Derrière les Jeux Olympiques à Sotchi il n'y a qu'un homme, c'est le judoka du Kremlin, Vladimir Poutine. Comme un homme surnaturel il provoque des tempêtes. Au nord, hors de la Russie, la statue de Lénine fut décapitée à Kiev parce que le chef d'État russe y est maintenant persona non grata. Mais la colère internationale vient aussi du sud de Sotchi, la Géorgie. 

Sotchi, la ville olympique faisait partie de la Georgie jusqu'au moment où Lénine et son armée rouge y entrèrent et s'emparèrent d'elle. Quand l'armée russe quitta le pays après l'écroulement de l'empire soviétique en 1991, Sotchi ne put pas s'échapper et resta sous les mains de la Russie. Vingt ans après, comme une victime cherchant à renfoncer des liens du sang avec son ravisseur, la ville olympique tentera de que Vladimir Poutine soit fier d'elle.

Sotchi: Investissements depuis le Kremlin

Staline transforma Sotchi en son lieu de natation, loisir, cinéma où il regardait des films interdits, en restant enfermé dans sa maison. La Géorgie sait carrément que Sotchi continuera à appartenir à la Russie lors des jeux et après la chute de Poutine, d'autant plus que l'État russe, voire Poutine, ne s'arrête pas d'investir dans la ville.

Euromaidan à Kiev, révolution en Ukraine

Pour ceux qui croient qu'il y a aura un rapport entre les protestations à Kiev et les Jeux olympiques à Sotchi, il faut éclaircir qu' il ne se suscitera aucune répercussion entre les deux. La capitale survoltée de l'Ukraine est loin de Sotchi. Ses frontières ne se touchent pas. Tant mieux pour l'homme fort de la Russie, ce qui lui intéresse est ne pas entendre le vacarme des ukrainiens au milieu des Jeux Olympiques. Euromaidan, nom attribué à cette série de manifestations s'étendant dans toute l'Ukraine, est un mot interdit à Sotchi. Poutine connaît d'autres méthodes pour s'en sortir. La distance n'est pas le seul moyen.

L'opposition ukrainienne ne tolère plus d'être pilotée par Poutine qui profite de son pétrole, gaz et énergie hydroélectrique pour gérer la politique économique et sociale sur tout territoire frontalier et entraver quelconque traité d'adhésion avec l'Union Européenne qui puisse devenir dangereux et anéantir son influence. Sous cette menace, l'Ukraine ferait bien de ne pas gâcher ses Jeux olympiques à Sotchi.

Iouchtchenko et Timochenko: le prix d'être pro-européen

L'Ukraine a été déjà avertie. La Géorgie aussi. L'ex président de l'Ukraine, Viktor Iouchtchenko fut empoisonné et faillit mourir. Personne n'a su comment. Le poison, de la dioxine, fut mis dans l'un de ses repas et son visage finit défiguré.

Iulia Timochenko était une autre ennemie difficile à plier, peu russophile, mais elle croyait naïvement avoir trouvé chez Poutine un allié fidèle. Personne ne l'a empoisonnée. 

Pourtant la justice ukrainienne et pro-russe l'a accusée d'avoir signé, en tant que premier ministre, un contrat gazier, au profit de la Russie. On dirait qu'il s'agissait du scénario d'une russophobe finissant accusée de trahison avec l'ennemi.


Les partisans de Timochenko, à Kiev, soupçonnent que Poutine et le gouvernement ukrainien montèrent un piège à Iulia. Est-ce qu'elle a été si naïve? On l'a déjà mise en garde chaque matin en lui montrant le visage abîmé de Viktor Iouchtchenko, un survivant d'empoisonnement et le seul candidat avec lequel le Kremlin ne se sentait jamais à son aise. Kiev, en attendant, promet de ne pas se laisser éclipser par Sotchi.

Poutine qui est plus vite qu'un félin, a déjà déclaré que c'est l'Europe de l'Ouest, qui fomente des émeutes à Kiev. Il semblerait que l'homme trouve des ennemis partout. Et ces Jeux Olympiques sont sacrés pour lui. Ils sont plus chers que ses montres suisses qui coûtent chacune plus de 30 mille euros. Il ne plaisante pas

L'Europe a été déjà avertie mais elle ne sent pas menacée. Elle participera aux Jeux Olympiques au premier rang. Et elle boira et mangera sans prendre attention à tout ce que les organisateurs russes lui donneront.

Poutine aimé. Lénine décapité

La tête de la statue de Lénine, disparue le jour de Noël, n'a pas pu être retrouvée. On se venge contre les dictateurs quand ils deviennent statues. Les autres en chair et os sont difficiles à soumettre.

Mais dans le territoire russe, tout change. La haine change en fanatisme, folie et peur. La Russie, le pays le plus vaste de la planète, puissance élevée dans le domaine militaire et économique dès que Vladimir est arrivé au pouvoir, aime à la folie Vladimir Poutine.


Et il aime à la folie le pouvoir. Ce qui fait soulager le président  c' est que ses admirateurs n'aiment pas son pouvoir. Pas pour le moment.

Si Youri Gagarine fut le premier à conquérir l'espace dans une fusée, c'est Poutine qui avec ses 16 mille têtes nucléaires a transformé le chaotique empire des années 90, selon SIPRI, en premier exportateur d'armes du monde.


Les ouvriers, son père était aussi un ouvrier très sévère avec lui, se sont bien attachés à lui bien qu'ils n'iront jamais en vacances à Sotchi pour s'héberger dans les hôtels de luxe ou nager dans la piscine de la ville de Staline.

Poutine, un héros qui gagna la guerre de Tchétchénie

Qu'est ce qu'ils aiment chez lui? Si Vladimir croise un enfant errant dans la rue, il n'a pas de problème de lui donner sa montre pour apaiser sa faim. La charité de Poutine aux mendiants est incontournable. Sa bonté est presque chrétienne. Il pardonne ses ennemis s'ils changent d'avis au dernier moment.


    

Par exemple, Akhmad Kadyrov, le leader musulman qui se battait pour l'indépendance de la Tchétchénie et trouvait la Russie comme le diable envahisseur, changea de côté. Entre les deux guerres, il se sentit illuminé et décida de joindre les forces russes et lutter contre la rupture de la Tchétchénie pour laquelle il fut capable, une fois, de donner sa vie. Poutine qui était ministre de l'Intérieur, a su le récompenser.

Poutine qui venait de voir comme Eltsine, alcoolique et malade, ne réussissait pas à reconquérir la Tchétchénie par la force, changea le match à tout prix. Avec la prise de Grozny, la capitale tchétchène, la Russie chassa sa peur de disparaître en éclatant en petites étoiles.

Les russes avaient trouvé finalement un homme capable de gagner la guerre sans aucune forme de perestroïka, à sang froid et capable de pardonner ses ennemis. Le sentiment des américains quand ils marchèrent sur la lune c'est comparable avec la reconquête de la Tchétchénie par son nouveau chef.

L'astronaute Gagarine fut le premier conquistador à sortir de la planète, mais il n'eut pas d'ambitions. Poutine conquistador, oui. La Russie ne pouvait pas perdre ses ex-colonies. Les putschistes de 1958 de l'ex-Algérie française sont les seuls à pouvoir comprendre leur gloire. L'Europe d'après guerre et ex-colonialiste oublie son passé et ne réussi pas à comprendre la dimension d'un combattant qui n'a pas pu s'échapper à sa responsabilité. Vladimir Poutine, étant traité de dictateur hors de la Russie; ne sera jamais oublié par le peuple russe.

Comme un bon stratège, Vladimir nomme un homme musulman lui étant fidèle comme chef de la Tchétchénie. Il sait que la religion est un bon allié, surtout quand on est en guerre. Et lui est toujours en guerre.  

Poutine: Pas d'analphabétisme en Russie

Poutine gagne toujours au premier tour. Il est un vainqueur. Il le sait.  L'Europe le sait. Le peuple que malgré sa pauvreté, selon Unicef, n'est pas carrément illettré. Presque 0 % d'alphabétisme, un chiffre dont d'autres démocraties occidentales voudraient se vanter. Ces gens-là, qui savent lire et écrire, votent pour lui.

Vladimir n'est pas un bourgeois quelconque. Un nouveau riche? Oui, cela est la meilleure description. Mais ce n'est plus un pêché de devenir milliardaire. Pourtant il dit que son salaire est très modeste. Il donne ses montres au peuple.

Il se déshabille pour les autres, sort la nourriture de sa bouche pour alimenter les plus dépouillés et sert de l'eau aux hommes assoiffés comme Viktor Yushchenko et les ukrainiens qui, dans ce moment là, dans les rues de Kiev, se nient à le joindre. Tant d'ingrats!

Sotchi et Kiev: Jeux Olympiques et résistance

Sotchi était géorgienne et maintenant Poutine la gâte et l'embellit pour les jeux. La Tchétchénie était infidèle et maintenant le Kremlin lui permet la loi islamique. 

En 2009 Iulia Timochenko, opposante de l'allié russophobe Viktor Ianoukovitch, réussit à convaincre Poutine, qu'il fallait que l'Ukraine pro-européenne soit le pont gazier entre la Russie et L'Europe. Poutine sait trouver des alliés chez ses ex-opposants. Il tourne la page sans ressentiment.

Pourtant, ceux qui résistent, les infidèles, paient son culot.

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