Révolution, et après?

Je m’entêtais à rejeter la réalité qui me sautait au visage. Le désespoir m’a dupé, la révolution qu’on disait secouer les rues arabes n’a entraîné que le chaos.
Le chauffeur du microbus est d’une impolitesse insupportable, il fume au volant sans se soucier des passagers. Je lui fais comprendre gentiment que c’est interdit, sans me regarder et devinant de mon accent que je ne suis pas une compatriote, il hausse le ton et me balance avec sa fumée :

- Nous sommes en pleine révolution !

Il en est fier, ses yeux amusés brillent, les passagers ne réagissent pas. Le chauffeur allume sa deuxième cigarette, je proteste une seconde fois, avec force. Il en fume un bout avant de jeter le mégot par la vitre.
L’envie soudaine de me révolter contre tout me brûle.
Son excès de vitesse est intolérable, on dirait une course de voitures ! Je m’accroche à mon siège vétuste qui bouge dans tous les sens en maudissant l’imam qui lit le coran à haute voix. Quand ce n’est pas ces versets intempestifs qui vendent l’enfer et le paradis, c’est la musique égyptienne populaire qui me pollue les oreilles.
Les ordures à chaque coin de rue, le soir, les Alexandrins ne dorment pas, tous les week-ends, les hommes du quartier jouent aux cartes sous ma fenêtre, dans le café d’en bas. Il n’est pas possible de fermer l’œil ! Ces femmes qui sont obligées de se voiler parce que la société refuse de leur accorder leurs libertés.
Mes espoirs d’un monde arabe meilleurs se brisent.
Le soleil se couche sur Alexandrie, le soleil vient se poser sur ces vagues douces annonçant un nouveau jour.

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