Mon premier twit-congrès

Comment résumer 4 jours de débats en 140 caractères ? C'était le défi d'une poignée de passionnés de webjournalisme qui ont pianoté sur leurs tablettes pendant toute la durée du Congrès de l'Union des clubs de la presse francophones et français (UCP2F) qui se tenait à Saint-Etienne, en France, jusqu'à dimanche dernier. A vous de voir s'ils ont réussi.

 

Le cliquetis des claviers a remplacé les grattements du stylo sur la feuille de papier. Les journalistes d'aujourd'hui n'écrivent plus : ils tapotent, cliquent et caressent du doigt. C'était flagrant dans les ateliers-débats organisés par le club de la presse de la Loire au sein de la très design Cité du Design de Saint-Etienne. J'ai compté une bonne centaine de participants, pour moitié des journalistes, pour moitié des communicants, et beaucoup ne quittaient pas leur ordinateur ou leur smartphone des yeux.

L'originalité, c'est que dans chaque atelier, il y avait un ou une scribe qui live-twittait les discussions. En d'autres termes, la ou le journaliste mettait directement en ligne les phrases clés. Par exemple Marianne Shehadeh, étudiante à l'école de journalisme de Lyon. Je l'ai retrouvée au fond de la salle où se tenait l'atelier « Pigiste : disparaître ou muter ». Elle tapait son compte-rendu sur un ordinateur-tablette et ses phrases partaient directement sur twitter. On pouvait donc suivre les débats et y participer en direct grâce au mot-clé (hashtag#presse42 ou sur la page spéciale du club de la presse de la Loire, grâce à une application composite (mashup).

J'ai demandé à Marianne si, selon elle, sa façon de live-twitter était du journalisme. Voici sa réponse :

« C'est du journalisme dans le sens où je relaie l'info. Sur twitter c'est 140 signes maximum, c'est à dire de courtes brèves, soit ce que j'appellerais du néo-journalisme parce que c'est en rapport avec un social média de masse. Mais il ne faut pas oublier que l'information n'est pas complète, pas construite. Ce ne sont pas des articles que l'on publie dans des journaux. Donc en soi ce n'est pas le journalisme auquel on pourrait croire aujourd'hui. »

La vidéo de l'interview complète est ici : Ca gazouille au congrès des clubs de la presse

 

Journalistes et gens du web

 

Le grand manitou du système est un « homme du web » comme il se qualifie lui-même. Yoann Duriaux, médiateur au Comptoir numérique de Saint-Etienne, joue à la fois le rôle de webmestre et de coordinateur de l'équipe. Voire de rédacteur en chef ? En tout cas c'est lui qui envoie tel étudiant prendre des photos et tel journaliste tourner une vidéo à l'aide d'une tablette numérique. Il s'improvise aussi technicien d'urgence pour congressiste en manque d'ondes wifi.

Je retrouve Yoann Duriaux dans le « bureau des designers », une pièce circulaire illuminée par le soleil et entièrement faite de verre. Il m'explique le fonctionnement de l'application composite en ligne : chaque participant publie ses vidéos, ses photos, et ses textes sur des sites externes, en utilisant des comptes disponibles pour le congrès de l'Union des clubs de la presse français et francophones ou bien en utilisant le mot-clé presse42. Ces contenus sont alors récupérés par son application puis organisés et affichés sur le site internet du club de la presse de la Loire. C'est automatique !

Mais quel intérêt pour les journalistes qui participent au congrès ? Comment les inciter à twitter, filmer, photographier et débattre sur Internet puisqu'ils vivent déjà l'événement ? Pour Yoann Duriaux, là aussi c'est automatique. Mettez l'outil dans la main d'un curieux, il en fera usage.

« En vivant une journée comme ça où on produit du contenu ensemble par plaisir, on casse des barrières, des cloisons, et peut-être que demain cela permettra d'aller plus loin que de se braquer car j'ai pu voir que certains journalistes ont peur de l'internet à cause des droits d'auteurs, d'autres sont un peu urluberlus en disant que ce n'est pas grave, qu'il n'y aura plus de modèle économique et c'est tant mieux. Non, je ne pense pas qu'il faille en arriver là. C'est donc un moment entre journalistes et gens du web qui donne des échanges. »

La vidéo de l'interview complète est ici : Ca gazouille au congrès des clubs de la presse

 

Au final, quand je regarde le résultat aujourd'hui, j'ai l'impression que peu de journalistes se sont emparés de l'application pour débattre sur Internet. Elle permet quand même de garder une trace de cet événement très instructif où j'ai beaucoup appris sur l'avenir de notre profession.

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Commentaires

  • Merci de vous être intéressé à notre initiative. Toutefois, j'ai le regret de souligner une erreur majeure d'axe de votre papier. C'est le club de la presse de saint etienne Loire qui a piloté cette régie multimédia - en l'occurrence moi-même journaliste professionnel- et zoomacom et openscop nous ont accompagnés comme bénévoles et prestataires de service. Merci de rectifier l'angle.

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