Questions à Edwy Plenel sur son usage du web 2.0

J'ai croisé ce soir, lors d'un débat à l'Université Paris-Dauphine sur "la presse écrite peut-elle se réinventer?", un cador, un poids lourd des médias français : Edwy Plenel. C'est la première que je le voyais de visu, "in real life", alors que nous sommes "amis" sur Facebook depuis un certain temps déjà (c'est à dire juste connectés, nous n'avions pas échangé directement)... Contrairement à ce que certains disent de lui, je l'ai trouvé ouvert, accessible, trublion même lors du débat. Lors du pince-fesses qui suivait, je suis allé lui parler, verre de champagne à la main, pour le questionner sur 2 à 3 choses qui me taraudaient à son endroit, dans son usage des outils du web 2.0 et du social media.

Sur les blogs par exemple : j'avais appris que leur intégration à la stratégie de Médiapart n'avait pas été, nominalement, aussi aisée que cela. En gros le site voulait bien des blogs, mais ne voulait pas les appeler ainsi. Plenel me le confirme dans un sourire, derrière sa moustache : "Je préférai le mot tribune, plus clair pour nos lecteurs", et surtout moins connoté péjorativement, au sens d'un espace d'expression perso pour ados... Ce sur quoi je lui ai objecté que les futurs lecteurs eux, ne se poseront plus ces questions et arguties, que pour eux le mot "blog" est évident. Le patron de presse tombait d'accord sur ça. Mais quand même : il regrette d'avoir cédé sur ce point et d'avoir laissé le mot blog...Je lui ai ensuite demandé pourquoi lui-même... ne bloguait pas plus? Car il dispose bien d'un blog sur Médiapart, "Les Carnets Libres d'Edwy Plenel"; mais qu'il concède avoir du mal à nourrir régulièrement. Ce alors qu'il reconnait par ailleurs "que ce n'est qu'un outil de publication", c'est à dire simple à manipuler (ce sur quoi je suis entièrement d'accord). Mais il reste sur cet argument : "Je manque de temps objectif pour faire cela. Trouver un lien intéressant, mettre quelques lignes de commentaires à la suite... Je n'ai pas trouvé l'espace-temps et la réactivité pour m'y consacrer". Et de conclure au débotté : "Mais je vais m'y mettre!".Il se justifiait enfin sur sa pratique du réseau social Facebook, que je lui ai dit trouver très "promotionnelle", très "je te pushe mon info de premier choix". Comme, par exemple, lu ce jour sur FB sous sa plume : "Une enquête édifiante sur la dégradation des relations sociales et la sourde violence de certaines entreprises. Comment ne pas comprendre dès lors les révoltes des salariés?". Mais il m'a dit suivre les discussions, y participer quand il y a lieu, répondre aux internautes, etc. Etre aussi actif sur les messageries internes de Facebook, de Médiapart... Une autre source m'a confirné : cet échange par le web aurait fait évoluer le patron de presse, ex directeur du Monde. La fameuse "redécouverte" de la proximité aux lecteurs, d'un nécessaire échange avec lui. Chose qu'il avait reconnue durant le débat : le web 2.0 participatif, échangeant est un atout pour améliorer le journalisme, l'enrichir.
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