Mercredi 6 juin 2012, la Cantinea accueilli neuf jeunes femmes venues du monde arabe. Elles ont raconté leurs parcours de journalistes, de blogueuses et de révolutionnaires pour certaines. Pendant près de trois heures, le public les a écoutées fasciné par leurs récits. compte rendu en audio et en texte dans ce billet.

 

Écoutez la table ronde (1h. 23 min.)

 

Le tour de table de cette rencontre intitulée « l’activisme, du Maghreb au Machrek » nous emmène d’abord en territoires palestiniens avec Ikram Abu Aisha et Maysa Assi. La première est blogueuse, la seconde est journaliste militante depuis l’âge de 15 ans. Aujourd’hui elle vit et étudie à Ramallah, loin de son village d’origine, trop traditionaliste à son goût. C’est à Ramallah qu’elle a participé, le 15 mars 2011, à ce qu'elle appelle "le printemps palestinien". Et depuis ? Elle attend « l’été arabe ».

 

Journaliste, blogueuse, militante activiste, Raghda Gamal Hazaa vit à Sanaa, au Yémen. Depuis le début du soulèvement dans son pays, elle forme des activistes au journalisme sur la place Taghyir (du changement). Malgré un « recul » de la liberté d’expression, la jeune femme reste optimiste, une « nécessité » d’après elle. Le cas de Bushra Al Maqtari confirme la difficulté de travailler au Yémen pour les journalistes. Cette écrivaine, journaliste et blogueuse yéménite vit à Taez, la 3eville du pays. Engagée à gauche, Bushra a perdu maison, travail et salaire après la parution d’un article. Il expliquait que Dieu avait abandonné les contestataires yéménites à la répression du régime.

 

Photo SiliconManiacs

« La presse continue d’ignorer ce qui se passe.
Et pourtant, les protestations vont croissantes […]
les gens se radicalisent.
Aujourd’hui ils demandent carrément le départ du régime »

 

Nazeeha Saeed  a elle aussi subi menaces et tortures pour ses activités de journaliste. La jeune femme est correspondante au Bahreïn pour la chaîne France 24. C’est surtout le ton de ses reportages sur les manifestations anti-régime qui ont déplu. Pour elle, « La presse continue d’ignorer ce qui se passe. Et pourtant, les protestations vont croissantes […] les gens se radicalisent. Aujourd’hui ils demandent le départ du régime ».

Une situation bien différente de celle que connaît Maria Moukrim au Maroc. Rédactrice en chef du site d’information Febrayer.com, elle décrit le mouvement du 20 février, "le printemps marocain", comme « une empreinte dont on se souviendra » . Un avis que partage sa consœur et compatriote Sanaa El Aji. Écrivaine, journaliste et chroniqueuse, elle a été condamnée à trois ans de prison avec sursis en 2007 pour son article «Comment les Marocains rient de la religion, du sexe et de la politique ?». Toutefois, les deux femmes relativisent : si « tout n’est pas rose » dans leur pays, que les « lignes rouges » à ne pas franchir sont difficiles à repérer, les choses bougent. De leur point de vue, le Maroc fait son printemps arabe depuis une décennie déjà, à son rythme.

 

 

                               Nombre d'utilisateurs actifs de Twitter dans le monde arabe en Mars 2012

 

 

Comme la plupart des autres jeunes filles présentes, l’Égyptienne Samira Ibrahim n’a pas attendu le printemps arabe pour bloguer. Elle est connectée depuis 2006. Ses compatriotes la connaissent pour ses prises de position sur son blog mais aussi parce qu’elle a intenté un procès contre l’institution militaire du pays. Arrêtée place Tahrir en mars 2011, elle a été torturée et soumise à des tests de virginité. A force d’obstination et de témoignages-vidéo postés sur Youtube et les réseaux sociaux, elle a obtenu gain de cause et fait interdire ce genre de test.

 

De son côté, en Tunisie, Hajer Ben Cheikh Ahmed-Dellagi s'est engagée dans une commission d'enquête sur les violences commises pendant la révolution. Si elle l'a quittée aujourd'hui, elle anime toujours une émission politique quotidienne sur une radio privée.

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