OPPOSITION OU OPHTALMIE EN RD CONGO ?

Dès 1990, le vent de la démocratie a soufflé partout en Afrique. Nous avons assisté à des ouvertures politiques aux espaces fermés par les dictateurs de l’époque. Par-ci par- là, il y a eu les conférences nationales, le multipartisme et les promesses des élections libres et transparentes pour entamer la démocratisation dans le Continent. On estimait voir le vent de la perestroïka de Gorbatchev et du discours de la baule de François Mitterrand mais aussi les efforts fournis par les peuples et les dirigeants de certains pays qui ont cru et qui croient en la démocratie porter leur fruit ; néanmoins c’était sans compter avec la mauvaise volonté de beaucoup d’hommes politiques africains. Si dans certains pays, nous constatons, tout de même, une évolution positive et encourageante depuis ces années (Benin, Mali, Ghana, l’Afrique du sud…), dans d’autres pays c’est tout un flottement, une sorte de déstabilisation sous des régimes parfois forts mais surtout suite à une mauvaise conception de la démocratie par les acteurs politiques (Cote D’Ivoire, RD Congo…). Aujourd’hui, on est obligé à nous interroger encore plus d’une fois sur le sens de la démocratie, sur l’importance de la démocratie en Afrique. C’est bien que ceci ne constitue pas le point de notre pensée.Le vent de la démocratie a donné de l’espoir…, mais cet espoir a été brisé par l’amateurisme des hommes politiques. C’est le cas de la RD Congo aujourd’hui où le pouvoir en place et l’opposition étalent au grand jour leur manque de volonté de conduire ce grand pays vers la place qui lui faut. Si le gouvernement a sa part de responsabilité dans la léthargie du pays, il faut aussi et surtout souligner la part de l’opposition congolaise qui doit mieux apprendre ce qu’est la démocratie.Avec la Conférence Nationale Souveraine, tout était à croire que l’ex Zaïre se met en marche, en fin, pour la démocratie. Cependant la suite des événements nous montre que cette conférence n’était qu’un échec cuisant qui a ouvert la porte à toute sorte de maux à ce pays : les troubles sociaux, l’absence de l’Etat et d’un système économique, les guerres successives, etc. Si le pouvoir de l’époque peut être pointé du doigt, il faut plus pointer l’opposition qui a été incapable de bien négocier le virage de la dictature à la démocratie, bref ce processus. L’opposition, n’ayant pas bien compris ce qu’est la démocratie, au lieu d’aller avec la logique, elle s’est lancé dans un combat en disant : « ôte-toi delà que je m’y mette » comme si c’est cette locution qui résumait la démocratie. Ainsi va l’opposition en RD Congo jusqu’aujourd’hui.La RD Congo vient de traverser une longue crise pendant laquelle le peuple a beaucoup sacrifié en faveur des égos de ses hommes politiques. Et après les élections libres et démocratiques de 2006, ce peuple a besoin de dresser le front pour prendre un plus bel élan dans la paix avec le concours de tous les congolais et les amis de la RD Congo. Ce peuple veut qu’on donne la chance à tout le monde pour la reconstruction du pays et suivant les critères de la méritocratie. Curieusement les ambitions de ce dernier est en contraste aux ambitions de ses hommes politiques caractérisés par manque de culture patriotique, nationaliste, morale et démocratique. A l’heure actuelle, on ne comprend pas bien ce que représente l’opposition au pays ; il est vrai qu’elle-même aussi ne comprend pas bien ce qu’est son rôle. Pour elle la démocratie signifierait le partage du ‘gâteau’. Pour cela, elle est capable de tout saboter pour créer la crise ainsi réclamer d’instant sa place dans le banquet ‘royal’. Le gouvernement n’est qu’un caïman qui dévore tout et du coup indésirable. Entre les deux, c’est ‘l’eau et le feu’. Du jour au lendemain, l’opposition est surdouée à sortir des critiques acerbes à la contre du pouvoir en place, mais elle est incapable, disons, elle ne sait pas donner ou proposer un projet. Si elle en propose, son projet est tuméfié par son ambition égoïste qui ne lui permet pas de voir les biens communs de la population qu’elle prétend représenter.Pour les élections futures de Novembre, pour le ‘bien’ des congolais, l’opposition devait présenter une candidature unique pour maximiser sa chance d’obtenir un changement en faveur du peuple dont elle prétend représentée. Hélas, une fois de plus, sur la question d’intérêt national, elle est incapable de s’entendre, et derrière se cachent leur (opposants) ambitions personnelles et leur philosophie ‘d’ôte-toi delà que je m’y mette. Tous veulent devenir président de la République. C’est une véritable ophtalmie qui les frappe. Par contre, s’il s’agit de planifier un trouble public, de protester contre le calendrier électoral et à certains projets ou tout simplement à tout ce que propose le pouvoir en place, sans protocole, instinctivement, reprenant la bouche du peuple, ils se lèvent comme un homme pour couler le gouvernement et appeler le peuple à la violence comme si celui-ci a besoin de cela. C’est l’ophtalmie ; et plus que cela c’est un drame. Non à l’unité pour les valeurs républicaines mais oui à l’unité pour la désobéissance civile. C’est ça l’opposition en RD Congo. Pire, les opposants ne font pas des suggestions objectives et solides pour le devenir du pays. Les propositions sont toujours taillées à la mesure selon qu’on vise X ou Y.Le bon spectacle est à voir le jour de la célébration de la fête du cinquantenaire de l’accession à l’indépendance du pays (30 juin 2010). Ce jour sacré qui réunit tous les congolais autour d’une même patrie, d’un même idéal et d’une même ambition, qu’est ce que le peuple n’a pas été surpris de voir les opposants saboter, boycotter cette journée pour aller chercher leurs ‘accréditations’ chez les diplomates occidentaux. C’est tout simplement de la mauvaise volonté et le désir de maintenir le pays dans la tension qui ne profite qu’à eux et non au peuple. A ce pays, les opposants sont capables de rejeter les résultats des élections avant même le déroulement de celles là. Ils ne félicitent pas les vainqueurs des élections. C’est vrai que pour la démocratie, il est nécessaire que l’opposition ne soit pas une opposition témoin, comme dit M. KAMTO, ou une opposition-prétexte qui permet tout juste de décerner un certificat de démocratie aux systèmes politiques considérés ; elle doit incarner l’espoir en se présentant comme une solution de rechange. Malheureusement en RD Congo, l’opposition comme le gouvernement ne sont pas loin aussi d’utiliser le pouvoir comme G. A. Théodorson conçoit c’est-à-dire cette habileté de mener à une bonne fin son désir en vue de contrôler, de manipuler les comportements des autres.Il y a urgence de l’apprentissage de la démocratie et ses corolaires en RDC. Le système démocratique est devenu, reste une exigence et une valeur universelle car il est censé, nous dit le Professeur Tshimanga Evariste, favoriser la stabilité politique, la paix civile durable, le développement économique d’un pays et la garantie de sa ‘bonne gouvernance’. La démocratie doit être à la fois le respect des droits de la partie minoritaire et la soumission de la minorité à la volonté de la majorité après une élection transparente ou après un consensus émergeant d’un dialogue franc et sincère. C’est ce dont les hommes politiques congolais doivent comprendre. Le système démocratique ne doit pas être une source des conflits, de désunion ou même des vices comme aujourd’hui en RDC ; et les élections sont là pour renforcer la démocratie. Mais aujourd’hui, au lieu de bien jouer son rôle, les élections deviennent plus redoutées ; elles ne sont plus novatrices.A cette année des élections, les forces vives doivent chercher l’énergie mobilisatrice des populations désabusées en vue de sauver la Nation du naufrage, à comment briser le mur de la haine qui, subrepticement s’est élevé entre les différentes composantes de la communauté nationale, panser les blessures du mépris et les meurtrissures de l’injustice pour enfin sortir de la débâcle sociale. Le peuple congolais a besoin de la paix et du développement ; rien que la paix et le développement.Pour l’opposition, en reprenant Nietzsche autrement, le risque est que le regard mauvais rend le monde mauvais : à force de ne voir que ‘ruines et calamités’, les forces de mort obturent tout champ de vision, et celui qui croit défendre ainsi la vraie politique contre la perversité du temps se laisse vaincre par l’esprit mauvais. C’est un cas pathologique qui apporte l’ophtalmie. Peuple congolais dressons nos fronts…pour bâtir un pays plus beau dans la paix.
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