. Car ce sont mes montagnes ; Le Vernet, même si je n’y suis pas né, c’est mon village. Je ne peux faire commerce du malheur qui vient de s’abattre sur lui. Premier tiraillement entre ma profession et mes attaches. Il y en aura d’autres.”

C'est autour de ce tiraillement que se construit le récit de Nicolas Balique. Celui d'un "pays" dévasté par ce qui arrive à sa commune et d'un journaliste conscient du fait que le déferlement médiatique est inévitable. Le livre ne tranche pas. Il constate, raconte la violence de la catastrophe et de ses retombées sur ce petit coin paisible des Alples.

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Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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