Quelle liberté pour la presse en Libye ?

Nos invités par S. Malterre

Quelle liberté de la presse en Libye? Près de deux ans après la chute du régime de Khadafi, le journalisme libyen fait montre de dynamisme: des dizaines de télé, de radio, de journaux occupent désormais le paysage médiatique. Attention en revanche à ne pas fâcher les puissants. Un journaliste, Amara Al Khitabi vient de passer 4 mois en prison. Nous étions à Tripoli lors de sa libération. Son avocat est venu nous raconter ce qu’on reproche à son client. Il fait partie des invités de ce tour d'horizon en clair-obscur de la vie médiatique en Libye.

 

C’était il y a deux ans, le 15 février 2011, la Libye se lançait à son tour dans le printemps arabe. Huit mois plus tard, le régime de Mouammar Khadafi tombait sous les coups des révolutionnaires et des bombardements de l’OTAN. Après plus de 42 ans de silence et de contrôle, la presse, les médias, les journalistes pouvaient à présent s’exprimer.

A quoi ressemble aujourd’hui le paysage médiatique libyen? Où en est la liberté d’expression? Pourquoi le journaliste Amara Al Khitabi vient de passer 4 mois en prison? L’instabilité du pays, la bureaucratie galopante, l’omniprésence des milices et des potentats locaux, la présence de groupes salafistes, les violences, les tortures, les enlèvements, permettent-ils aux journalistes de travailler? Nous avons tenté de répondre à ces questions avec nos invités.

 

 

La liberté de la presse en question

 

Ramadan Salem est l'avocat de Amara Al Khitabi. Ce journaliste de 67 ans, rédacteur en chef d’Al-Umma vient de passer quatre mois en prison pour avoir publié une liste de 87 juges et procureurs soupçonnés de corruption. Il a a été libéré le 21 avril 2013. Il est toujours poursuivi pour “diffamation” et “insulte à l’encontre du système judiciaire". Il risque de trois à quinze ans de prison selon l’article 195 du code pénal, un texte datant de l’époque khadafi et toujours en vigueur.

 

Ramadan Salem (à gauche) avec Hadia Laghsini au centre et Chloé de Préneuf (...enfin sa main) par S. Malterre

 

Barbara Néault est la représentante de Reporters Sans frontières à Tripoli. L'organisation de défense de la liberté de la Presse et de la liberté d'expression a suivi de près le cas du rédacteur en chef d'Al-Umma. Elle a dénoncé dans cette affaire la détention du vieil homme. Elle a également demandé la dépénalisation des délits de presse. Par ailleurs, RSF relate régulièrement les abus dont sont victimes les journalistes en Libye. Le dernier communiqué  remonte au 26 avril dernier. L'organisation s'y inquiète de l'insécurité croissante des journalistes libyens. Une situation qui préoccupe également d'autres observateurs de la vie médiatique libyenne.

Reportage d'Ajazeera English sur la presse en Libye (octobre 2012)

 

 

Une nouvelle jeunesse pour les médias

 

AbdulHameed Amruni est journaliste. Il travaille pour la radio Ajwaa Leblad à Benghazi. Il revient pour nous sur son parcours de jeune journaliste et sur sa vision du métier en Libye et dans sa ville, Benghazi. Comme beaucoup d'acteurs des médias, Abdulhameed ne se destinait pas à une carrière dans la presse. Il enseignait les mathématiques avant de se alncer dans cette nouvelle aventure à la faveur de la révolution.

 

Seraj (à gauche) et Amruni (au centre) par S. Malterre

 

Seraj Hameed est aussi un jeune journaliste. Il travaille pour la télévision Libya Internationaltout en étudiant la mécanique pour assurer ses arrières. Lui aussi nous parle de son expérience au sein d'une jeune chaîne de télévision libyenne.

 

 

 

Libya Media Wiki

 

Il y a aujourd’hui des centaines de nouveaux medias en Libye. Difficile d’y voir clair dans les radios, les télés, les journaux qui se lancent. Le paysage est extrêmement complexe et c’est pour tenter d’en savoir plus que le Legatum Institute a mis en ligne un site participatif : le Libya Media Wiki. Chloé de Préneuf coordonne ce projet. L'idée est de mieux connaître 

les médias du paysage libyen et de savoir qui finance les médias libyens. 

 

 

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Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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Commentaires

  • Merci pour vos commentaires
  • merveilleux

  • Je me pose souvent la question a savoir est ce que la liberte pour la presse dans certains pays ne  pas tout simplement une question d'appartenance politique. Je m'explique. Dans mon pays le media qui est libre c'est celui qui est media du pouvoir, si tu es contre le pouvoir tu dois etre un media-marron. Juste pour dire que cette liberte qu'on prone n'est qu'un positionnement politique. Cherchez et voous me direz si ce n'est pas le cas en Lybie

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