Raconter le monde en BD : le pari de la Revue Dessinée

Le 12 septembre prochain, arrive dans les librairies de France, la Revue Dessinée. Portée par une équipe pluridisciplinaire, cette publication trimestrielle a pour ambition d'informer en bandes dessinées. Une drôle d'idée? Pas vraiment, comme nous l'explique notre invité, le journaliste David Servenay qui a pris part à cette aventure.

 

 

Bien connu de l'Atelier des Médias, David Servenay a un parcours exemplaire dans le journalisme. Passé par RFI puis Rue89 et Owni, il travaille désormais en indépendant. Sa spécialité est l'enquête; il publie régulièrement des ouvrages sur ses recherches allant de la Politique en France au Génocide au Rwanda en passant par l'affaire du juge Borrel à Djibouti. De même que notre autre invité cette semaine (Damien Van Achter), David et ses associés ont fait appel au crowdfunding pour financer leur projet .

 
La Revue Dessinée, c'est quoi ? (V2) par LaRevueDessinee

 

Sur Ulule, le public pouvait pré-acheter les premiers numéros ou s'abonner à la publication pour un ou deux ans. Alors qu'elle devait réunir 5000 €, la collecte a dépassé les 36000 €, plus de sept fois les objectifs.

L'équipe de la Revue Dessinée : de gauche à droite : David Servenay, Franck Bourgeron, Sylvain Ricard, Kris, Virginie Ollagnier et Olivier Jouvray (source)

 

 

Pour accompagner l'aventure, l'équipe de la revue a mis en place un site internet et un blog qui en présentent les coulisses. Cette semaine, c'est dans un tweet qu'ils ont partagé la couverture du premier numéro.

 

Une revue d'enquête de reportage et de documentaire

 

L'ambition de David et de ses co-fondateurs est d'offrir tous les trois mois 228 pages (en papier 15 € ou numérique 6 €) d'enquêtes, de documentaires et de reportages en bande dessinée.

"Quand on dit bande dessinée, ce n'est pas seulement le case à case à la Tintin. C'est tout ce qui relève de l'expression graphique. On trouvera des formes de dessins très modernes comme ceux de l'Argentin Jorge Gonzalez qui raconte dans le premier numéro les dernières heures du président chilien Salvador Allende"*

 

On comprend, avec cet exemple, la force du dessin.Raconter en images, grâce à des témoignages, des recoupements, des événements où la photo et la vidéo est absente.

"C'est là que nous entrons dans une dimension symbolique importante. Via la BD, on va pouvoir être capable d'expliciter un propos complexe, parfois invisible, par des moyens qui sont extrêmement simples et lisibles. Et quand on arrive à articuler ces deux dimensions, on arrive à des résultats très intéressants."

 

Autre regard, autre approche, autre temporalité aussi. La Bande dessinée est une oeuvre de longue haleine. Un auteur de BD, rappelle David, "produit dix planches par mois" alors que certains sujets occupent jusqu'à cinquante pages. 

 

"C'est compliqué à l'heure d'internet où tout va si vite. Mais c'est aussi une chance. On retrouve une lenteur, celle du reportage à l'autre bout du monde, de l'enquête au long cours qui s'adapte à notre temporalité."

 

Le général Pinochet par Jorge Gonzalez (source)

Depuis une vingtaine d'années, la BD a acquis ses lettres de noblesse dans le reportage et le récit documentaire. De Robert Crumb à Art Spiegelman, en passant par Joe Sacco ou Guy Delille, les auteurs sont de plus en plus nombreux à dessiner le réel avec talent .

"Lire un papier de Mediapart (j'aime beaucoup Mediapart) ce n'est pas exactement à la portée de tout le monde. Lire une bande dessinée, c'est, a priori, à la portée d'un panel de gens beaucoup plus large. On pense que, de ce point de vue là, il y a une vraie bataille à mener sur le front de l'info"

Une bataille en image et en couleurs à découvrir le 12 septembre.

*Les citations sont toutes tirées de l'entretien à écouter ci-dessus avec David Servenay

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Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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Commentaires

  • Bonjour,

    Bon courage à toute l'équipe de la revue!

    A +

  • Salut,

    C'est une belle aventure et que je suis sur et certains que ces auteurs sont

    des passionnés et professionnels. En espérant, qu'ils arriveront à atteindre leurs

    objectifs, je leur souhaitent bonne chance.

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