Sénégal 1.5

Le Sénégal à l’heure du numérique

Les réseaux sociaux ont réellement changé le comportement des sénégalais et des africains en générale. Ils passent à l’air du numérique et participent à l’effervescence de partage de contenu à travers le web. Si ce sont sur des plates-formes étrangères que se retrouvent la plupart de ces internautes, ils contribuent de plus en plus à la création d’un internet africain.

Les Sénégalais se retrouvent de plus en plus dans ce village planétaire et virtuel qu’est le Web. Si tout le monde ne dispose pas d’un ordinateur et que les coupures d’électricités restent fréquentes, des cybercafés réapparaissent dans les rues de Dakar.

Un cybercafé en particulier dans le quartier de la Médina a récemment eu la bonne idée de mettre à disposition des tablettes afin de pallier au manque d’électricité. Comme dans la majorité des cybercafés, son tarif reste inchangé. La connexion y est facturée  300 CFA l’heure.  Grâce à une connexion d’environ 1 méga, s’échange une multitude de messages instantanés, d’informations (photo, vidéo, opinion…) et ceci avec le monde entier.

D’après une étude menée par People Input une entreprise qui travaille sur les nouvelles technologies, Facebook est le réseau social le plus utilisé au Sénégal avec ses 725 000 utilisateurs. Cela dit, son nombre d’usagers ne représentent que 1,4% sur le continent qui compte 51 millions de « facebookers », soit environ la moitié de ses internautes.

Le premier de ce classement africain est l’Egypte avec ces 13 millions d’utilisateurs. Ce chiffre témoigne d’une forte activité égyptienne à travers le web. Inutile de rappeler qu’elle a véhiculé une forme de contestation à forte dimension sociale  qui dénonçait la misère, le chômage, la corruption ou les libertés individuelles bafouées, lors du printemps arabe de 2010.

Dans une moindre mesure, le peuple sénégalais n’est pas en reste dans ses contestations. Il n’est plus simple spectateur. Internautes, blogueurs ou infographistes sénégalais participent  activement au débat de société à travers les réseaux sociaux.

C’est ainsi, par exemple, qu’une contre campagne est née de l’indignation d’internautes à travers les réseaux sociaux comme Aisha Dème, responsable du portail culturel Agendakar, scandalisée par une publicité pour produit dépigmentant « Khess Petch » (toute blanche) crée en 2012.

Mais quand est-il de la sensibilisation des populations n’utilisant pas internet, plus nombreuses en Afrique, et donc ne participant pas au débat à travers les réseaux sociaux?

Dans le cas suscité, les affiches publicitaires de la contre campagne de l’agence Optima se retrouvaient dans les plus grandes artères de Dakar. Cela a surtout mis en exergue l’influence que pouvaient avoir les médias sociaux, même sur les populations non connectés, à travers des mécanismes d’agences de communications alertes et attentives à leur environnement. Les communicants, en effet, participent à de nouvelles habitudes de comportement plus citoyennes et plus responsables en sensibilisant sur des prises de consciences écologiques ou sanitaires.

Malgré les quelques difficultés rencontrés dans leur usage à grande échelle, les médias sociaux sont déjà au cœur du processus de construction du Sénégal.

« L’homo-Senegalensis » passe donc à l’air du numérique. Il devient cyber-activiste est partage ses opinions à travers le Web. Lors des élections présidentielles de 2012, par exemple, une forte mobilisation d’internautes se constitue à Dakar, dans les locaux d’EJICOM (école de journalisme et de communication), entre journalistes et étudiants pour la couverture des élections. Des plates-formes internet participatives pour informer, mobiliser, ou convaincre sont créées à l’initiative de jeunes comme « Sunukaddu » (Notre Voix).

Il existe malheureusement encore trop peu de contenus faits par les africains et pour les africains. Des entreprises comme le géant américain Google ont cependant entrepris de s’implanter sur le continent afin de faciliter le référencement d’informations africaines en Afrique. Ceci aurait pour objectif à long terme de modeler un "internet africain" participant au développement et luttant contre la pauvreté.

Au début de ce mois d’aout, une communauté de bloggeurs sénégalais se réunissaient  en communauté à l’hôtel Villa Racine Dakar plateau lors d’un événement, le  #NdadjTweetup sponsorisé par « Seneweb » qui rendait compte du bouillonnement naissant dans le domaine du blogging en Afrique et plus principalement au Sénégal. Ce genre d’initiative participe davantage à la construction d’un internet fait par et pour les africains.

Les mouvements citoyens africains à travers le Web, peuvent apporter leurs pierres à l’édifice  d’ « une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l’obscurantisme pour aller vers la lumière » (Citation pour le monument de la renaissance africaine à Ouakam, "une famille de colosse en bronze").

Un vendredi soir masquée par le voile sombre d’une coupure étouffante et pénible, une famille de colosses en bronzes, ornée de lumières, surplombait la commune dakaroise de Ouakam. A leurs pieds, dans les alentours, quelques lumières  scintillaient sur une route cahoteuse et dégagée. Des Halos de lumières d’un ordinateur portable et d’un fourneau pour le « ataya» (thé sénégalais), éclairaient des visages jeunes narguant la pénombre dans laquelle ils étaient plongés. Ils s’étaient rapprochés de l’une des seules maisons disposant d’une connexion wifi et qui n’avait pas été privée d’électricité. C’est sans étonnement qu’apparaissait sur l’écran, la page d’accueil  Facebook à chaque fois qu’ils se passaient la machine de mains en mains.

Source chiffrée : Site Socialbakers.

http://senteranga.wordpress.com/

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