Les technologies de l'information et de la communication jouent un rôle en Afrique du Sud et ses succès sont signifiants. Le pays a de vraies performances à son actif mais ne semble pas, pour autant, en faire un axe stratégique de son développement. C'est dommage.



Les technologies de l'information et de la communication y jouent un rôle et ses succès sont signifiants. Paypal est née de la fusion de deux entreprises dont X.com, créée par le Sud-Africain Elon Musk. Il est plus connu aujourd'hui grâce à Telsa qui fabrique des voitures de sport électriques et surtout grâce à son entreprise spatiale Space X.

Mark Shuttleworth a fait fortune en vendant son programme de cryptographie à VeriSign, une des grosses boîtes américaines de l'Internet. Il a lancé et dirige Ubuntu système d'exploitation open source et "convivial" pour ordinateurs. Mxit.com est une plateforme de tchat, de paiements et de jeux qui compte plus de 7 millions d'utilisateurs mensuels et fonctionne aujourd'hui dans une douzaine de pays, essentiellement du Sud. Ajoutons que les services web d'Amazon ont été conçus et développés au Cap par Chris Pinkham.

Les TIC jouent un rôle important en Afrique du Sud mais ne sont pas une priorité stratégique. C'est ce que m'ont dit plusieurs interlocuteurs, occupant des postes différents, quand j'ai fait mon reportage sur place.

Le responsable des secteurs industriels à la Technology Innovation Agency de Pretoria, Pontsho Maruping dirige les soutiens gouvernementaux à l'innovation. “Je crois que nous ne leur donnons pas plus d’importance, parce que nous avons assez de capacités dans les autres secteurs pour y générer des approches innovantes” m'a-t-elle expliqué.  Les secteurs en question sont l'énergie, les mines, la fabrication de pointe. Les TIC n'arrivent qu'en quatrième position.

“Pas assez de réflexion sur les TIC dans l’innovation sociale”

A l’autre bout du pays, Walter Baets, dirige la Gratuate School of Business de l’Université de Cape Town. Il trouve que les TIC “constituent un outil de développement bon marché avec des coûts d’accès beaucoup plus bas que les autres industries.” Mais il reconnaît qu’il “n’y a pas assez de réflexion sur l’utilisation des technologies de l'information dans l’innovation sociale” vers laquelle il s'efforce d'orienter ses étudiants.

Andrea Bohmert, qui dirigeait à l'époque une communauté pour start-ups de Cape Town, attribuait une bonne partie de cette tiédeur au fait que c’est un secteur “à 90% blanc et à 90% mâle". Elle m'a dit regretter le raisonnement mais le comprendre.

Les TIC ont un vrai impact chez ses voisins

Résultat: cela pourrait contribuer à réduire le rôle du pays dans le futur en Afrique. The Economist s'interrogeait récemment sur sa capacité à rester en tête. Le Nigeria, par exemple, compte sur le pétrole et une population trois fois plus nombreuse. Plus petit, le Kenya semble clairement faire le pari des technologies de l'information comme axe de son développement et il avance. Beaucoup plus petit encore, le Rwanda a mis totalement le paquet sur les TIC et enregistre une croissance du PIB supérieure à celle de la Chine.

Il est trop tôt, je crois, pour mesurer l'impact profond de l'adoption des TIC comme priorité stratégique. Mais la question mérite, en tous cas, qu'on se la pose. Et ceux qui tardent à se la poser perdent un temps précieux.

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Francis Pisani
@francispisani
Perspectives on innovation, creative cities, and smart citizens. Globe wanderer. Distributed self. Never here. Rhizomantic.

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