Reportage/ Entendu, hier par un juge d’instruction

Blé Goudé fait remuer le Palais

-         Le film d’une terrible journée pour les journalistes

Le président du Congrès panafricain des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé a été entendu, hier mercredi 30 janvier, au Tribunal de première instance du Plateau.

Le président du Congrès panafricain des jeunes patriotes (Cojep), Charles      Blé Goudé, n’a rien perdu de son sens d’harangueur de foules. Il l’a démontré,hier mercredi 30 janvier au Tribunal de première instance du Plateau. Ce, à sa sortie du poste de police où il a été gardé à vue quelques heures avant de rejoindre le bureau du juge d’instruction en charge du dossier, la doyenne Delphine Cissé Makouéni. Il a suffi que le président du Cojep lève les mains en l’air, pour que le beau petit monde qui a fait le déplacement, en guise de « soutien » pousse des cris de joie. En scandant son nom « Blé Goudé, Blé Goudé, Blé Goudé », pouvait-on entendre dans une foule qui a commencé à prendre du volume. Dès cet instant précis, le calme et les échanges fraternels entre les forces de l’ordre et les journalistes vont prendre une autre allure. Et pourtant…

 

Le film d’une folle journéeLégende: Charles Blé Goudé à sa sortie du poste de police où il a été gardé à vue avant d'aller au bureau du juge d'instruction

 

Dès notre arrivée à 7h50mn au Tribunal de première instance du Plateau, il y régnait un calme. En tout cas, chacun vaquait tranquillement à ses occupations. Les démarcheurs accostaient les passants pour leur proposer leurs services. Seule la présence inhabituelle des forces de l’ordre, déployées en grand nombre, tant aux alentours du Palais qu’en face du Temple du Thémis, achevait de convaincre qu’un fait nouveau devrait se produire. « On ne comprend pas pourquoi les policiers sont un peu partout, ce matin », s’interroge un démarcheur, qui a une idée de l’atmosphère qui règne au Palais. Il aura sa réponse sur les différents titres de journaux tenus par les vendeurs de la crié. En effet, les responsables des forces de l’ordre n’ont pas lésiné sur les moyens. C’est un fort détachement de la police qui a ceinturé tout le palais de justice du Plateau. Elles étaient visibles du côté du feu de l’immeuble du CCIA, au siège du Pdci-Rda, aux encablures de l’Assemblée nationale et en face de la Cathédrale Saint-Paul du Plateau. « On sait comment ça commence, mais on sait pas comment ça se termine », nous a confié un sergent-chef de police sous le sceau de l’Anonymat. Pour tout dire, la comparution de Charles Blé Goudé et le soutien que tenait à apporter les militants de son parti ne sont pas tombés dans des oreilles de sourds. Vers 8h30mn, les policiers, sur place, vont demander à tous ceux qui étaient accostés aux grilles faisant office de clôture de « vider » les lieux.Un autre groupe va se diriger vers les feux tricolores de l’immeuble du CCIA. Le cortège de Charles Blé Goudé, celui qui a été arrêté le jeudi 17 janvier 2013 au Ghana et extradé en Côte d’Ivoire dès le lendemain, vendredi 18, inculpé le lundi suivant et placé sous mandat de dépôt n’était plus loin. Les journalistes venus en grand nombre, pour ne pas manquer un seul instant de l’évènement ont pris d’assaut l’intérieur du Palais de justice. Juste en face du poste de police où devrait garer le cortège dans lequel, le génie deKpô devrait descendre. Ils n’ont pas eu tort. Sauf que, à 9h00mn, Charles Blé Goudé va faire son entrée, du côté opposé à l’entrée principale.Toujours avec la tenue dans laquelle la télévision ivoirienne l’a présentée quand les charges contre lui ont été signifiées. Une fois à l’intérieur, on va assister à un réel ballet incessant des avocats du président du Cojep jusqu’à ce que deux dames (une habillée en noir et l’autre en jaune), le rejoignent. C’était pour que son épouse, selon toute vraisemblance, Solange, lui donne des vêtements de rechange. Relaxe et bien entouré de policiers encagoulés, sans menotte aux poings sous le feu des flashs et dans le viseur des caméras des confrères des chaînes étrangères, il va sortir en chemise bleu-ciel. Il était exactement, 10h40mn. Comme à ses habitudes, il va lever les bras en guise de « victoire ». C’est en ce moment qu’il sera très ovationné par le beau petit monde au nombre desquels, badauds, amis, militants du Cojep et admirateurs rivalisaient d’ardeur pour se faire entendre. « Nous sommes venus pour soutenir notre leader, et ensuite entreprendre des démarches pour sa libération. On sait que rien n’est facile, mais nous avons foi », a soutenu le coordonnateur du Cojep de la Riviera III, Herman Bilé. Quant à l’un des plus proches du président du Cojep, Blé Sépé, il appelle « ses camarades » à la sérénité, « vous avez vu avec nos camarades qui sont venus le soutenir, le regarder. Je crois que, avec Charles Blé Goudé, nous avons de l’espoir. Toute la jeunesse ivoirienne et africaine a de l’espoir. Pour être un grand leader, il faut passer par-là. C’est le chemin obligatoire d’un homme politique averti. Je voudrais demander à nos amis de rester sereins. Car, Dieu va faire son travail». Non sans expliquer la mobilisation qui n’a pas été totale dans l’enceinte du Palais. « Si, il y a eu une forte mobilisation. Les forces de l’ordre ont bouclé un peu partout. C’est parce que les jeunes ont vu leur présence que certains se sont retournés, nous qui avons eu la chance de pénétrer dans l’enceinte du Parquet, sommes restés», s’est-il défendu.

 

Une terrible journée pour les journalistes

 

Jamais une audition n’a pris aussi de temps que celle que nous avons vécus, hier au Palais de la justice. Arrivés, pour certains vers 7h30 et pour d’autres un peu plus tard, les confrères ont vu des verts et des pas mûrs. Sous un soleil de plomb, ils ont été, à chaque instant, la cible des policiers, qui les intimement l’ordre de sortir. Les journalistes seront finalement éconduits aux environs de 12h15mn, hors du Palais. Avec eux, tous ceux qui étaient dans l’enceinte du Palais. Avant que les forces de l’ordre ne ferment hermétiquement le portail principal d’entrée. Dans l’attente du Conseil d’avocats de Charles Blé Goudé, avec à sa tête, Me Hervé Gouaméné, les confrères vont bravés les heures de la chaude journée, sous un soleil accablant. De 10h40mn, ce n’est que vers 17h30mn que les avocats de Charles Blé Goudé vont sortir pour se prêter aux questions des journalistes. La moisson sera maigre pour une rude journée au cours de laquelle personne ne saura où Charles Blé Goudé est détenu, depuis qu’il a été placé sous mandat de dépôt. « Mon client a été arrêté sans deal et il a refusé tous les débats de fonds, car il estime que la procédure est illégale », a soutenu Me Claver N’Dri, l’un des avocats Conseil de Charles Blé Goudé.

 

                                                                                                                    Sériba Koné

 

Mystérieux Blé Goudé

 

Charles Blé Goudé reste égal à lui-même. Un vrai génie. Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme le génie de Kpô. Contrairement à tous les autres détenus de la crise post-électorale, personne ne sait dans quelle prison le président du Cojep est détenu. Pourquoi un tel mystère autour du chef de la galaxie patriotique. Est-ce pour des raisons de sécurité? Tout porte à le croire, dans la mesure où nous avons assisté à un fort détachement des forces de défense et de sécurité. Mais de tout cela où est incarcéré Charles Blé Goudé ? Mythe et mystère.

                                                                                                                      Sériba K.

 

Ce que les avocats de Blé ont dit

 

Face donc à cette situation, le leader de la galaxie patriotique sous Gbagbo a refusé selon ses avocats d’aborder toutes questions de fond lors de sa nouvelle comparution.

« Monsieur Charles Blé Goudé se trouve aujourd’hui dans une maison quelque part comme il nous l’a dit lui-même. Il n’arrive pas comme il nous l’a dit lui-même encore géographiquement à identifier le lieu où il est détenu. Il nous a dit qu’il est dans une maison. En tout cas sachez, il n’est pas dans une maison d’arrêt. Nous avons estimé nous en tant qu’ivoirien en tant qu’avocat que notre client subissait une injustice qu’il faut dénoncer. Il nous a dit en plus qu’il subit une véritable torture morale, » a déclaré maitre N’Dri Claver à la fin de l’audition de son client.  Par ailleurs, Charles Blé Goudé a refusé dans ces conditions d’aborder toutes questions de fond, a indiqué l’avocat précisant au que son conseil n’a pas voulu réagir malgré les insistances du juge d’instruction de vouloir aborder le fond des choses.  Maitre N’Dri Claver a également soutenu que son client n’a pas eu cette attitude pour se soustraire de la justice. « Je voudrais dire qu’il ne s’agit pas pour lui en le faisant de se soustraire à la chose de la justice. Il a dit lui-même. Je suis là je suis en Côte d’Ivoire, je me veux respectueux comme j’ai toujours été des lois de mon pays. Je veux en retour lorsqu’on me reproche quelque chose, qu’on soit respectueux soit même de la chose de la loi», a-t-il expliqué.  La polémique alimentant l’arrestation et l’extradition de son client à Abidjan n’est pas du goût de l’avocat qui n’a pas hésité de répondre à tous ceux qui pensent qu’il aurait signé un deal avec les autorités ivoiriennes. « Pour finir dans ces conditions il est mal à propos de parler d’un quelconque deal en ce qui concerne sa venue en Côte d’Ivoire. Il a été appréhendé sans son avis et conduit en Côte d’Ivoire. Je tenais à le dire. Et je voudrais que l’opinion publique nationale le sache. Il n’y a jamais eu de busines entre Charles Blé Goudé et une quelconque autorité en Côte d’Ivoire», s’est-il justifié.  La maltraitance morale et la torture morale dont a fait cas Charles Blé Goudé à l’entame de l’instruction est quelque chose d’extrêmement dangereux selon maitre Gohi Bi Irié. « Ce n’est pas seulement Blé Goudé qui subit cette maltraitance morale. Même ses conseils que nous sommes, vous serez étonnés depuis qu’il est sous mandat de dépôt le 21 janvier nous avons seulement été autorisés aujourd’hui à communiquer avec lui dans les locaux du violon et encore que pendant que nous communiquions, si ce n’est pas manu militari qu’ils sont venus le chercher, parce que nous avons eu un temps record pour communiquer avec lui. Vous comprenez que c’est manifestement des situations qui ne sont pas honorables pour un pays qui se dit de droit. Parce qu’à la limite on peut être dans un état de droit et il faut encore que l’état de droit lui-même soit respecté Et quand des avocats à qui on cache le lieu de détention d’un client, vous comprenez qu’après des vas et viens dans le bureau du procureur de la république à qui nous avons adressé des courriers avec décharges, il n’est pas capable de nous dire où est notre client et qu’après avoir reçu avis de ce qu’il sera interrogé sur le fond de la question aujourd’hui qu’on retourne voir le procureur qui exécute le mandat de dépôt incapable de nous dire où est détenu le client et que seulement c’est le jour de son audition qu’on nous donne quelques heures. Vous comprenez que l’horizon s’assombrit sur ce procès», a dénoncé maitre Gohi Bi Irié.

                                                                                                                                                                                                                                                                               S.K.

ARTICLE A LIRE DANS LE QUOTIDIEN IVOIRIEN "ABIDJAN24"

 

 

 

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