Prostitution: Moursal, tertiaire Sodome et Gomorrhe!

Dans les bars  Nathy et Boucaro de Moursal, il se passe des choses incroyables. Le plus vieux métier du monde bat son plein. Pourtant, autrefois cette pratique se développait plus dans les quartiers Kabalaye et Sabangali.

 

Les unes sont assises sur des bancs, d’autres sont en compagnie des hommes dans le bar. Tandis que débout, certaines attendent sous un hangar servant de salle d’attente. Les mineures prostituées pour la plupart attendent leur tour de passe avec des gaillards de l’âge de leur père. Ses filles qui ont presque le même âge (11 à 16 ans) s’adonnent à la pratique du plus vieux métier du monde. Autrefois, la prostitution était pratiquée par des dames d’un certain âge, qui vivaient dans des quartiers précaires et attendaient discrètement leurs clients, plus ou moins habituels et fidèles. C’est là, une reproduction canonique de ces anciens temps dans des auberges comme celui du bar Nathy ou du bar Boucaro. Ces mineures prostituées que l’on retrouve généralement aux alentours du lycée Sacré-Cœur et Avenue Kondol ont changé de stratégie d’attraction. Traquées par la police, ces filles ont trouvé une nouvelle stratégie pour se fondre dans la pénombre de la nuit dans ces auberges où elles peuvent passer incognito.

Dans ces auberges, la nouvelle génération de prostituées va à la recherche des clients. Elles ont su s’imposer dans le milieu avec leur allure provocante, leur fraicheur et surtout leur charme. Selon certaines personnes, si ce phénomène s’est amplifié au Tchad, c’est surtout à cause de la vie chère. Sans emploi et sans soutien, collégiennes, lycéennes, étudiantes, ces filles devant les difficultés familiales, ont choisi de vendre leur charme pour assurer la pitance quotidienne, subvenir aux besoins de leurs parents. D’autres par contre, n’ont pas choisi ce métier de plein gré. A de rares exceptions près, elles ont été contraintes d’une manière ou d’une autre. Certains individus véreux vont en effet chercher des adolescentes ou même des mineures dans les provinces, et leur promettent un travail de domestique à N’Djaména. Ces pauvres filles, qui ont toujours rêvé de la capitale, sautent sur l’offre sans aucune réflexion, car sans instruction, leur niveau de compréhension reste bas. Une fois sur place, ces proxénètes les contraignent à la prostitution. Alice, âgée d’environ 12 ans explique qu’elle est «arrivée à N’Djaména petite. C’est une tante qui m’a emmenée, mais depuis deux ans, elle ne m’achète pas de savon et me menace chaque jour. Pour avoir de quoi à manger, j’ai quitté la maison familiale pour venir habiter avec des amies et le seul moyen  que je trouve le mieux, c’est de me pointer à l’auberge du bar Nathy». A seulement 12 ans, Alice vient de coucher avec un quadragénaire. Sa robe blanche est couverte de tache de sang. Elle est en pleur ce jour. Quand au monsieur, il assure avoir payé le dû avant de passer à l’acte.

Cette histoire vécue il y a deux semaines montre la pire situation que traversent certaines mineures pour leur survie dans la capitale tchadienne. Bien que les temps soient durs, les jeunes filles doivent adopter un comportement responsable. Quant aux parents et aux autorités, leur responsabilité est interpellée face à cette situation qui tend à être officialisée.

 

Sabre Na-ideyam

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...