Au menu de cette semaine, le développement des réseaux sociaux mobiles en Asie. La grande conférence GMIC Silicon Valley de San Francisco s'est interrogée sur le futur des des réseaux sociaux face à la concurrence nouvelle des services communautaires mobiles. Fait assez rare pour les rassemblements technophiles, elle était tournée vers les nouvelles tendances venues du continent asiatique.

 

Pour commencer, c'est Martin Lau, président de Tencent, qui a inauguré la conférence. Tencent est l'éditeur de quelques uns des plus gros services Internet chinois - et par conséquent dans le monde. Quelques chiffres clés : Tencent compte 800 millions d'utilisateurs actifs par mois, et vaut 100 milliards de dollars en Bourse.

La force de cet éditeur est de toujours adapter leurs services aux nouvelles tendances du net. L'équipe a commencé à éditer une messagerie instantanée en ligne, et a pivoté pour intégrer un réseau social. Il en a été de même pour WeChat, l'application social mobile qui concurrence WhatsApp, Viber ou Line. Puis rapidement, des jeux, un service de micro-blogging et de e-commerce ont vu le jour.

 

L'autre tendance intéressante présente à la conférence était Xiaomi, un fabricant chinois de terminaux mobiles. Il vient de débaucher un des grands directeurs de Google, Hugo Barra, pour prendre en charge leur stratégie tournée vers l'international. Ce qui est intéressant avec Xiaomi, c'est le choix d'adapter au hardware, c'est-à-dire aux terminaux physiques, une stratégie que l'on voit beaucoup dans les logiciels : faire des prototypes et changer rapidement et régulièrement le produit. Ainsi, tous les 100 terminaux vendus par Xiaomi sont différents des 100 précédents.

 

Le Japon était représenté par Line, un réseau social mobile. Lancé en 2011, Line a franchi le cap des 200 millions d’utilisateurs en juillet 2013 et compte aujourd'hui plus de 270 millions d'utilisateurs. Cette messagerie mobile communautaire vise également l'international, et veut devenir un portail d'accès vers les utilisateurs de plateformes pour n'importe quel éditeur de services.  

 


Les réseaux sociaux traditionnels vont-ils succomber face à la concurrence des services communautaires mobiles ?

 

Selon les développeurs de ces applications ou services mobiles, le but est de répondre à des contextes particuliers et de mettre les utilisateurs en contact avec leurs proches et non avec tous ces "amis" ou "followers" ajoutés anonymement sur Facebook ou Twitter. Les acteurs établis des réseaux sociaux jouent donc la carte de la concurrence. Ils prévoient de lancer à leur tour une multitude d'applications adaptées à des besoins différents. Facebook le fait déjà avec un service de messagerie et une application qui permet de gérer les Pages. LinkedIn multiplie les applications. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le rachat de Pulse, l'application de news. Il y a aussi Contacts, une application pour recruteurs, et le lancement, tout frais, de LinkedIn Intro.

Les acteurs du social et du mobile se déchainent pour inventer toujours plus, à voir quel univers l'emportera au final.

 

Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle vit depuis 2013 aux Etats Unis où elle a été Knight Fellow à Stanford. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.

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