Les canaux d’information se multiplient depuis quelques années au Tchad comme partout dans le monde. Cette profusion constitue-t-elle un gage de pluralisme et d’indépendance pour les jeunes Tchadiens?

 

Après les chaînes de télédiffusion par satellite et l’ascension progressive des médias privés, qui posent de manière récurrente la question de l’indépendance éditoriale, les réseaux sociaux viennent à leur tour bousculer le paysage médiatique tchadien. Dans le monde arabe par exemple, les réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter, ont inéluctablement bouleversé et défié l'arsenal médiatique déployé pendant de longues années par les régimes autocratiques. Car, nul ne peut ignorer leur rôle dans la révolution  qui a fait tomber des dirigeants (Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte, Kadhafi en Libye). Depuis lors, ils sont promus comme l’instrument de «révolution» par les régimes occidentaux du fait que la réalité des sites communautaires (Facebook et Twitter) est toute autre pour ceux qui sont hostiles à la «démocratie».

 

La perception Facebook et Twitter

 

Présenté par la communication occidentale comme un soutien «banché aux révolutionnaires», Facebook et Twitter sont aujourd’hui un élément clé du dispositif de propagande d’impérialisme de grandes puissances. Ils sont considérés comme un «média de la haine», aux yeux de nombreux dirigeants africains et arabes. Au Tchad, c’est le verrouillage du jeu politique censé garantir la représentation et l'expression des volontés populaires qui aide à la conquête du champ médiatique par les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’ils commencent à combler le vide né d’une certaine absence de journalisme professionnel dans certains organes de presse. Car aux yeux des utilisateurs, les médias nationaux traditionnels tardent à faire leur mue pour s’ériger en médias de service public garant d’une information indépendante et d’une mission d’intérêt général. La libre expression sur les réseaux sociaux sont perçus comme générateurs de chaos contribuant davantage au morcellement et ne jouant pas nécessairement un rôle fédérateur. Les réseaux sociaux sont donc perçus comme moyen de manipulation pour certains hommes politiques, étant donné que nous sommes dans une ère où chacune des informations diffusées participe à un fragile jeu politique et géopolitique.  Avec cette évolution rapide, il est à se demander le rôle des journalistes, des professionnels des médias, des  usagers des médias, des clubs de presse, des Ong et différentes organisations des professionnels des médias dans les dix prochaines années. Car les réseaux sociaux se proposent d’améliorer la substance et la qualité des débats médiatiques sur des toiles où l’information passe très rapidement et à grande échelle avec une discussion à bâton rompu et sans gêne. Ne peut-on pas dire que c’est cette montée en puissance des réseaux sociaux partout dans le monde et leur rôle perturbateur qui fait qu’au Tchad, la fibre optique est restée inopérationnelle depuis plusieurs mois?

 

Sabre Na-ideyam

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