Rédaction en chef unique au Kénya

Le Kénya a voté début janvier une loi sur les médias donnant les pleins pouvoirs au gouvernement, dans un quasi-désintérêt de la presse française.Il est des sujets d'actualité forts, l'investiture d'Obama, l'évolution de la crise économique, des régions en pleine souffrance comme la bande de Gaza, le Zimbabwe et bons nombre d'autres pays à travers le monde. Malgré cela, j'ai décidé de traiter d'un sujet qui m'interpelle d'autant plus qu'il a été zappé par l'ensemble de la presse française, même celle en ligne qui n'est pas sujette à des choix de traitements finis et à des limitations d'espace papier.De quoi s'agit-il ?Le gouvernement Kényan envisageait de faire passer une loi l'autorisant à avoir tout pouvoir sur le journalisme national, le projet de loi (d'amendement) 2008 controversé sur les communications -ou Kenya Communications (Amendment) Bill".Hormis quelques traitements médiatiques francophones de la part de l'AFP, de RSF, de la TSF, et une dépêche du Monde, le sujet avait fait l'objet de la plus grande indifférence de la part des médias français... alors qu'il était pourtant abondamment traité par les médias US (rappelons ici que le père d'Obama était Kényan, ceci expliquant peut-être cela).En décembre, je m'en été entretenu avec des confrères journalistes, profs ou blogueurs, qui m'ont tous parlé de la fameuse loi de proximité de l'information : plus un événement touche les centres d'ntérêt d'un pays et plus on en parle. Conclusion polie : ce sujet n'est pas assez intéressant.Mais début janvier, la loi est passé, intrônisant officiellement le Ministre de la Sécurité intérieure kényan comme rédacteur en chef de l'ensemble des publications (papier, radio et TV) du pays.Cette loi est d'autant plus controversée qu'elle autorise même l'accès aux messageries internet. Et son adoption d'autant plus choquante que le Kénya est un des pays les plus stables dans son aire géographique, et que Nairobi avait accueilli les belligérants de la R.D. Congo pour trouver une solution par le dialogue.L'histoire montre pourtant que la liberté de la presse est un des signes marquants du développement d'un pays.Chose rassurante : le Kénya n'est pas totalement oublié par les médias français qui ont massivement traité du limogeage de Francis Kimanzi, sélectionneur de l'équipe de foot nationale.Plus sérieusement, le gouvernement kényan envisage de revoir les amendements souhaités par les acteurs des médias, à la demande de Bruxelles.
Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...